Rick Santorum, candidat homophobe et risée de la campagne américaine
Numéro 2 surprise de la première primaire républicaine, véritable réactionnaire, Rick Santorum est aussi la risée des démocrates depuis qu'une campagne web l'associe à la sodomie...

Rick Santorum avec le résultat lorsque l'on tape «Santorum» sur Google.
Rick Santorum, 53 ans, a enfin obtenu l'heure de gloire qu'il attendait. Devant Mitt Romney, éternel numéro 2 des sondages et pourtant probable futur candidat officiel du parti républicain pour l'élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis, ils ont tous ou presque défilé à la place de numéro 1: Rick Perry, Herman Cain, Michele Bachmann, Newt Gingrich… Tous ont l'ambition de rassembler les voix conservatrices du «Tea Party» et donc, tous rivalisent de propos antigays. Mais c'est le plus homophobe de tous qui s'est positionné hier à huit voix seulement de Mitt Romney, lors du caucus de l'Iowa.
Le «problème Google»
Mais quand on tape «Santorum» sur Google, la réponse est pour le moins suprenante. Le premier résultat, en effet, est un site qui définit le terme de cette manière fantaisiste… et peu appétissante: «Santorum (san-TOR-um). Nom. Le mélange mousseux de lubrifiant et de matière fécale qui est parfois le sous-produit d'une relation sexuelle anale.»
L'origine de cette bizarrerie, c'est cette déclaration faite par Santorum, alors sénateur de Pennsylvanie, en 2003. Il avait déclaré: «Aucune société, à ma connaissance, n'a inclu l'homosexualité dans la définition du mariage. Ni un homme avec un enfant, ou un homme avec un chien.» Une réponse qui avait fait scandale. Et le journaliste gay Dan Savage (photo ci-contre), initiateur depuis de la campagne «It Gets Better» (lire notre article) a alors lancé ce défi à ses auditeurs dans sa chronique Savage Love: trouver un néologisme pour le mot «Santorum» et le faire monter en premier résultat des recherches Google… Une action de «google bombing» qui a été si efficace qu'elle fonctionne encore aujourd'hui.
Un amendement anti-homos
En démarrant sa campagne, Rick Santorum a demandé l'aide de Google pour modifier l'ordre d'apparition des résultats. Ce que le moteur de recherche a refusé, arguant que le résultat de ses recherches «n'est jamais modifié pour une situation particulière, hors atteinte à la loi». Il faut dire qu'un tel «problème Google» fait tache, c'est le cas de le dire, dans le cadre d'une campagne présidentielle…
Pourtant, l'ancien sénateur n'a adouci en rien son discours sur les homosexuels. Résolument hostile au mariage des couples homos, il a même récemment annoncé que s'il était élu président des Etats-Unis, il soutiendrait un amendement constitutionnel invalidant les milliers de mariages homosexuels déjà conclus dans plusieurs Etats américains, et notamment l'Iowa. Sa remontée récente dans les sondages, et son résultat au caucus de l'Iowa, est donc une nouvelle inquiétante pour les LGBT américains… même si Santorum, jugé peu crédible, a une chance quasi nulle d'être nommé pour affronter Barack Obama en novembre.
L'an dernier, Dan Savage s'est amusé à formuler une nouvelle menace, pour de faux cette fois, envers Rick Santorum: s'il n'arrêtait pas de s'en prendre aux gays, il ne lancerait plus une Google-bombe sur le mot Santorum, mais cette fois carrément sur son prénom, Rick! Des «Rick» anonyme l'implorent de changer sa position… Regardez cette vidéo amusante pour «Funny or Die»:
Mise à jour 15h45: Le clan Obama parle de «victoire des extrémistes»
«Le programme extrémiste du tea party a remporté une nette victoire», a déclaré dans un communiqué, peu après l'annonce des résultats en Iowa, le directeur de campagne de Barack Obama, Jim Messina.
«Peu importe qui les républicains désigneront comme candidat, nous aurons à nous battre contre quelqu'un qui a adopté ces idées dans le but de gagner, jurant de laisser Wall Street dicter ses propres règles, de mettre un terme au Medicare, de revenir sur les droits des homosexuels (…). En regardant tout ce cirque à la télévision, nous sommes tentés de penser que tout cela est presque risible. Mais ce n'est pas une plaisanterie. Nous devons être prêts», a ajouté Jim Messina.











LES CHAÃŽNES 














1
De NémoGizmo
entre lui, le décati R.Paul, Mme Bachman (très distancée) et le mormon Romney, au secours, quel casting!
Sarah Palin, à côté, semblerait modérée?
ou pas: tant mieux, c'est Obama qui a toutes les chnaces de gagner.
2
De monsieurunivers
michelle bachman vient de se retirer de la course, voila une bonne nouvelle, non ?
1
De NémoGizmo
oui!!! j'allais l'écrire.
:o))
une homophobe bigotte réac de droite de moins dans le paysage... sauf s'ils la répèchent ensuite comme co-listière pour la vice-présidence!?
1
De MysteriouScow
En France il est déjà président !
1
De Younes
Bien que Mormon, Mitt Romney est plutôt considéré comme un centriste au sein du parti républicain. Un certain nombre de ses positions sur certains sujets (droits des gays, immigration, économie...) sont assez proches de ceux de Barack Obama et des autres centristes du parti démocrate. Romney a été gouverneur du Massachusetts, un des états les plus libéraux des USA où le mariage gay a été légalisé il y a plusieurs années.
2
De NémoGizmo
@ Yopunes:
déjà , il faut dire qu'il fut un temps "indépendant", mais depuis il est entré au Parti Républicain (GOP).
il a regretté publiquement ses quelques indulgences passées envers les homos. Il est CONTRE les projets d'unions ou mariages. Logique, la religion Mormone est TRES officiellement homophobe, ce sont eux qui ont très largement financé (ce fut démontré par des enquêtes minutieuses, et un documentaire entier) la campagne "Prop 8" qui a tétanisé, et privés de droits, les LGBT de Californie...
Obama a eu des propos, et des actes, autrement + favorables aux LGBT (même s'il reste du boulot)!
1
De Younes
@NémoGizmo: Mouais. Franchement, je ne pense pas qu'il y a de si grandes différences que ça entre Romney et Obama. Les deux sont contre le mariage gay (certains disent que Obama y est favorable en privé mais qu'il a peur de se couper d'une partie de l'électorat. Mais j'ai aussi lu que Romney est dans la même position). De toute façon, c'est clair que Romney a dû se droitiser pour séduire une partie de l'électorat conservateur. Le risque c'est que plus la primaire républicaine dure, plus Romney sera obligé d'aller vers la droite pour concurrencer Santorum, Perry et cie. C'est pour cette raison qu'il est primordial que Mitt Romney plie l'affaire dès les primaires de Floride fin janvier afin d'arrêter de penser aux militants républicains et commencer à essayer de séduire les indépendants et les hispaniques, clefs du prochain scrutin présidentiel. D'une façon plus générale, même si je trouve son bilan assez maigre, surtout au niveau international (conflit au Proche-Orient, Guantanamo,...), je soutiens Obama car une défaite après un seul mandat du premier président noir de l'histoire des USA risque d'avoir des conséquences désastreuses pour les minorités et plus aucun parti américain ne va oser présenter de candidats de couleur pendant des années voire des décennies.