Quand l'homosexualité pose un problème dans deux écoles américaines
Alors que dans le Colorado une école catholique exclut les enfants d'un couple homosexuel, dans le Mississippi un bal de promo est annulé à cause d'une étudiante ouvertement lesbienne. Les associations LGBT montent au créneau.

Constance McMillen, la lycéenne lesbienne qui voulait inviter sa copine au bal.
Leur faute? Être élevés par deux mamans. Renvoyés de l'Ecole du Sacré-Coeur de Jésus, à Boulder, une ville du nord-ouest de Denver réputée pour ses positions progressistes, les deux enfants pourront terminer leur maternelle, mais ne seront pas autorisés à entrer au primaire. Au même moment, dans le Mississippi, un lycée agricole a pris la décision d'annuler son bal de promo. La raison? Constance McMillen, une étudiante homosexuelle voulait y inviter sa petite amie.
L'Eglise prône le mariage entre un homme et une femme
Dans la première affaire, le couple de mamans des deux enfant exclus, a été informé par l'Eglise catholique. «Les parents vivant en désaccord manifeste avec l'enseignement catholique en matière de foi et de morale ont malheureusement choisi, par leur comportement, de disqualifier leur enfants», a déclaré l'archidiocèse de Denver. Leurs enfants ne pourront donc pas accéder aux classes primaires de l'école Sacré-Coeur de Jésus. Très vite des enseignants se sont plaints aux médias locaux et des manifestants se sont rassemblés devant l'église du Sacré-Coeur, avec des pancartes où l'on pouvait lire «Que ferait Jésus?»
Pour sa défense, l'Eglise catholique de Denver a déclaré: «L'Eglise n'affirme pas que les homosexuels sont mauvais ou que leurs enfants sont moins aimés de Dieu, mais ce que l'Eglise enseigne, c'est que les relations intimes hors mariage sont mauvaises, et que le mariage peut seulement être conclu entre un homme et une femme». L'archevêque Charles Chaput a même ajouté dans les colonnes du Denver Catholic Register qu'il serait difficile pour les enfants de parents gays d'écouter l'enseignement de l'Eglise sur le mariage et de trouver une situation différente en rentrant chez eux.
Un procès s'invite au bal
Dans la seconde affaire, plutôt que de trancher une question épineuse et de s'exposer à un tollé, l'administration du lycée agricole Itawamba dans le Mississippi a préféré annuler son bal de fin d'année. Constance McMillen, souhaitait se rendre au bal en compagnie de sa petit amie et vêtue d'un smocking. Demande refusée et bal de promo annulé, l'étudiante de 18 ans,ne pouvait que déplorer la réaction de son administration «tous les élèves vont me détester après ça!» L'Union pour la défense des libertés civiles (UCLU) avait très vite réagi. Demandant d'abord à l'administration de trouver une solution, elle attaque désormais le lycée pour non respect de liberté d'expression des étudiants et demande à la Cour fédérale de rétablir le bal. «Je voulais juste profiter de la fête comme les autres étudiants, mais l'école a préféré punir tout le monde. Désormais je ne me bats plus seulement pour moi, mais pour le droit de tous à avoir un bal de promo» a déclaré Constance McMillen dans un communiqué de L'UCLU.
Avec AFP. Photo: DR.












0
De NémoGizmo
comme quoi, mieux vaut éviter les écoles religieuses, comme élève mais aussi comme parent(s) homo(s)...
0
De vpi79
Ca dépend où : j'ai été dans une école maternelle et primaire publique (les homos, ou juste un peu efféminé, on leur tapait dessus, c'était le placard et la honte, et les programmes laïcs étaient encore très conservateurs), puis dans une primaire privée catholique (aucun problème, et jamais de tels enseignements, et même une ouverture à d'autres cultures que chrétiennes), puis un collège public (nouveau l'homophobie partout), puis un collège privé catholique (aucun problème, le respect était là , même si on évitait d'en parler, le tabou social étant encore fort, il y avait tout de même une discipline bien conçue), puis un lycée privé catholique (aucun problème, sauf pour le sport faits en communs avec d'autres lycées, pour partager des installations sportives : là aucun moyen, l'homophobie mais aussi le racisme et des tas d'autres intolérances comme le sexisme, était insupportable).
Dans mon expérience, ça a toujours été bien pire dans les écoles publiques. quand j'ai été ado, et que mon homosexualité (latente depuis longtemps même si je n'étais sûr de rien) s'est révélée, c'est dans le privé catholique que j'étais. Et heureusement (ce que pouvais dire l'église officielle via son clergé ne me touchait pas du tout, les écoles étaient d'abord sous le contrôle des parents qui étaient bien plus tolérants, et on avait certainement plus de minorités de cultures différentes : maghrébines, roms, noires africaines, sud-asiatiques, indochinoises, et de plusieurs autres pays européens).
Bien sûr il y avait un enseignement religieux, mais uniquement sur les textes et basés sur la réflexion personnelle et philosophique, jamais centré sur le dogme, ni enfermé dans le seul monde chrétien. On avait donc droit aussi à des enseignements sur les cultures islamique, hébreue, bouddhiste, et aucun office dans les heures scolaires obligatoires. La majorité des profs étaient d'ailleurs visiblement à gauche (même les profs religieux), sans qu'ils le disent en cours (mais qu'on savait par leur syndicat ou quand ils discutaient entre eux).
Un prof de mon lycée était ouvertement homosexuel (tout le monde le savait), mais il n'y a jamais eu de plainte ou de menace de la part des parents, à ma connaissance, même si des plaisanteries pouvaient parfois circuler (comme sur d'autres profs) vite calmées par une discipline appliquée. Il y en avait peut-être d'autres. Tout ça restait du on-dit.
Il y avait aussi distributeurs de préservatifs (bien avant que la loi l'impose, un prof ayant même été à un distribuer à tout le monde dans son cours), et dans l'infirmerie scolaire, des infos sur la contraception pour les filles (donc pas de tabou sur l'existence d'une sexualité chez les ados), et les IST pour tout le monde.
Les quelques cas d'insultes étaient systématiquement sanctionnés (dans le lycée, les cours étaient du lundi au vendredi, mais le samedi matin restait ouvert pour les retenues (comprenant absences et retards), et il n'était pas question que des parents s'y opposent sous peine d'exclusion, et c'était une règle bien acceptée.
Les cas de violence rares donnaient des exclusions temporaires, et des suppléments de travail inclus dans la notation (les travaux étaient contrôlés), puis c'était une affaire réglée (la sanction terminée, il n'était pas question d'y revenir, sauf en cas de récidive).
Mais évidemment j'étais en France, dans des écoles sous contrat avec l'Etat. On faisait la totalité du programme officiel. Ca marchait car justement il y avait aussi une équipe pédagogique suffisante (y compris les "pions" et même le personnel chargé de l'entretien qui devait être respecté et avait aussi un rôle de surveillance).
En cas d'exclusion d'un cours (petite indiscipline) hors de question de sortir du collège ou lycée, c'était la salle d'étude obligatoire (et pas les couloirs) ou un cours de sport. Les parents aussi intervenaient dans les classes pour certains cours ou activités (avec les profs). Si certains parents étaient intolérants, ils leur était demandé d'aller inscrire ailleurs. Les fautes des élèves impliquaient l'entretien avec les parents.
Les élèves étaient aussi responsabilisés dans des projets personnels et en petits groupes en permanence (et pas question de les laisser choisir qui va avec qui, les groupes de travail étaient désignés par les profs qui les changeaient régulièrement : ça apprends à être tolérant), et les profs veillaient aussi à ce que personne ne se différencie trop (vêtement corrects sans toutefois tomber à l'uniforme, pas de marque visible, pas d'objets oui d'équipement superflus, y compris le maquillage pour les filles, et même tous les signes religieux devaient être discrets). Je n'ai jamais vu cette discipline comme insupportable et j'étais plutôt content à l'école.