Pendant ce temps, en Belgique, on fête les dix ans du mariage pour tous
Coïncidence: les députés français examineront le projet de loi sur le mariage pour tous quasiment 10 ans jour pour jour après que la Belgique l'a adopté. L'occasion de revenir sur cet anniversaire et sur les réactions belges face à la situation française.
Le lendemain de la « Manif pour Tous », le Premier Ministre belge Elio Di Rupo tweetait : Je suis fier de la modernité de notre pays, où tous les couples ont le droit de se marier. Hasard du calendrier, la loi sur le mariage pour tous sera justement débattue à l'Assemblée Nationale à partir du 29 janvier, 10 ans jour pour jour après que le Parlement Fédéral belge se soit penché sur le même sujet, dans un tout autre contexte. En Belgique, pas de manifestation de masse, ni pour, ni contre, mais des propos mesurés tenus par les partisans et opposants au projet de loi, sans haine et sans caricature.
Process en deux temps
Au départ, la France était en avance. La Belgique a en effet adopté en 1999 le contrat de cohabitation légale, un an après le PACS. Comme en France aujourd'hui, le renvoi dans l'opposition de partis opposés au mariage pour tous permettra les avancées législatives qui suivront. Signe qui ne trompe pas, la majorité au pouvoir à l'époque est dite « Arc-en-Ciel ». Elle rassemble les libéraux, les socialistes et les écologistes. Mais pour ne pas froisser le MR (libéraux francophones), plus réservé sur le projet, le gouvernement avancera par petits pas, en dissociant mariage et adoption. Celle-ci sera autorisée en 2006, en même temps que la PMA.
L'avis défavorable rendu par le Conseil d'Etat, chargé de la vérification de la constitutionnalité des lois, fera l'effet d'une douche froide. L'institution estime que seules les unions hétérosexuelles sont de nature à donner naissance à des enfants. Elles ont davantage besoin de stabilité et ont une utilité sociale différente des unions homosexuelles. La majorité au pouvoir ne tiendra pas compte de cet avis, estimant que l'institution a outrepassé ses missions en invoquant des arguments idéologiques.
Mêmes arguments des parlementaires
Lorsque les débats commencent le jeudi 30 janvier 2003, deux conceptions du mariage s'affrontent et s'appuient sur les mêmes arguments que ceux entendus aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Les démocrates chrétiens francophones, dans l'opposition, estiment qu'il existe une différence entre l'union homosexuelle et l'union hétérosexuelle, ce qui justifie une différence de traitement. Certains élus regrettent aussi que le mariage perde son sens premier, à savoir la survie du groupe, la transmission de la vie et la création de nouvelles relations familiales.
Ce parti plaidera pour une amélioration de la cohabitation légale et votera contre le projet. Egalement divisé, les libéraux francophones laisseront la liberté de vote à leurs élus : beaucoup soutiendront le texte, vu son absence de conséquences sur la filiation. Les députés PS et Ecolo soutiendront tous le projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, qui sera adopté par 91 voix pour, 22 contre et 9 abstention.
La haine traverse la frontière
Après les Pays-Bas, la Belgique devient alors le deuxième pays au monde à accorder l'égalité. Depuis lors, environ 1.000 mariages entre personnes du même sexe y sont célébrés chaque année dans l'indifférence générale. Vu du plat pays, les débats en cours en France donnent ainsi la curieuse impression de voyager dans le temps.
Malheureusement, l'importance des médias français en Belgique et la place qu'ils accordent au débat en cours y a fait ressurgir une homophobie que l'on croyait disparue. Les forums des sites d'infos regorgent ainsi de commentaires insultants et plusieurs journaux ont proposé dans leurs pages des face à face «pour ou contre le mariage gay», qui n'ont aucun sens dans un pays où la loi existe depuis 10 ans. Plus surréaliste encore, des cars sont partis de Bruxelles vers Paris le 17 janvier, avec à leur bord des opposants au mariage pour tous réclamant l'abolition de la loi en Belgique...










LES CHAÃŽNES 











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De Tilit
Le spectacle que donne le débat sur l'ouverture du mariage à tous est assez pathétique vu de l'étranger. Réflexion d'une amie chilienne résidante en Bolivie, militante politique de longue date: "Mais qu'est-ce qui se passe en France, ce n'est plus le pays des lumières, de la liberté, de l'égalité et de la fraternité dont nous faisions un exemples".... textuel!!
2
De Tilit
A prendre en compte: des reportages sur la manif de dimanche dernier ont été transmis dans plusieurs journaux télévisés sud-américains, c'est en tout cas ce que j'ai pu voir sur les chaines que je regarde (Argentine, Chili, Pérou, Bolivie). Les commentaires sont en général assez neutres et mentionnent que le mariage pour tous est légal en Argentine..... (sic)
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De Sadiel
Comme l'a dit quelqu'un ici : "Le pays des lumières, mais pas à tous les étages."
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De EATFROG
MAIS NOUS ON A LA DROITE LA PLUS REAC ET FACHO D'EUROPE !
LA MOYENNE D'AGE DE CES VIEUX UMP-FN ASSOCIES N'EST PAS PROPICE A L'OUVERTURE D'ESPRIT !
LORSQU'ON VOIT LES FAMILLES BIEN PENSANTES CATHO COL BLANC CHAUSSETTE BLANCHE BIEN WHITE ON A DIRECT ENVIE DE GERBER !
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De NémoGizmo
@ Eatfrog:
la droite italienne, hongroise, serbe ou polonaise, c'est pas triste non plus, quand même...
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De crosblancs
oui je me doute bien que nous sommes la risée de l'Europe! pas éttonant! pauvre France!
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De FakeFrenchBoy
Voir tous ces gens manifester contre les droits d'autrui donne envie de gerber.
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De vpi79
Ne pas oublier non plus la droite russe, ukrainienne, estonienne, lettonne, lithuanienne, géorgienne, ouzbèke, kazakhe... ou l'extrême-droite dictatoriale biélorusse aux commandes du pays et qui se prétend encore communiste (le dernier pays d'Europe avec ce statut)... Là ce sont les orthodoxes qui mènent la vie dure aux LGBT.
Même en biélorussie, l'église orthodoxe est influente, le communisme d'Etat fait très bon ménage maintenant avec l'église, même s'il ne l'admet pas, la dictature s'en sert aussi comme instrument de pouvoir et de répression, histoire de ne pas se faire déborder comme en Pologne il y a plusieurs décennies, rester aux commandes coûte que coûte, et garder son soutien par la Russie qui ne fait rien contre la dictature biélorusse et lui apporte même du gaz à prix cassé ainsi que des tonnes de dollars pour financer la dette biélorusse et ses achats d'armes... à la Russie (contre de nouvelles dettes et la promesse de ne rien faire qui irait contre ce que la Russie demande).
Et dire qu'on a un acteur encore français qui a trouvé la Russie si démocratique qu'il a voulu en prendre la nationalité (mais on le sait cet acteur s'accomode très bien avec toutes les dictatures, notamment en Asie centrale ou dans les républiques autonome du Sud de la Russie, qui sont de vraies dictatures, et en général dans tous les satellites russes issus de l'ex union soviétique, qu'elles soient orthodoxes ou musulmanes d'ailleurs !)
Pourquoi la Russie est encore dans le Conseil de l'Europe alors qu'elle en a exclu la Biélorussie, cela m'échappe ! Pourtant c'est du Conseil de l'Europe qu'on défend nos droits (et malheureusement pas de l'Union européenne : la Cours européenne des droits de l'Homme est une institution du Conseil de l'Europe, qui ne fait pas formellement partie des institutions de l'Union européenne, donc son avis reste juste consultatif et si un pays ne veut pas en tenir compte, il n'en tient pas compte, même dans l'Union européenne y compris en France où seuls les arrêts de la Cour européenne de justice ont force de droit et donne des condamnations exécutées qui coûtent cher à la France, mais uniquement sur des questions commerciales ou sur l'application des directives qui n'ont pourtant pas force de loi !)