MONDO LESBO: Tel-Aviv, terre des lesbiennes pratiquantes
Tel-Aviv la ville d'Israël qui ne dort jamais cache un endroit idyllique où les lesbiennes concilient leur foi, leur sexualité, et leur famille. Notre dernier reportage de la série TÊTUE que vous avez adoré tout l'été Mondo Lesbo!
Une heure seulement sépare Tel-Aviv de Jérusalem, mais c'est de deux mondes extrêmement différents dont il s'agit. Alors que vendredi après-midi, la sirène du Shabbat retentit dans la ville trois fois sainte, sa voisine voue un culte aux corps bronzés se déhanchant sur des airs de minimale. Très ouverte et festive, les lesbiennes adorent leur scène qui pourtant n'existait quasiment pas il y a une dizaine d'années. Tel-Aviv reste cependant une ville où on ne badine pas avec la religion. Pour un nombre croissant de femmes, la clef du compromis entre sexualité et croyance, c'est de ne pas en faire et de vivre les deux pleinement.
Les Lesbit sont «belles, sexuelles, et langue de vipère»
La nuit tombée, le boulevard Rotschild au cœur de Tel-Aviv prend des airs de Ramblas roses. L'endroit est très branché mais plutôt masculin. Les lesbit (oui c'est comme ça qu'on dit «lesbienne» en hébreu, chacun y va de son jeu de mot perso), elles se trouvent à deux pas, dans leur «maison», le bar Beit Hashoeva. Shiri, une guitariste en herbe, connaît bien le lieu et ses habituées qui sont «belles, sexuelles, et langue de vipère. Mais bon si vous venez pour les vacances seuls les deux premiers adjectifs comptent.» Reines de la nuit à Tel-Aviv, les lesbiennes ont l'embarras du choix pour sortir entre filles mais cela est plutôt très récent. Il y a dix ans à peine, la scène lesbienne était quasi inexistante et très fermée. La seule soirée lesbienne se trouvait à une demie heure de Tel-Aviv et «si vous n'étiez pas butch, même pas la peine de s'aventurer sur le dance-floor». Aujourd'hui, davantage assumé, le milieu lesbien jouit d'une grande diversité et est très animé. Ainsi, les filles apprécient les brunchs queer du vendredi au café Rusko Radio, dans le port du vieux Jaffa où se trouve aussi une fois par an la Nuit du cinéma lesbien israélien depuis 2009. Bref, les lesbiennes s'amusent plutôt bien à Tel-Aviv. D'ailleurs, il est souvent reproché à ses jeunes habitant( e )s de vivre dans une bulle insouciante de la réalité tant politique que religieuse qui les entoure. Pourtant, de plus en plus d'initiatives voient le jour pour faire accepter l'homosexualité dans les milieux religieux.
Être lesbienne et pratiquante
L'association Bat-Kol a été fondée en 2005 par dix femmes qui n'ont pas voulu choisir entre leur religion et leur sexualité. Fille de rabbin, la réalisatrice Avigail Sperber lutte «afin qu'il soit possible pour les lesbiennes de vivre leurs relations amoureuses, d'élever des enfants tout en restant fidèle à leur religion». Le but est de créer une communauté encourageante pour les filles et leur famille. En effet, un important travail d'information est effectué auprès des mères de ces femmes qui observent de manière très stricte la Torah. Avec à présent plus de 150 membres à son actif, l'association organise des groupes de discussion ainsi que des bénédictions religieuses habituellement prononcées par des rabbins. Le chemin est encore long mais la population de Tel-Aviv est entrainée par sa municipalité qui ne cesse de promouvoir l'identite gay-friendly de la ville. Ansi, candidate déchue pour la prochaine Worldpride qui se déroulera à Londres en 2012, Tel-Aviv reste en lisse pour l'Europride de 2013 concurrencée par...Marseille !
Photo Fotolia
























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De Laurean
C'est vrai que j'ai particulièrement apprécié ce tour du monde. Quel thème pour les prochains reportages ? On a hâte !