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MONDO LESBO: Ma vie de lesbienne au Japon

Par Agnès Gallais mercredi 28 juillet 2010, à 12h03 | 9962 vues
Plus de: Japon, Lesbiennes, communauté, soirée, Shinjuku, webmag

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REPORTAGE. Marie, une Française de 28 ans expatriée au Japon depuis trois ans, nous raconte le milieu lesbien de l'intérieur. Un point de vue inédit sur l'univers lesbien japonais perçu par une Française pour notre premier reportage de l'été sur les lesbiennes à travers le monde.

Japonaise et lesbienne

Fraîchement arrivée à Tokyo, Marie a rapidement cherché à faire des rencontres dans le quartier gay. C'est en effet à Shinjuku Ni-Chôme où se concentrent plus de 300 bars homosexuels que l'on peut trouver son bonheur. Pour autant, les lieux lesbiens ne sont qu'une dizaine, difficilement repérables. Marie se souvient de la difficulté de ses premières recherches:

«Il m'était impossible de savoir quel bar était lesbien ou pas à Shinjuku Ni-Chôme. Même les nombreux bars gay sont cachés dans des sous-sols ou dans les étages d'immeubles.» Trouver un groupe d'amies lui a alors pris plus d'un an, avant de rencontrer une sympathique Japonaise ouverte aux gaijin (terme désignant un étranger) qui l'introduise dans la communauté.

Une vraie communauté lesbienne soudée et solidaire
S'il est difficile de reconnaître un bar homosexuel, il est encore plus difficile de savoir qui est lesbienne ou non. Dans un souci permanent de discrétion, les Japonaises lesbiennes ne se différencient pas des autres filles, même à Shinjuku Ni-Chôme où il est rare de croiser des butches. Mais Marie explique que cette neutralité apparente «n'est pas spécifique aux lesbiennes. Les Japonais sont souvent éduqués dans la culture du consensus et préfèrent rentrer dans le moule.»

Avec le recul, Marie pense que «l'homosexualité est tout à fait acceptée uniquement si elle ne met pas en question l'unité de la société japonaise, et donc si elle reste cachée.»

Malgré la neutralité à laquelle on est tenu quand on est lesbienne au Japon, Marie estime qu'il est bien plus épanouissant de vivre ici qu'en France: «A Tokyo, j'ai pu trouver une vraie communauté de lesbiennes, soudée et solidaire, qu'on ne trouve pas du tout en France.»

Des soirées commerciales à Tokyo ou des week-ends conviviaux hors capitale?
La construction de son réseau lui a ainsi permis de découvrir un monde souterrain rassemblant plusieurs centaines de lesbiennes venues de tout le pays. Ainsi, elles se réunissent à l'occasion de deux grands types d'événements. L'événement le plus populaire et le plus lucratif consiste en de grandes soirées mensuelles, organisée par l'une des trois propriétaires principales de bars lesbiens à Tokyo. Marie affirme se détourner de ces grandes soirées pour ne pas «contribuer à un gros business».

Ce qu'elle préfère, c'est l'ambiance plus intime et conviviale des week-ends organisés depuis une dizaine d'années hors de Tokyo. Ils rassemblent environ 140 filles qui veulent fuir des espaces étouffants du train-train quotidien: le quartier gay, la famille et l'espace masculin (et souvent machiste) du travail. En dehors de ces week-ends, Marie participe à beaucoup d'autres activités non lucratives fréquemment organisées pour lesbiennes: soft ball, foot, soirées gastronomiques…

Des lesbiennes françaises trop individualistes?
Marie confesse alors qu'elle pourrait difficilement revenir en France et «abandonner sa communauté» car il s'agit pour elle «d'un véritable espace de partage et de dialogue, comme pour une thérapie de groupe, dans lequel des psychologues lesbiennes interviennent parfois.»

Visiblement très critique sur son ancienne vie en France, elle juge finalement qu'il y a «un manque d'esprit communautaire chez les lesbiennes françaises trop individualistes pour moi.»

Photo: Agnès Gallais.

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5 réactions de la communauté

 
ZeFlatteuz

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De ZeFlatteuz

Le 28 juillet à 13h44

Très sympa cet article... je ne suis pas trop au courant de la communauté lesbienne française mais à mon avis le fait de tout cacher n'est surement pas évident non plus... même si elles sont plus solidaires... D'ailleurs à mon avis, elles sont plus solidaires justement parce qu'elles doivent vivre caché!
En revanche un petit photo-reportage serait bien sympa pour illustrer l'article!
(si vous avez besoin je veux bien être envoyée aux 4 coins du monde pour faire des photos!!)

 
Laurean

0

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De Laurean

Le 28 juillet à 16h52

J'y ai passé 3 ans également, il y a déjà 6 ans, et j'ai fait le même constat que Marie.
En même temps il n'y a pas cette sensation d'être de la chair fraiche dès qu'on rentre quelque part même si les étrangères ont plutôt la cote.
Les "grosses soirées commerciales" sont pas mal quand même. Niveau ambiance, animations et musique il n'y a pas d'équivalent chez nous.
Une petite révolution à faire chez les lesbiennes françaises...

 
hector dumas

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De patrik

Le 28 juillet à 22h06

J'y ai passé un an il y a dix ans, et je retrouve bien dans cet article ce que j'ai constaté (hormis l'aspect lesbien, évidemment :-).
Sorti de Tokyo, la scène gay est encore plus réduite : un ou deux bars au plus dans une ville d'un million d'habitants, c'est normal. Et chaque bar, d'une dizaine de places ...

 
hector dumas

0

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De Catia

Le 29 juillet à 10h34

Bonjour Laurean, est-ce que tu connais de bons blogs en français, anglais ou japonais de lesbiennes à Tokyo ?

 
Kech

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De Kech

Le 29 juillet à 10h21

Merci à Marie pour son témoignage intéressant.

Personnellement, je trouve que le fait d'être caché et discret reste quelque chose d'inadmissible. Mais bon, si ça convient à certains et certaines... chacun est libre d'y consentir ou non.

Je pense, comme Zeflatteuz, que c'est le côté " société secrète " qui pousse à un plus fort communautarisme, mais pour moi un fort communautarisme qui ne se base essentiellement que sur les fêtes et le plaisir d'être ensemble (ce qui est déjà énorme compte tenu du communautarisme hétérosexuel totalement étouffant et omniprésent), atteint vite des limites. A savoir qu'un fort communautarisme sans une forte lutte pour l'égalité des droits, pour moi c'est un énorme gâchis qui ne me convient absolument pas.

Marie, comme d'autres, est heureuse ainsi, tant mieux pour elle ! Ce n'est pas toujours facile (loin loin de là) de vivre bien sa vie d'homo donc si elle y est parvenue, j'en suis ravi.

 
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