MONDO LESBO: Buenos Aires, la capitale lesbienne de l’Argentine
En dix ans, la situation des lesbiennes de Buenos Aires a bien changé: d'invisibles et de non fédérées, elles sont maintenant présentes et à la pointe des soirées festives qui rassemblent des artistes et des militantes de tous poils. TÊTUE fait le point de la situation à Buenos Aires qui contraste avec le reste du pays.

«On vit une très chouette période en Argentine», convient dans un sourire Lisa Kerner (photo gauche). «Mouais. Lisa, c'est l'optimiste de notre binôme. Moi, je trouve qu'il y a encore beaucoup à faire», tempère Jorgelina De Simone. Les deux filles, ex-copines aujourd'hui associées, ont révolutionné la nuit portègne il y a dix ans, en organisant des fêtes à travers de leur association, Brandon. «C'était très dur à l'époque, une solitude dramatique, se souvient Jorgelina.
La seule image de l'homosexualité était le gay blanc friqué musclé
La communauté lesbienne était quasi inexistante et sans internet, il était très dur de savoir ce qui se passait. Et puis l'offre était très segmentée et limitée. La seule image d'homosexualité, c'était le gay blanc, musclé et friqué. Le simple mot de lesbienne était bizarre à prononcer, on n'avait rien à quoi s'identifier.» Lisa renchérit:
«Brandon a été la première fête gay et lesbienne explicite. On voulait que ces mot soient là, visibles. On l'a construite en dehors du mainstream homo, et on a servi de catalyseur à plein d'artistes, musiciens, designers, DJs. C'est la fête avec du contenu, mais en gardant un esprit naïf et très inclusif.»
Les droits LGBT ont explosé depuis 4 ans
Depuis cinq ans, Lisa, Jorgelina et une poignée de copines ont ouvert Casa Brandon un bar/boîte/salle de théâtre/galerie d'art (photo droite). «On est des militantes de la fête et on a participé au développement de l'offre festive pour les lesbiennes, aujourd'hui multiple. Je considère que donner de la visibilité est le plus important que l'on puisse faire pour changer la société, affirme Lisa. Même si je milite à côté à la Fédération LGBT». C'est l'association à l'origine de la toute nouvelle loi sur le mariage pour les homos en Argentine, un acquis incroyable dans un pays à la réputation machiste. «Depuis quatre ans, on vit une véritable explosion, s'enthousiasme Lisa. Il y a une véritable volonté politique de la part des Kirchner (couple présidentiel péroniste au pouvoir depuis 2002, NDLR) de faire avancer les droits des minorités.»
En effet, entre une loi d'union civile à Buenos Aires en 2004, la possibilité de partager la sécurité sociale entre conjoints du même sexe en 2009, et finalement le mariage gay il y a quelques semaines, les droits LGBT ont beaucoup progressé en Argentine ces dernières années. Buenos Aires est d'ailleurs devenue la capitale régionale du tourisme homo supplantant même sa voisine Rio de Janeiro, considérée trop dangereuse et moins pétillante culturellement.
Une situation idyllique qui contraste avec le reste du pays encore homophobe
«L'Eglise catholique est évidemment moins puissante qu'elle ne le croyait», jubile Jorgelina. «Son opposition violente au mariage a même joué en notre faveur, analyse Lisa: la société ne veut plus entendre d'insultes homophobes d'un autre âge. Cette époque est bien révolue.»
Mais même si la situation est aujourd'hui enviable à Buenos Aires -«les gens affichent une tolérance indifférente devant nos marques d'affection en public», affirme Lisa-, il n'en est pas de même à l'intérieur du pays, où les homos restent discriminés.
Photo: Mathilde Guillaume.











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De smirn
On voulait que ces mot soient là , visibles.
=> On voulait que ces mots soient là , visibles.