Liz Carmouche: «ultimate fighter» et ouvertement lesbienne, c'est possible!
DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Deux femmes dans une cage, ce n'est pas juste du fantasme de mâles hétéros. C'est ce que tente en tout cas de prouver Liz Carmouche, la première combattante UFC ouvertement lesbienne. Et si dans ce domaine-là aussi, le changement c'était maintenant?

UFC. Qu'on le veuille ou pas, que l'on trouve cette forme de combat violente ou pas (il s'en trouve pour le dire, si si...), ces trois lettres sont en train elles aussi de participer à l'évolution des mentalités et de la société. Car, à l'image d'autres sports pour le moins testostéronés, l'Ultimate Fighting est en train de changer. Dans l'univers du MMA - ou combat complet - au féminin, il n'y a donc pas de la place que pour Gina Carano et sa plastique à bikinis. Non puisque pour la première fois, le grand championnat UFC 157 du 23 février prochain à Anaheim, en Californie, aura son volet filles. Et qu'une combattante ouvertement lesbienne -l a première homo de la ligue - y participera.
Liz Carmouche - c'est son nom - est une ancienne Marine qui a notamment combattu en Irak et qui un jour, n'a plus supporté de cacher à l'armée une partie de sa vie. Et l'a donc quittée. Avant d'oser pousser la porte d'une salle de combat de San Francisco pour s'adonner au MMA, cette discipline sur laquelle elle avait flashé à la télé. Pas totalement rassurée. «J'ai pensé que j'allais me confronter à des clichés, se souvient-elle, à des gens anti-homos, qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes. Et j'ai trouvé tout le contraire. Tout ce qui leur importe, c'est de trouver une bonne personne avec des qualités, qui soit un bon partenaire d'entraînement. À part ça, ce que vous faites dans votre vie privée, ils s'en fichent complètement.»
«Je ne suis pas homophobe»
Au point que Liz Carmouche, surnommée «Girl-lilla», qui devrait donc défier fin février l'ogresse du MMA Ronda Rousey, a obtenu sans le demander le soutien inconditionnel du président de l'UFC Dana White. Lequel s'était pourtant fait remarquer en 2010 dans une vidéo postée sur son blog à l'intérieur de laquelle il employait fort peu élégamment le mot «pédé». Dans une récente interview accordée à Fuel TV, White vient de révéler que cette vidéo restait le seul regret de sa carrière. «À cause de ça, les gens croient encore que je suis homophobe, alors que je ne le suis pas, a-t-il indiqué. Cela m'ennuie toujours.»
Girl-lilla et ses «Lizbos»
Le président de l'UFC va même plus loin: dans cet entretien, il se prononce clairement en faveur du mariage pour tous et se réjouit de la présence d'un athlète - une en l'occurrence - officiellement homo dans son organisation, chose dont ne peuvent, ajoute-t-il, se targuer les quatre grandes ligues de sport nord-américaines. «Il y a pourtant beaucoup de sportifs gays, poursuit le dirigeant. Mais faire son coming out demande du courage, parce que nombreux sont ceux qui s'inquiètent encore de ce qu'il pourrait advenir de leur carrière et de la manière dont les gens les traiteraient par la suite. J'aime ce que Liz a fait.»
Liz Carmouche, elle, continue son petit bonhomme de chemin. Apprend à se lever tôt pour être opérationnelle en salle de gym dès 6h du matin, vit tranquillement dans la banlieue de San Diego avec sa fiancée Elisa, s'habitue à ce que ce genre de détails soient imprimés dans les journaux et rassemble un certain nombre de fans dans le monde entier, France comprise, via les réseaux sociaux. Et le meilleur, c'est qu'elle les surnomme affectueusement ses Lizbos. Autant dire qu'on adore déjà!
Photos: Liz Carmouche/DR.










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