L'étonnante histoire de Kennedy et de son meilleur ami gay
Un livre américain raconte la puissante amitié qui a uni JFK et Lem Billings. Un ami obligé de rester dans l'ombre, à cause de son homosexualité, alors même qu'il était omniprésent dans la vie du président.
Le très beau site anglais Woolf and Wilde vient de publier une interview, assez extraordinaire, de David Pitts, auteur du livre Jack and Lem. L'histoire d'une amitié hors-norme: celle qui lia, durant près de trente ans, John Fitzgerald Kennedy et Lem Billings, son meilleur ami gay. Une histoire intense et passionnée, restée discrète en raison du scandale qu'aurait pu provoquer à l'époque une telle proximité avec un homosexuel.
Couple à trois
C'est à Choate, leur école, que les jeunes hommes vont se rencontrer. JFK s'y ennuie, mais surtout sa santé s'y révèle déjà fragile, et c'est Lem, comme il le fera toute sa vie, qui va alors prendre soin de lui, quand ses parents sont terriblement absents. Et la carrière fulgurante de Kennedy, son mariage même, ne vont rien y changer. Lorsque JFK est élu président, il ne s'installe pas seulement à la Maison Blanche avec femme et enfants: Lem y dispose d'une chambre personnelle. Il n'est pas un dîner, intime ou officiel, où Lem ne soit présent aux côtés de JFK, au point que Jackie Kennedy déclarera, non sans humour: «Lem Bings a été l'invité de la maison chaque week-end de mon mariage».
Et de fait, malgré l'agacement passager de Jackie, une relation très étrange va s'installer entre les trois personnages: Jackie ne s'intéresse pas à la politique, c'est à Lem que John Fitzgerald se confie dans les moments les plus tendus de sa présidence. John Fitzgerald se moque de l'art ou de la mode, c'est vers Lem que Jackie se tourne pour ses différentes sorties hors de la Maison Blanche. Une sorte de couple à trois, au point qu'à la suite de l'assassinat de Kennedy, jamais Jackie ne rompra la relation avec Lem.
A man's man
C'est à Lem encore qu'elle demande de restituer aux enfants, après son assassinat, l'histoire du jeune John Fitzgerald - l'histoire du jeune homme qu'elle n'a pas elle-même connu. Peut-on alors parler, entre les deux hommes, d'une amitié amoureuse ? Lem était certainement amoureux de Kennedy et fut contraint de taire cette affection, étant donné l'exploitation politique qui aurait pu en être faite. De son côté, Kennedy n'attachait finalement d'importance qu'aux relations entre hommes, au point qu'on le décrivit comme un homme à hommes («a man's man»), qu'ils soient gays ou pas. Mais sa sexualité n'en était pas moins, parfois compulsivement, tournée vers le sexe opposé.
Politique oblige, cette relation entre les deux hommes fut longtemps occultée - relation non sexuelle mais si intense que, comme le remarque David Pitts, nous n'avons pas de mot pour la décrire. On doit seulement à Ted Kennedy, décédé il y a peu, d'avoir ouvert les archives de la dynastie et d'avoir, entre autres, restitué les images, troublantes et émouvantes, de cette extraordinaire amitié.

Jack and Lem, de David Pitts.
En bonus, d'autres photos de Jack et Lem, dans cette vidéo:
Photos: DR





















De BIOMAN
on en apprend tous les jours!!!!
De vpi79
Oui mais cela laisse réellement de très gros doûtes sur la véracité des propos. Quand on sait le puritanisme de l'Amérique de l'époque, et le très haut niveau d'intolérance (y compris raciste) contre lequel Kennedy a du batailler, ainsi que la vision des sexualités dites déviantes à l'époque (et encore considérées comme maladives), supportées uniquement par des groupes qualifiés de gauchistes à l'époque (une véritable insulte infamante à cette époque, en pleine guerre froide), et la pénalisation et la répression de l'époque contre l'homosexualité, et aussi le rôle immense des services secrets et des agences de l'ombre qui noyautaient et surveillaient tous les partis politiques, et aussi le fait que Kennedy était de confession catholique (déjà soumise à l'époque à une méfiance extrème par les différents lobbies conservateurs et protestants), sans compter la surveillance voire l'espionnage par la presse, les partis politiques (rappelez-vous qu'on est juste avant le Water-Gate qui coûtera sa place à Nixon, son successeur) et les agences de la Défense (on est en pleine guerre du Vietnam), j'ai franchement du mal à imaginer qu'il se soit passé la moindre chose et que même une simple ambiguité serait passée inaperçue à l'époque. S'il avait été interrogé, il aurait du mentir et aurait été désaisi immédiatement par la procédure d'Empeachment (celle suivie contre Nixon).
Bref, tout cela semble n'être que du ragot, même si une ambiguité est encore possible si on se contente de certaines photos. Les frasques sexuelles (hétéros) de Kennedy sont bien connues (mais ça n'était pas encore un sujet aussi tabou qu'aujourd'hui, d'autant que ça pouvait même être bien vu dans le monde militaire, en pleine guerre du Vietnam, guerre froide, compétition acharnée contre l'URSS pour la course à l'espace, la crise de la Bie des Cochons à Cuba... A l'écran, la virilité hétérosexuelle était omniprésente, mais surtout pas montrée sous son aspect homosexuel).
En tout cas ces quelques photos mal scannées et cette musique larmoyante et ennuyeuse ne servent pas à montrer quoi que ce soit.
Alors même si on admet que chacun a une petite part de bisexualité en tête, que cela reste au plan du fantasme inavoué ne doit pas surprendre mais de là à interpréter une amitié virile en relation homosexuelle, même si cette amitié a duré pendant des années, c'est aller bien vite. D'ailleurs sa femme Jacky l'aurait vu assez vite, il ne faut pas la prendre pour une gourde. Elle était parfaitement au courant des frasques sexuelles et aventures de son mari que ce soit dans sa campagne ou après son élection et des relations spéciales qu'il entretenait dans le milieu du cinéma. Avec quelqu'un d'aussi surveillé que le président des USA, et même des candidats déclarés à toute élection (fusse-t-elle uniquement sénatoriale) il n'a jamais rien pu se passer de crédible. Ou alors il faut remonter des années avant, lorsqu'il était étudiant (mais plus ensuite lors du passage à l'armée, si le jeune homme avait des intentions de monter en responsabilité). Avant ça, tout se passait en famille (et le clan Kennedy, très conservateur en fait, a su certainement tout ce qui se passait dans leur nombreuse progéniture, et régler cela par un encadrement religieux assez strict. Kennedy a du en sortir assez coincé pour ne s'en échapper qu'une fois marié). Et à l'époque, ce qui comptait c'était avant tout de sortir entre gens du même monde: les Kennedy appartenaient à un milieu favorisé, où les frasques sexuelles et aventures étaient fréquentes et ne suscitait aucun tollé: ce qui comptait c'était l'image publique et l'argent qu'on dépensait, mais l'homosexualité n'aurait jamais été admise.
Alors que reste-t-il sinon une forte amitié virile, bien vue à l'époque (il suffit de voir les films de l'époque) et pas connotée automatiquement comme elle l'est maintenant de façon trop systématique ? Note: l'homosexualité à l'époque était encore vue comme uniquement très fofolle, exacerbée et maniérée, tournée en ridicule (par exemple Dans le film où tourne Marilyn, "Certains l'aime..."). Il était essentiel à l'époque de donner une image "propre" de la famille: ces choses là ne se disaient pas l'extérieur. L'important c'était le paraître.