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L'étonnante histoire de Kennedy et de son meilleur ami gay

Par Gildas Le Dem samedi 05 septembre 2009, à 09h58 | 8981 vues
Plus de: Kennedy, Etats-Unis, livre

Un livre américain raconte la puissante amitié qui a uni JFK et Lem Billings. Un ami obligé de rester dans l'ombre, à cause de son homosexualité, alors même qu'il était omniprésent dans la vie du président.

Le très beau site anglais Woolf and Wilde vient de publier une interview, assez extraordinaire, de David Pitts, auteur du livre Jack and Lem. L'histoire d'une amitié hors-norme: celle qui lia, durant près de trente ans, John Fitzgerald Kennedy et Lem Billings, son meilleur ami gay. Une histoire intense et passionnée, restée discrète en raison du scandale qu'aurait pu provoquer à l'époque une telle proximité avec un homosexuel.

Couple à trois
C'est à Choate, leur école, que les jeunes hommes vont se rencontrer. JFK s'y ennuie, mais surtout sa santé s'y révèle déjà fragile, et c'est Lem, comme il le fera toute sa vie, qui va alors prendre soin de lui, quand ses parents sont terriblement absents. Et la carrière fulgurante de Kennedy, son mariage même, ne vont rien y changer. Lorsque JFK est élu président, il ne s'installe pas seulement à la Maison Blanche avec femme et enfants: Lem y dispose d'une chambre personnelle. Il n'est pas un dîner, intime ou officiel, où Lem ne soit présent aux côtés de JFK, au point que Jackie Kennedy déclarera, non sans humour: «Lem Bings a été l'invité de la maison chaque week-end de mon mariage».

Et de fait, malgré l'agacement passager de Jackie, une relation très étrange va s'installer entre les trois personnages: Jackie ne s'intéresse pas à la politique, c'est à Lem que John Fitzgerald se confie dans les moments les plus tendus de sa présidence. John Fitzgerald se moque de l'art ou de la mode, c'est vers Lem que Jackie se tourne pour ses différentes sorties hors de la Maison Blanche. Une sorte de couple à trois, au point qu'à la suite de l'assassinat de Kennedy, jamais Jackie ne rompra la relation avec Lem.

A man's man
C'est à Lem encore qu'elle demande de restituer aux enfants, après son assassinat, l'histoire du jeune John Fitzgerald - l'histoire du jeune homme qu'elle n'a pas elle-même connu.  Peut-on alors parler, entre les deux hommes, d'une amitié amoureuse ? Lem était certainement amoureux de Kennedy et fut contraint de taire cette affection, étant donné l'exploitation politique qui aurait pu en être faite. De son côté, Kennedy n'attachait finalement d'importance qu'aux relations entre hommes, au point qu'on le décrivit comme un homme à hommes («a man's man»), qu'ils soient gays ou pas. Mais sa sexualité n'en était pas moins, parfois compulsivement, tournée vers le sexe opposé.

Politique oblige, cette relation entre les deux hommes fut longtemps occultée  - relation non sexuelle mais si intense que, comme le remarque David Pitts, nous n'avons pas de mot pour la décrire. On doit seulement à Ted Kennedy, décédé il y a peu, d'avoir ouvert les archives de la dynastie et d'avoir, entre autres, restitué les images, troublantes et émouvantes, de cette extraordinaire amitié.






J
ack and Lem
, de David Pitts.

 

En bonus, d'autres photos de Jack et Lem, dans cette vidéo:

 

Photos: DR

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16 réactions de la communauté

 
BIOMAN

De BIOMAN

Le 05 septembre à 10h04

on en apprend tous les jours!!!!

 
hector dumas

De vpi79

Le 07 septembre à 03h29

Oui mais cela laisse réellement de très gros doûtes sur la véracité des propos. Quand on sait le puritanisme de l'Amérique de l'époque, et le très haut niveau d'intolérance (y compris raciste) contre lequel Kennedy a du batailler, ainsi que la vision des sexualités dites déviantes à l'époque (et encore considérées comme maladives), supportées uniquement par des groupes qualifiés de gauchistes à l'époque (une véritable insulte infamante à cette époque, en pleine guerre froide), et la pénalisation et la répression de l'époque contre l'homosexualité, et aussi le rôle immense des services secrets et des agences de l'ombre qui noyautaient et surveillaient tous les partis politiques, et aussi le fait que Kennedy était de confession catholique (déjà soumise à l'époque à une méfiance extrème par les différents lobbies conservateurs et protestants), sans compter la surveillance voire l'espionnage par la presse, les partis politiques (rappelez-vous qu'on est juste avant le Water-Gate qui coûtera sa place à Nixon, son successeur) et les agences de la Défense (on est en pleine guerre du Vietnam), j'ai franchement du mal à imaginer qu'il se soit passé la moindre chose et que même une simple ambiguité serait passée inaperçue à l'époque. S'il avait été interrogé, il aurait du mentir et aurait été désaisi immédiatement par la procédure d'Empeachment (celle suivie contre Nixon).
Bref, tout cela semble n'être que du ragot, même si une ambiguité est encore possible si on se contente de certaines photos. Les frasques sexuelles (hétéros) de Kennedy sont bien connues (mais ça n'était pas encore un sujet aussi tabou qu'aujourd'hui, d'autant que ça pouvait même être bien vu dans le monde militaire, en pleine guerre du Vietnam, guerre froide, compétition acharnée contre l'URSS pour la course à l'espace, la crise de la Bie des Cochons à Cuba... A l'écran, la virilité hétérosexuelle était omniprésente, mais surtout pas montrée sous son aspect homosexuel).

En tout cas ces quelques photos mal scannées et cette musique larmoyante et ennuyeuse ne servent pas à montrer quoi que ce soit.

Alors même si on admet que chacun a une petite part de bisexualité en tête, que cela reste au plan du fantasme inavoué ne doit pas surprendre mais de là à interpréter une amitié virile en relation homosexuelle, même si cette amitié a duré pendant des années, c'est aller bien vite. D'ailleurs sa femme Jacky l'aurait vu assez vite, il ne faut pas la prendre pour une gourde. Elle était parfaitement au courant des frasques sexuelles et aventures de son mari que ce soit dans sa campagne ou après son élection et des relations spéciales qu'il entretenait dans le milieu du cinéma. Avec quelqu'un d'aussi surveillé que le président des USA, et même des candidats déclarés à toute élection (fusse-t-elle uniquement sénatoriale) il n'a jamais rien pu se passer de crédible. Ou alors il faut remonter des années avant, lorsqu'il était étudiant (mais plus ensuite lors du passage à l'armée, si le jeune homme avait des intentions de monter en responsabilité). Avant ça, tout se passait en famille (et le clan Kennedy, très conservateur en fait, a su certainement tout ce qui se passait dans leur nombreuse progéniture, et régler cela par un encadrement religieux assez strict. Kennedy a du en sortir assez coincé pour ne s'en échapper qu'une fois marié). Et à l'époque, ce qui comptait c'était avant tout de sortir entre gens du même monde: les Kennedy appartenaient à un milieu favorisé, où les frasques sexuelles et aventures étaient fréquentes et ne suscitait aucun tollé: ce qui comptait c'était l'image publique et l'argent qu'on dépensait, mais l'homosexualité n'aurait jamais été admise.

Alors que reste-t-il sinon une forte amitié virile, bien vue à l'époque (il suffit de voir les films de l'époque) et pas connotée automatiquement comme elle l'est maintenant de façon trop systématique ? Note: l'homosexualité à l'époque était encore vue comme uniquement très fofolle, exacerbée et maniérée, tournée en ridicule (par exemple Dans le film où tourne Marilyn, "Certains l'aime..."). Il était essentiel à l'époque de donner une image "propre" de la famille: ces choses là ne se disaient pas l'extérieur. L'important c'était le paraître.

 
Korial

De Korial

Le 05 septembre à 10h15

Bha au moins, il avait un véritable ami et je pense qu'en politique, un véritable ami c'est trés important......

 
JJW

De JJW

Le 05 septembre à 10h33

un kleenex, vite !

 
phil86

De phil86

Le 05 septembre à 10h55

Un jour on aura : "l'étonnante histoire de Nico et de son amant... euh ami gay Karoutchi" :o)

 
suraci

De suraci

Le 05 septembre à 11h07

pourquoi faut-il toujours fantasmer et imaginer... et même s'ils étaient amants, après tout ce temps en quoi cela va t'il changer notre quotidien ?... j'vois pas trop l'intérêt...

 
Fastbear

De Fastbear

Le 05 septembre à 11h56

Faudra un jour m'expliquer pourquoi un hétéro et un homo ne peuvent pas être amis sans être soupçonné de coucher ensemble. Un de mes meilleurs amis est hétéro et coucher avec lui serait comme coucher avec mon frère !

Peu être que les deux gus étaient suffisamment tranquilles avec leurs sexualités respectives pour qu'il n'y ai aucune ambiguïté ou malaise entre eux.

 
hector dumas

De phil86

Le 05 septembre à 14h00

mais c'est bien comme cela que nous l'avons compris, non ?

 
chris

De chris

Le 05 septembre à 12h15

toutes sortes de relations existent, c'est le regard des autres qui pose des normes. Je connais plein d'heteros qui aiment être avec moi parce que, j'imagine ils ne se sentent pas en rivalité. Ils redeviennent plus enfantins et d'une certaine manière plus féminins.
C'est d'ailleurs à moi que ça a posé le plus de problèmes pour comprendre ce qu'ils attendaient.

 
J_P_M

De J_P_M

Le 05 septembre à 12h32

Première fois que je ressens un peu de sympathie pour Kennedy, personnage aussi exécrable que Guevara.

Mais enfin, il n'a pas eu le courage de le fréquenter au grand jour. Or il aurait pu, étant donné sa popularité auprès du petit peuple (pas des véritables puissants, qui ont eu sa peau).

 
GregM

De GregM

Le 05 septembre à 14h34

Voilà une information qui n'est pas nouvelle. Quand on a lu dans les années 80 la meilleure biographie des Kennedy à ce jour, selon moi (Horowitz, Collier), on apprend rien. Il est évident qu'il y a entre ces deux hommes une complicité, de celle qui scelle la vraie amitié masculine. A mon humble avis, je ne pense pas qu'il faille voir de sexualité là où il n'y en a pas. JFK était bien trop occupé par ailleurs;-)

 
patcolo

De patcolo

Le 05 septembre à 18h56

LESTEMPS ONT ILS VRAIMENT CHANGES ? A VOIR !!! DANS L OPINION PUBLIQUE ETRE GAY C EST QUAND MEME N ETRE PAS COMME LES AUTRES ALORS DANS L AMERIQUE PURITAINE DES ANNEES 1960 .......I AM SHOCKING !!! OFF COURSE !!! MONDE DE M........

 
hector dumas

De vpi79

Le 07 septembre à 04h01

L'Amérique d'aujourd'hui n'est pas moins puritaine. Et de ce côté là elle est encore plus intolérante qu'hier, dès qu'il s'agit de confier une mission publique quelle qu'elle soit. Elle interroge tout de suite, et on somme de répondre à ce sujet. Et tout mensonge est réprimé immédiatement. Il y est aujourd'hui impossible de préserver l'intimité, donc ce n'est acceptable que si tout est affiché (mais pas dans l'armée où il est interdit de demander, pour ne pas avoir à mentir à ce sujet, mais aussi interdit d'exposer la moindre chose).

Le "Don't ask, don't tell" de l'armée américaine est si mal fichu qu'il donne lieu à toutes sortes d'abus: non seulement il faut s'engager sur ce qu'on va faire durant l'armée mais aussi sur tout ce qu'on a pu faire avant (malheur si plus tard on découvre qu'il y a eu des relations homosexuelles: à cause de cette loi, il est impossible de défendre les homos dans l'armée, même s'ils y subissent des mauvais traitements, puisqu'officiellement il n'y a pas de violence homophobe, personne ne pouvant mettre ces violences au plan de l'homophobie sans se faire radier aussitôt pour simplement avoir voulu se défendre ou quand il est sommé de s'expliquer sur les raisons des violences subies). Il serait temps que l'armée américaine reconnaisse que les homosexuels y ont leur place, et admette les conjoints des unions civiles qui existent dans certains Etats (quels que soit l'Etat d'origine des militaires car ils servent au plan fédéral et doivent pouvoir se placer sous la législation de n'importe quel Etat durant leur service, puisququ'ils peuvent être déplacés à tout moment d'un Etat à l'autre, ou sous la législation fédérale où c'est parfaitement légalisé au plan civil; le statut civil et pénal des militaires doit s'aligner sur le statut de tout le monde, pour tout ce qui ne concerne pas directement leur fonction, l'armée peut exiger de rester en bonne santé et donc de préserver la santé avec les mesures de prophilaxie comme le préservatif, elle peut contraindre ses personnels à l'abstinence totale durant les périodes de service, mais elle doit aussi donner régulièrement du temps pour l'exercice de la vie privée; elle peut exiger aussi le secret des opérations entre ses membre et leur famille ou conjoints, rien de plus; tout le reste doit être du ressort civil, et la législation doit être revue pour donner un statut civil équitable aux personnels militaires, qui devraient aussi être jugés civilement pour tout ce qui ne touche pas à leurs fonctions, en fournissant éventuellement des avocats militaires pour protéger le secret défense si nécessaire, afin d'exiger le huis clos si certaines questions ne peuvent être répondues de façon publique mais sont essentielles à la résolution d'un litige civil).

Il est inadmissible qu'autant de militaires américains (aujourd'hui majoritairement noirs d'ailleurs) puissent aller se battre ailleurs et mourir sur le terrain sans que leurs conjoints reçoivent la moindre compensation en cas d'accident grave ou de décès. L'Amérique ne rend pas justice à ses vétérans comme il le devraient, avec le respect qui leur est du à eux, comme à leurs familles et conjoints; et elle continue à virer les militaires atteints de sida comme des malpropres privés de toute pension malgré le service rendu, suite à une condamnation par une instance militaire.

Il reste encore bien des efforts à faire pour imposer les droits minimums sur tout le territoire (et sanctionner les Constitutions de certains Etats qui les ont révisées pour durcir la situation). Malheureusement le Congrès et le Sénat fédéral refuse totalement de se prononcer sur la question, et même Obama ne veut pas se lancer encore sur ce sujet, malgré ses promesses, tant qu'il n'y aura pas d'évolution dans l'opinion publique: il a trop peu de perdre la confiance des deux assemblées où sa situation est encore très instable. Il doit d'abord prouver sa capacité à tenir le pays dans un contexte très difficile, et sa priorité devrait être le rééquilibrage de la couverture sociale minimale qui concerne des millions d'américains, dont une majorité de noirs (ses électeurs, souvent plus traditionalistes que les autres au plan des "moeurs").

 
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