Les animaux, plus gays qu'on ne pensait
Une étude de l'Université de Californie-Riverside a répertorié les comportements homosexuels dans la nature. Leurs manifestations sont parfois surprenantes, autant que les raisons qui semblent les provoquer.
Une nouvelle étude scientifique des plus sérieuses vient bousculer les idées reçues. Figurez-vous que des chercheurs de l'Université de Californie-Riverside ont recensé bon nombre d'espèces animales parmi lesquelles les relations homosexuelles sont plus répandues qu'on ne l'imagine. Rien de tel pour redonner un coup de fouet au débat nature-culture !
«Il est clair, explique ainsi le biologiste Nathan Bailey, que les comportements sexuels entre individus du même sexe vont bien plus loin que les quelques exemples connus qui dominent la littérature scientifique, par exemple chez les bonobos, dauphins, pingouins et mouches».
Faciliter les liens sociaux dans le groupe
Mais encore? Eh bien par exemple, près d'un tiers des albatros de Laysan, nous dit cette étude, ont été élevés par deux femelles. Ces couples de «deux mamans» élèveraient moins de bambins que les couples formés d'un mâle et d'une femelle, mais leurs efforts auraient clairement permis de repeupler l'île, alors que la population d'albatros était en forte diminution. Chez le vautour gypaète barbu, les relations entre mâles représentent un quart des accouplements, tandis que chez les dauphins, nous disent ces scientifiques, on est carrément dans du 50-50.
Nathan Bailey et sa consœur Marlene Zuk, les deux responsables de l'enquête, concluent que les raisons de formation des couples de même sexe sont variables selon les espèces. «Par exemple, indiquent-ils, les mouches mâles sont attirées par d'autres mâles car il leur manque un gène leur permettant de différencier les sexes. Mais c'est très différent chez les dauphins, qui s'engagent dans des relations entre même sexe pour faciliter les liens sociaux dans le groupe». Moralité? Un : vous voyez bien que la science, ça peut être chouette! Deux : dans la série des «noms d'oiseaux», il existe donc plein de supplétifs au phoque...
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De Numa
Très bonne nouvelle. Mais les points négatifs sont : 1) Le zoo allemand a fait le buzz, alors que personne ne parlera de cette étude. Ca me déprime. 2) Les adversaires des homos vont dire "bah oui, c'est un comportement animal, mais nous, nous sommes des hommes, il faut dépasser cela" (c'est évidemment un sophisme, mais ils ne sont plus à cela près). Petite remarque pour Myrtille, quand je lis : "Leurs manifestations sont parfois surprenantes". Elles ne sont pas si "surprenantes" pour ceux qui ont lu le très clasique Bagemihl (1998) et l'excellent Cézilly et alii (2009) sur la sexualité animale, non ? Ce n'est pas vraiment une révélation ex nihilo, surtout par rapport au Bagemihl.