Le mariage pour tous est adopté... par les députés britanniques
Alors que les députés français s'enfoncent dans une guerre de tranchées, leurs homologues britanniques se sont prononcés mardi soir en faveur du projet de loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe.
Le vote des députés était attendu par de nombreux militants devant la Chambre des Communes (photo AFP).
Les députés britanniques se sont prononcés mardi soir en faveur du projet de loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe, un vote crucial en attendant l'adoption définitive de cette réforme qui divise le parti conservateur, mais suscite peu de remous dans l'opinion publique. Ce vote des députés britanniques intervient alors que les élus français s'écharpent à l'Assemblée nationale sur un projet similaire, depuis bientôt une semaine.
«Opinions tranchées»
A l'issue d'une journée de discussions animées à la Chambre des Communes, le projet de loi a été voté par 400 députés, tandis que 175 se sont prononcés contre. Plus de la moitié des députés conservateurs ont décidé de ne pas suivre la position du Premier ministre David Cameron, partisan de cette réforme, alors qu'aucune consigne officielle de vote n'avait été donnée. «Il y a des opinions tranchées des deux côtés mais je suis convaincu que le vote des députés permettant aux homosexuels de se marier eux aussi est un pas en avant pour notre pays», a réagi le Premier ministre sur Twitter après le résultat du vote.
Le texte a en revanche obtenu un soutien massif de la part des libéraux-démocrates, qui participent au gouvernement de coalition, et de l'opposition travailliste. Le vice-Premier ministre lib-dem Nick Clegg a estimé qu'il s'agissait d'un «moment-clé pour l'égalité» et le leader du Labour, Ed Miliband, a parlé d'un «jour de fierté».
Etape décisive
Ce passage à la Chambre des Communes (chambre basse du Parlement) est une étape décisive, même si le texte doit encore faire la navette avec la chambre des Lords avant que le Royaume-Uni ne rejoigne la dizaine de pays ayant ouvert le mariage aux couples de même sexe.
La réforme prévoit de permettre à des couples de même sexe de se marier civilement. Elle laisse aux diverses confessions la possibilité de célébrer ou non des unions homosexuelles religieuses, à l'exception de l'Eglise anglicane majoritaire dans le pays, au sein de laquelle le mariage des couples de même sexe restera illégal.
Texte symbolique
Le ministère britannique de la Culture, chargé des questions d'égalité, espère que le projet de loi sera adopté «d'ici à la fin de l'année». Le sujet ne faisait mardi la Une que d'un seul journal, le Daily Telegraph, un signe que le mariage entre personnes de même sexe suscite peu de débats dans l'opinion.
Le texte est de fait avant tout symbolique. Les couples homosexuels peuvent en effet s'unir civilement depuis 2005 au Royaume-Uni, dans le cadre d'un partenariat civil. Ils ont aussi les mêmes droits parentaux que les couples hétérosexuels : ils peuvent adopter et recourir à la procréation médicalement assistée et à une mère porteuse, pourvu qu'elle ne soit pas rémunérée.
«Imposture»
Les trois principaux ministres conservateurs - William Hague (Affaires étrangères), George Osborne (Finances) et Theresa May (Intérieur) - avaient tenté de rallier leurs compatriotes dans une lettre ouverte. Mais à la Chambre des Communes, les opposants à la réforme se sont fait entendre.
L'ancien secrétaire d'Etat à la Défense conservateur, Gerald Howarth, a fustigé un «changement massif» qui «affecte profondément le coeur même» de la société. «Ce projet de loi est mauvais, le processus de consultation a été une imposture, l'Eglise d'Angleterre est contre, cela a causé des divisions profondes et inutiles au sein du parti conservateur, il n'y a aucun mandat pour cela et cela peut entraîner de graves conséquences», a-t-il averti.
Une vingtaine de conservateurs avaient remis une lettre dimanche à Downing Street, mettant en garde M. Cameron contre «les dégâts significatifs pour le Parti conservateur en vue des élections législatives de 2015» si la loi était adoptée.










LES CHAÃŽNES 











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De altharo
en 48 heures ça a été plié en Angleterre, comme ça ils peuvent maintenant entièrement se consacrer à cette fameuse gestion de crise économique, principale préoccupation de nos élus de droite...c'est balaud hein? maintenant que vous avez monopolisé l'AN autour du faux-débat du faux-problème de la vraie loi du mariage pour tous...je rie jaune quand même.
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De Benji - j'étais un maximonstre
On a la droite la plus bête du monde et parmi la plus homophobe d'Europe.
Pour ceux qui en douterait, lisez donc les 5364 amendements présentés par l'UMP. D'une telle bassesse qu'ils devraient tous être requalifiés de "sous-amendements" et refusés en bloc :)
Ca n'est plus un processus législatif régulier, c'est de l'obstruction.
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De Vic2Guem4
En fait c'est toujours la même dizaine, au pire la même vingtaine de députés de droite qui s'acharne contre ce texte et qui présente des amendements. Pendant les débats les députés UMP ne mobilisent jamais plus de la moitié de leur groupe. Quant à Jean-François Copé et François Fillon on ne les entend pas. C'est bien la preuve que même à l'UMP c'est une minorité qui est fermement opposée à ce texte, peut-être pour des raisons idéologiques et politiques. Il est toutefois dommage que seuls ces députés réactionnaires arrivent à se faire entendre.
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De nashtags
Rien n'est « plié » en 48h. Le texte devrait entrer en vigueur en 2014. Et le texte doit être plus approfondi en commission des Communes. C'était un vote de principe.... :)
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De Pelle Svanslös
Pas de Frigide en Angleterre et surtout pas d'Eglise catholique majoritaire. C'est sûr que sans les obscurantistes et les folles furieuses les choses vont plus vite ...
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De franzzy59
Effectivement, nashtags a tout a fait raison, le mariage pour tous a été voté par une large majorité car Cameron a pu s'appuyer sur l'opposition travailliste largement favorable à ce texte, mais les "vraies" discussions" n'ont en aucun cas commencé, et elles seront mouvementées aussi...
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De FakeFrenchBoy
Pas autant qu'en France franzzy... C'est quand même plus rapide et plus efficace. Pas de blah blah ni d'obstruction. En Angleterre on dit ce qu'on a à dire et on passe à autre chose.
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De étoile2013
Quand je pense à Mariton qui est parti en Angleterre histoire de voir si y a moyen d'organiser une fronde contre ce projet... comment dire...? j'en perds mon anglais...
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De vpi79
Un vote de principe est suffisant en Angleterre selon les principes même de la Common Law. Le reste des dispositions seront là pour des questions de mise en application par les administrations, mais c'est davantage des mesures réglementaires que légales, par exemple pour budgéter les postes, prévoir les formations, réimprimer les textes, les formulaires administratifs, mettre à jour les services informatiques...
La Common Law n'a pas besoin de tout légiférer et une loi de principe suffit pour qu'un juge britannique puisse se prononcer et reconnaître les dispositions adoptées (ce n'est pas comme le droit latin où tout doit être écrit dans les détails car sinon tout peut être remise en cause et contesté).
De fait le droit britannique est bien plus simple à appliquer et faire comprendre (au moins dans les lois, car le plus gros ensuite c'est la jurisprudence très complexe : quand il y a des lois c'est quand la jurisprudence devient ingérable ou trop contradictoire et qu'il n'est plus possible aux plaignants et défenseurs de faire leur travail et se prononcer, mais la jurisprudence a aussi une péremption de fait quand ***l'usage*** rend une loi ou d'anciennes décisions plus applicables et plus appliquées : les juges peuvent évaluer la non-pertinence des décisions trop anciennes et devenues obsolètes, ce qui fait que le droit évolue la plupart du temps de façon très progressive en restant en accord avec le consensus social ou pas trop éloigné de celui-ci, et le système évite des situations comme ce qui s'est passé en France, toujours en retard de plusieurs décennies voire de plusieurs siècles, avec des lois encore en vigueur datant de l'Empire, ou de Vichy, ou de l'ancien régime alors qu'elles n'ont même pas été validées au plan constitutionnel !).