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La Thaïlande côté lesbien

Par Julie Lezzie lundi 03 août 2009, à 14h42 | 5779 vues
Plus de: Thaïlande, lesbienne, tourisme, webmag, Julie Lezzie

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Vous cherchez l'endroit idéal pour passer vos prochaines vacances d'hiver? Pensez à la Thaïlande, pays du sourire, où vous pourrez vous balader main dans la main avec votre chérie. Plongée dans un univers ultra-codifié pour les filles avec TÊTUE.COM.

La Thaïlande n'a pas que des plages à offrir. Au-delà de sa gastronomie de réputation mondiale, ses paysages magnifiques et sa vie nocturne animée, c'est une destination plus que homofriendly à découvrir. Les couples homos s'affichent en toute simplicité, sans susciter la moindre réaction. Tout au plus, si vous vous promenez avec votre chérie à Patpong, le quartier chaud de Bangkok, les rabatteurs des boîtes de striptease vous proposeront d'assister à des shows exclusivement lesbiens. Le peuple thaïlandais, de par sa prédominance bouddhiste, est très ouvert d'esprit, bien que pudique. Aussi, homos comme hétéros observent une certaine discrétion dans les élans amoureux. Pas de baisers en public; en revanche, pas besoin de jouer les frangines pour demander une chambre avec un grand lit. Il y a encore quelques années, les lieux de drague pour filles étaient rares car inutiles.

E-fun bar de filles thaïlandais

Une nouvelle génération de lesbiennes divisée en «tom» ou «dee»

Aujourd'hui, les lesbiennes thaïlandaises veulent s'amuser entre elles, et à Bangkok les établissements girl only fleurissent. Le Zeta se trouve sur Soonvijai soi, rue saturée de bars à musique live fréquentés par la jeune génération thaïe. De chaque côté de l'entrée, des affiches géantes présentent les groupes qui s'y produisent. Après contrôle d'identité par une jeune androgyne aux airs de Shane version asiatique, on pénètre dans une boîte bondée à la musique assourdissante. L'accueil est chaleureux; on est tout de suite à l'aise et on comprend pourquoi la Thaïlande a hérité de son surnom de «pays du sourire». Comparée à l'ambiance européenne parfois glaciale, l'expérience en est presque déstabilisante. Et ce n'est pas la seule particularité du milieu thaïlandais.

En jetant un regard sur la clientèle, on remarque très vite le fameux clivage tom/dee. Scindée en deux catégories, la population lesbienne comprend les toms (abréviation de tomboy), représentant les filles andro et masculines, et les dees (abréviation de lady), les filles féminines. Pas d'intermédiaire. Le contraste est énorme: les dees sont en robe du soir, talons hauts, ont les cheveux jusqu'aux fesses, les ongles longs et ne se pendront qu'au cou d'une tom assumant parfaitement son rôle. Cette version butch/fem extrême, qui trouve son équivalent dans le couple stonebutch/lipstick américain, est l'unique représentation du couple lesbien que conçoivent les Thaïlandais, la seule politiquement correcte. Les couples dee/dee sont rares et plutôt mal vus, les couples tom/tom encore plus. Car l'apparence ne fait pas tout. En discutant avec les autochtones qui se présentent naturellement pour trinquer avec les étrangères, on apprend qu'au lit, les rôles sont également prédéfinis. Les toms sont les seules à prendre des initiatives en dessous de la ceinture, ayant le rôle actif, tandis que les dees restent désespérément passives. De quoi déstabiliser les farangs (étrangères) qui, si elles sont à la fois actives et passives, se font tout simplement cataloguer comme... lesbians, terme quasi inutilisé là-bas.

Après, à vous d'être claire selon la codification en vigueur. En adoptant un look tom, vous attirerez des créatures qu'on croirait tout droit sorties d'un défilé de mode. Si au contraire, vous vous affichez dee, vous ne tarderez pas à être courtisée par une tom galante et séductrice. Et si vous êtes joueuse, vous pouvez aisément déstabiliser votre monde en mélangeant les genres, ce qui aura pour résultat d'attirer à la fois toms et dees, curieuses de découvrir ce qui se cache derrière les apparences.

Le Zeta, première boîte exclusivement lesbienne de Bangkok
Seul bémol des boîtes thaïlandaises: la musique trop forte. Heureusement, un espace causette avec tables et sièges a été aménagé dehors devant l'entrée. La manager, venue prendre l'air, explique que le Zeta, qui a récemment fêté ses trois ans d'ouverture, est le premier endroit girl only de Bangkok. A minuit, le groupe Seyes qui se déchaînait sur des airs de rock laisse la place à Mister Sister, qui embraye dans une cadence infernale. A quelques encablures de là, un autre établissement exclusivement lesbien : E-fun, pour Extreme fun for ladies. Attirant une clientèle plus jeune, il a été ouvert cette année par une célébrité lesbienne locale militante, «pour donner aux filles le moyen de s'exprimer». E-fun dispose d'un second étage sous forme de mezzanine, avec sièges confortables, écran géant et un billard où s'affrontent deux toms couvés du regard par une dee, un verre à la main. La DJ, isolée au bout d'une passerelle, surplombe la scène sur laquelle les musiciennes se donnent à fond devant un public enthousiaste.

Dehors, devant l'entrée, se trouve une esplanade avec tables et canapés permettant de faire connaissance au calme. Nok, dee exubérante de trente ans, démystifie avec verve les relations lesbiennes thaïlandaises, tout en regrettant que les rôles sexuels soient préétablis. Ce soir, la clientèle est internationale. Nous faisons la connaissance d'une Canadienne et d'une Américaine, profs de math et d'anglais qui se sont rencontrées via Internet, avant d'être rejointes par les amies de Nok: Phoebe, hôtesse de l'air chinoise et Marie, Française exilée en Thaïlande depuis huit ans. Ayant tenu un restaurant à Bangkok avec son ex, elle avoue avoir eu l'envie d'ouvrir un bar lesbien, avant d'abandonner devant les sommes des dessous de table à fournir. «Depuis que les filles ont leurs endroits, elles s'affirment davantage; elles sont plus coquines, se lâchent plus», remarque-t-elle, précisant qu'il faut quand même se méfier des filles trop entreprenantes, car la prostitution, omniprésente en Thaïlande, existe également dans le milieu lesbien. «Les Thaïlandaises ne sont généralement pas du genre à coucher le premier soir, elles prennent le temps de faire connaissance», rappelle-t-elle à toutes fins utiles.


Un paradis spirituel
Ayant su allier liberté et spiritualité, le pays du sourire a largement mérité son surnom. La paix intérieure trouvée dans le bouddhisme est pour beaucoup dans la tolérance de son peuple. Si vous souhaitez profiter de votre séjour en Thaïlande pour apprendre à méditer, les opportunités ne manquent pas. Des cours de méditation - depuis le simple entretien avec un enseignant anglophone, aux stages d'apprentissage de plusieurs semaines dans des centres - sont disponibles aux quatre coins du pays. Il est également possible d'effectuer une retraite au sein d'un monastère, où l'on profitera de l'opportunité de poser ses questions directement aux moines, afin de progresser dans la pratique. En échange de l'hébergement, vous aiderez les bénévoles à préparer l'unique repas du jour avec la nourriture offerte le matin-même par la population. Et pour celles qui préfèrent un environnement plus féminin, vous pouvez vous faire accueillir par des nonnes, sachant néanmoins qu'elles se rasent entièrement le crâne à chaque pleine lune. Il existerait même un temple tenu par une tom, dont la communauté ne serait constituée que d'(ex) lesbiennes...

Photo Julie Lezzie

Quelques conseils à l'attention des farangs en visite:

Apprenez à dire bonjour: sawadee ka, et merci: kop khun ka. Vous serez d'autant plus appréciée par les autochtones. Le must: joignez vos mains à hauteur de visage pour une salutation aussi parfaite que respectueuse.
Si vous voulez visiter des temples, oubliez le short et le débardeur, ou vous serez refusée à l'entrée.
Si vous allez dans un monastère ou un centre de méditation, prévoyez des vêtements blancs qui vous couvrent les jambes et les bras. A défaut, vous devrez en louer ou acheter sur place.
Enfin, n'hésitez pas à sourire, succès garanti!

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2 réactions de la communauté

 
Laurean

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De Laurean

Le 05 août à 16h38

Il y a un peu ce jeu de rôle chez les lesbiennes japonaises également, mais j'ai déjà vu des mélanges se faire malgré tout.
Visiblement en Asie, même homo il faut rentrer dans une case bien précise pour ne pas trop choquer.

 
Ariel

0

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De Ariel

Le 08 août à 14h06

Cela me parait assez binaire tout de même... Enfin, je serai plus concerné par les Katoeys que les lesbiennes de toutes manières.

 
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