Klaus Wowereit, l'emblématique maire gay du Berlin «pauvre mais sexy»
A quelques jours de sa probable réélection à la tête de Berlin pour un troisième mandat, portrait du maire ouvertement homo d'une ville redevenue branchée.

Klaus Wowereit (à droite) avec son compagnon depuis 18 ans, Jörn Kubicki, neurochirurgien.
Lourdement endettée, dépourvue d'activité industrielle significative, Berlin cherchait un responsable capable de transformer ses défauts en atouts. Elle l'a trouvé en Klaus Wowereit, un homme qui respire confiance en soi et bonhomie, comme ce jour de juin 2001, où il a rendu publique son homosexualité lors d'un discours en déclarant: «Ich bin schwul, und das ist auch gut so» («Je suis gay et c'est bien ainsi»).
La phrase est devenue célèbre. Elle lui a notamment permis quelques mois plus tard d'être élu maire de la ville, deux ans après le déménagement du gouvernement de Bonn (ouest) à Berlin, et elle fait de lui l'homme providentiel de la ville réunifiée.
Côte d'amour intacte
Grâce à lui, Berlin, capitale fauchée, et devenue une ville à la mode, au moyen d'un autre slogan génial: l'expression «pauvre mais sexy» qu'il emploie pour qualifier sa ville dans un entretien à l'hebdomadaire Focus fin 2003. Brillant coup de marketing, elle est devenue une sorte de devise officieuse de la capitale allemande.
Son sens de la formule, son charme et sa décontraction lui ont permis de se faire un nom bien au-delà des limites de la métropole de 3,5 millions d'habitants, où sa cote d'amour n'a jamais faibli. «Wowereit et cette ville, c'est une bonne combinaison», a-t-il expliqué le mois dernier à des reporters étrangers qui lui demandaient le secret d'une telle popularité. Sous sa houlette, Berlin s'est fait une place parmi les villes les plus branchées du monde, ses loyers très bas et sa vie nocturne foisonnante attirant en masse artistes et touristes.
Progrès économiques
Classé dans l'aile gauche du parti social-démocrate SPD, Wowereit, 57 ans, a un temps fait figure de candidat potentiel au poste de chancelier, et donc de rival éventuel, dans la perspective des législatives de 2013, à la chancelière conservatrice (CDU) Angela Merkel. Cette dernière s'est impliquée dans la campagne régionale de Berlin, venant soutenir le candidat de son parti. «Berlin n'est pas dirigée comme elle le mériterait», a-t-elle déclaré lors d'un meeting, épinglant le taux de chômage de 13% dans la capitale – presque deux fois plus qu'au niveau national, les finances désastreuses de la ville et le grand nombre de bénéficiaires des minima sociaux.
Né en 1953 à Berlin-Ouest, élevé avec quatre frères et soeurs par sa mère, Wowereit avait entamé des études de droit avant de se consacrer à la politique. Avec son compagnon depuis 18 ans, le neurologue Jörn Kubicki, il était un visage bien connu des folles soirées berlinoises. Ses détracteurs n'hésitaient d'ailleurs pas à le dépeindre comme un dilettante, plus enclin à trinquer au champagne qu'à gouverner. Mais l'édile a fait de gros effort ces dernières années pour corriger cette image. Le quotidien berlinois Tagesspiegel (centre-gauche) a reconnu les progrès économiques effectués en 10 ans pour rendre la ville attractive aux touristes et aux «créatifs» en tout genre.
Subventions massives
Mais Berlin fonctionne aussi grâce aux «subventions massives» de l'Etat fédéral, un modèle de développement intenable dans une ville déjà plombée par un endettement record de 62 milliards d'euros. «Berlin vit entièrement aux dépens des autres Etats régionaux allemands et des générations futures», dénonce le Tagesspiegel, pour qui le salut de la capitale viendra d'une plus forte industrialisation.
Der Spiegel a estimé, quant à lui, que Wowereit bénéficiait surtout d'une «aspiration à la stabilité» des Berlinois, dans une ville «où tant de choses changent d'une semaine à l'autre». A Berlin, «tout tourbillonne, et une seule chose ne bouge pas: Klaus», a résumé l'hedomadaire.
Source AFP. Photo: DR.










LES CHAÃŽNES 











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De NémoGizmo
malgré les finances fragiles et le chômage trop haut de sa ville, OUI, il sera (et mérite d'être) réélu, la droite allemande n'ayant RIEN à offrir de crédible !
quand on compare à "l'autre gay" de la politique allemande, Guido Westerwelle du parti ultra-libéral FDP (allié de Merkel , qui ne fait vraiment rien pour les LGBT), il n'ya pas photo...
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De Warung Kopi
Sauf qu'à Berlin, ce n'est ni la CDU, ni le FDP qui pourraient lui faire perdre sa place, mais les Verts, du moins d'après les sondages. Après avoir pris la tête du Bade-Wurtemberg il y a quelques mois en s'alliant au SPD, ils espèrent renouveler l'exploit à Berlin, d'où le déluge d'affiches montrant Renate Künast, ancienne coprésidente des Verts, sous toutes les coutures avec le slogan bien gnangnan "Renate arbeitet" (Renate travaille)...
Alors que Die Linke, alliés du SPD, ont fondé une partie de leur communication sur le satisfecit (c'est tout juste s'ils n'ont pas repris la phrase idiote que j'ai entendue récemment, "Die coolste Stadt der Welt", la ville la plus cool du monde), les Verts tapent toujours la où ça fait mal: hausse des loyers (toujours très modérés par rapport à Paris), transports, pollution sonore (le revers de la médaille, les saoûlauds qui hurlent toute la nuit...).
Et puis il y a encore autre chose que le SPD traîne comme un boulet à Berlin, Thilo Sarrazin, ancien sénateur chargé des Finances de Berlin, très connu pour ses propos racistes/xénophobes/antisémites et pourtant pas exclu du parti. Même si on ne l'a pas beaucoup vu durant cette campagne, il risque de faire perdre pas mal de voix au SPD dans des quartiers à forte immigration comme Neukölln, Kreuzberg ou Wedding... Bref, rien n'est joué pour dimanche prochain!
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De NémoGizmo
oui, sauf que les Grünen berlinois (dont un ex :-)), qui ont récemment subi des déconvenues électorales (bien loin de leurs records du printemps), après des succès certains, n'y croient plus du tout.
puisque tu parles de "sondages", aujourd'hui ils les mettent en 3è positions, derrière la CDU (droite).
ils pourraient en fait très bien intégrer sa majorité de gauche, oui, mais pas gérer la ville seuls!
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De Warung Kopi
Effectivement, ils ont méchamment dévissé... Pourtant à voir le flot d'affiches, la comm du FDP (qui cible les Verts limite plus que le SPD) et les militants qui font le pied de grue un peu partout, je relativiserais un peu le découragement... Quoi qu'il en soit, ils n'auraient pas gouverné seuls (ai-je dit le contraire?). En Allemagne, il n'y a quasiment que la CSU qui arrivait à faire ça en Bavière...
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De NémoGizmo
merci :-)
tu avais quand même écrit qu'ils "pourraient lui faire perdre sa place", donc la prendre, y compris en s'alliant.
au regard de l'ambiance sur le terrain, des analystes sur place et des sondages à J-4, Klaus W va rempiler pôur cette 10è année en place :o), "et c'est très bien comme ça"...
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De Warung Kopi
Oui, s'ils arrivaient en tête... A propos, wohnste ooch in Berlin?