Jennifer Smith, Christine Arron et Laura Flessel ou l'éloge du jean usé
LA CHRONIQUE SPORT DU WEEK-END. Une surfeuse sexy, une reine de l'athlétisme et une guêpe escrimeuse qui retrouve du piquant. Trois championnes à la une de l'actualité sportive.

Bon. C'est l'été. Or qui dit été, dit plage. Qui dit plage, dit mer. Qui dit mer, dit surf. Et qui dit surf, dit meufs bronzées en maillot sur une planche. Raccourci? Certes. Mais justifié. Car ce 14 juillet à Biarritz s'est achevé le championnat du monde de longboard féminin. Et c'était du sport. À très haut niveau, même. 12,25 pts en finale au compteur de Jennifer Smith (photo), qui est devenue à 23 ans la première surfeuse de l'histoire à réussir le doublé, deux ans après son premier sacre. Chapeau bas, comme aurait chanté Barbara. D'autant que la Californienne a tout pour plaire.
Son style, d'abord. Sa technique, ensuite. Sa puissance, enfin. Une combinaison qui fait d'elle la reine actuelle de la discipline, et qui lui a même valu une vague notée à 9,25 points au cours d'une demi-finale époustouflante remportée face à l'Australienne Chelsea Williams. Là où la surfeuse de Pacific Beach excelle tout particulièrement, c'est sur le «nose» de la planche (l'avant), disent les spécialistes. Et dans sa faculté à alterner, paraît-il, manœuvres radicales et postures gracieuses, à la californienne. Ça, c'est pour l'aspect purement sportif. Mais hors de l'eau, on imagine tout à fait ces qualificatifs lui coller tout aussi parfaitement à la peau.
Un chien, une guitare et un cinq poches
«Radicale» tout en étant «gracieuse». Pas besoin de quinze milliards de circonvolutions pour vous expliquer pourquoi et comment Jennifer Smith est digne d'intérêt. Tout particulièrement du nôtre. Il suffit d'ouvrir les yeux. Regardez-la surfer. Regardez-la sourire. Regardez-la caresser les cordes de sa guitare. Et maintenant, imagine-la courir sur le sable aux côtés de son boxer, Colin. Si en plus vous saviez quel est son vêtement préféré, vous ne voudriez plus la quitter...
Allez, on balance l'info, parce qu'on est sympa : «Un jean sale, confie Jennifer Smith. Il n'y a rien de mieux qu'une bonne paire de jeans complètement usé... De préférence un jean jambes droites à cinq poches.» Ça tombe bien, Jen, y en a justement un dans l'armoire, si, si, regarde, juste là...
Les Frenchies n'ont pas eu à rougir non plus à Biarritz. La Réunionnaise Coline Ménard, 21 ans, n'a chuté qu'en finale, face à miss Smith, donc. Tandis que la surfeuse de Lacanau, Justine Dupont, a terminé 3e ex-aequo, signant à 17 ans son deuxième podium en trois participations à l'épreuve. En 2007, elle avait été sacrée vice-championne du monde, rien que ça. Tout l'avenir devant elle.
La Guêpe a retrouvé son piquant
L'avenir ne se conjuguera sans doute plus au mode sportif à l'infini pour Christine Arron et Laura Fessel-Colovic. Même si elles vibrent toujours. Avec des sorts divers. À Reims, pour sa rentrée après son opération de la hanche et ses lésions aux mollets, la Reine Christine, 35 ans, n'a été que l'ombre de celle qu'elle fut. La recordwoman d'Europe du 100 m a signé le pire chrono de sa carrière sur la distance (11''78). La Guêpe, elle, a en revanche réussi à accrocher le bronze aux Championnats d'Europe d'escrime disputés à Plovdiv, en Bulgarie. À 37 ans, et après deux années blanches.
«Il faut encore compter sur moi!, a commenté Laura Flessel-Colovic dans L'Equipe. Je prends tout ce qui vient. Et quand cela s'arrêtera, je n'aurai aucun regret.» De son côté, Christine Arron prévient, à l'aube des Mondiaux de Berlin. «Je crois que j'ai eu une belle carrière, a-t-elle ainsi déclaré au même quotidien sportif. Les gens peuvent être déçus, mais là je dis : n'attendez rien de moi!» Visiblement, il n'y a pas que le jean de Jennifer Smith qui soit usé. Les championnes, même immenses, peuvent également l'être un jour. Mais pas notre respect à leur égard. Lui, il reste intact.
Photo: RoxyJam

















