«Je dois être honnête, je suis toujours attiré par les hommes»
Pendant des années, Exodus a vendu des cures pour «guérir» l'homosexualité. Ces dernières semaines, son président a fait marche arrière. Mardi, dans une émission, il a expliqué pourquoi il ne croit plus que guérir soit possible... ou utile.

C'est ce qui s'appelle un retournement de situation. Alan Chambers, président d'Exodus international, cette organisation proposant des cures pour guérir l'homosexualité, a fait volte-face mardi: «On ne peut pas continuer ces thérapies, elles sont néfastes». Cette opinion que beaucoup de psychologues clament depuis des années, Chambers l'a détaillée lors de l'émission Our America diffusée mardi soir sur la chaîne OWN, l'Oprah Winfrey Network.
Slogan dépassé
«Je ne crois pas que ‘'guérison'' soit le bon mot. Quand quelqu'un dit ‘'je peux guérir l'homosexualité'' cela me semble aussi bizarre que de dire qu'on peut guérir la tentation». En d'autres termes, le slogan d'Exodus «Changer est possible», doit aujourd'hui «être dépassé».
Que s'est-il passé pour que Chambers, auto-proclamé «ancien gay», marié avec deux enfants, change ainsi d'avis? «Je dois être honnête, je suis toujours attiré» par les hommes a-t-il concédé. Pas question de quitter son épouse pour autant: «Suis-je hétéro? Je ne suis pas homo. J'ai une attirance hétérosexuelle pour mon épouse.»
Relation
La révolution n'est pas encore accomplie. Car, comme le font remarquer les associations LGBT, Alan Chambers estime encore que l'homosexualité est un péché. Pourtant, celui-ci estime désormais «que les chrétiens qui vivent leur homosexualité pourront aller au paradis avec moi s'ils ont une relation avec Dieu.»
«Relation». Pour le président d'Exodus, tout est dans ce mot. «Je rencontre des parents qui n'ont jamais dit à personne que leur enfant était gay. C'est une tragédie. Nous devons aider ces parents à avoir une relation avec leur enfant, les aider à ne pas se concentrer sur ce qui les opposent» explique Chambers.
«Paria»
Lisa Ling, la présentatrice de Our America, va même jusqu'à lui demander: «Comment réagiriez-vous si l'un de vos enfants vous annonçait qu'il ou elle est gay?» Après avoir avorté une phrase commençant par «je ne sais pas si un de mes enfants choisira...», Chambers répond: «Il faut prendre une grande respiration et continuer la relation».
Si le message est positif, beaucoup doutent de sa sincérité. L'association LGBT Truth wins out rappelle aussi le mal qu'Exodus a fait avec ses thérapies. Mais l'organisation est aussi lâchée par ses anciens alliés. Une dizaine de pasteurs a décidé de quitter l'organisation. David Roberts du site Ex-gay Watch estime que Chambers essaie de changer de direction parce qu'Exodus est devenu un «paria» dans une Amérique plus tolérante.
Reste qu'il est encore trop tôt pour crier au miracle. Exodus n'embrasse pas l'homosexualité qu'elle continue de considérer comme une souffrance. C'est la manière d'aider les LGBT qui doit changer. L'idée qu'ils n'aient pas besoin d'aide n'est pas encore d'actualité.
L'émission Our America n'est pas disponible en France, mais l'interview de Alan Chambers est visible sur Youtube (en anglais):










LES CHAÎNES 











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De Phil86
Il a encore un long parcours à faire sur le chemin de l'acceptation de soi. J'espère pour lui qu'il y parviendra, parce que nous n'avons d'autre choix que de nous accepter tels que nous sommes, et de vivre en conformité avec notre identité profonde. il faut laisser tomber les fadaises des Eglises sur ce sujet, l'homosexualité est une voie d'épanouissement, de bien-être et de bonheur au même titre que l'hétérosexualité.
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De Eldani
Bonjour,
"l'homosexualité est une voie d'épanouissement, de bien-être et de bonheur au même titre que l'hétérosexualité."
Je pense plutôt que l'homosexualité devrait être une voie d'épanouissement . Un long chemin reste à faire pour déculpabiliser, banaliser l'homosexualité la faire accepter comme une simple forme de sexualité.
On peut d'ailleurs se demander si l'homosexualité ne doit pas se vivre aussi comme un refus des normes sociales en général au delà des droits à une libre sexualité. Bravo pour le droit au mariage, mais que reste-t'il de notre refus de l'ordre social? de nos désirs libertaires et plus généralement de nos envie de "révolution"?
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De Phil86
Le seul fait que les homos et lesbiennes puissent enfin se marier et être ouvertement parents, c'est un bouleversement de l'ordre social hétéro-normé, quelque part c'est donc bien une "révolution" et c'est bien ce que ne supportent pas les homophobes idéologues.
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De Eldani
Révolution le mariage gay ? A voir ! Je pencherais plutôt pour normalisation (qui arrive bien tard) !
La révolution des consciences, des moeurs, de la société reste à faire ! Etre homo ça devrait être aussi rester en éveil, en lutte permanente contre les injustices.
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De Fred4150
A Lafcadio : mais alors, où sont situés les vieux cons ?
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De Phil86
Je pense, lafacadio, que si les homophobes sont vent debout contre l'ouverture du mariage aux homos et lesbiennes, c'est justement parce qu'ils considèrent que le mariage, et au delà la société, doivent rester hétéro-normés. Il s'agit d'une question hautement politique, l'orientation sexuelle est une question sociale et donc politique. (je ne vois pas ce que le capitalisme, même mondialisé, vient faire là-dedans, je ne suis pas du tout convaincu par ce que tu dis)
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De pa-yverdon
@phil86
Le mariage gay: une révolution ou une hétéronormalisation?
ca c'est une sacré bonne question!!!
Pour moi, la révolution eut été de créer de nouvelles normes...
Si sur le fond, on est d'accord, c'est sur la forme que j'ai des divergences....
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De Pelle Svanslös
Révolution/capitalisme mondialisé. Et la tendresse bordel!
Et si tout était plus simple, s'il s'agissait simplement d'accepter les gens avec leur orientation sexuelle. Faut-il vraiment une révolution pour cela? Je ne le crois pas. Un peu d'humanisme devrait faire l'affaire.
Le capitalisme mondialisé comme cause de tous les maux, mouais autant dire l'humanité comme cause de tous les maux.
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De Pelle Svanslös
@ouf
Beaucoup présentent ici le mariage gay comme dépassé, comme cul-cul, comme comble de la beaufitude et du conservatisme, bref à l'opposé du récvolutionnaire et toi tu t'attends à des boulversements de société jamais vu auparavant! C'est la caricature des deux côtés.
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De Phil86
@ouf : tout ceci est culturel, à un instant T ce qui est accepté quelque part ne l'est pas ailleurs et à l'instant T+1 c'est l'inverse... la parenté n'est déjà plus ce qu'elle était il y a 30 ans, de nouvelles formes de parenté, ou de parentalité, sont apparues ; une société est un organisme vivant qui mute et se transforme...
concernant Chambers, il s'est aperçu qu'il ne peut pas cesser d'être homo, il a fait un pas en avant ; maintenant, il ne lui reste plus qu'à s'apercevoir qu'il peut en revanche très facilement cesser de se revendiquer d'une religion, ce qui le libérera...
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De Pelle Svanslös
Et bien en attendant que l'homosexualité devienne un marché comme un autre (quoi que cela veuille dire) c'est une orientation sexuelle qu'il faut accepter. Il n'y a pas de quoi fouetter un chat ni crier à la fin du monde.
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De Ziel
Si je peux me permettre, je suis très agréablement surpris par la qualité du débat qui s'amorce ici... ça vole pas toujours très haut, les commentaires (et je ne me considère pas plus malin que les autres, moi non plus je n'écris pas toujours des choses si intelligentes...), mais là ça devient franchement intéressant et ça invite à réfléchir, donc merci pour vos interventions.
Chambers, on s'en fout, aucun intérêt... mais je présume effectivement que la question de la normalisation va devenir "le" concept phare des années 2010 en Occident : on va bientôt avoir des homos "normaux" (mariés proprement, avec les deux enfants réglementaires) dans un pays gouverné par un président normal "à la Norvégienne" si vous me pardonnez cette expression, et bientôt les seules relations sexuelles moralement autorisées et avouables seront ces relations "normales" (exit la prostitution, par exemple, avec le débat sur la pénalisation des clients dont on parle de plus en plus, parce que la prostitution c'est sale et c'est pas normal, et même les bars à cul, ça ne m'étonnerait pas qu'ils aient quelques ennuis dans les années qui viennent...).
La mode est à la normalité, au conformisme, et les activistes gays l'ont très bien compris il y a déjà plusieurs années : ils ont senti le vent tourner et ont mis les voiles dans le bon sens pour faire avancer leur cause ; alors oui, malgré ces réserves, je suis pour le mariage gay - à 100% - parce que ce quand ce sera acquis, ce sera définitif (quel gouvernement osera revenir en arrière ?), que toute avancée est bonne à prendre et que pour l'instant c'est la porte qui semble la plus facile à ouvrir... Mais je suis assez d'accord aussi avec ceux qui disent que le retour de l'ordre moral nous guette et qu'il ne s'est peut-être jamais fait aussi menaçant qu'actuellement (et insidieux, qui plus est).
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De Hima
La réflexion avait déjà été faite sur l'article de la discussion sur l'ouverture du mariage au Vietnam, pour quoi, parce que les couples homo sont imposables eux aussi et ça, ça tente. Voir simplement toutes les stars qui trouvent que ça fait bonne pub de placer un couple homo dans leur clip, ou un petit soutien par-ci par-là, alors qu'ils s'en foutent au final.
@ Ouf59 : N'espère pas un énorme bouleversement, en Belgique ça n'a pas changé grand chose de profond, hormis l'homophobie. Comme je l'ai dis ailleurs, le divorce à créé un bouleversement bien plus énorme que ce que ne peut faire le mariage pour tous.
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De OG
"Mais je suis assez d'accord aussi avec ceux qui disent que le retour de l'ordre moral nous guette et qu'il ne s'est peut-être jamais fait aussi menaçant qu'actuellement (et insidieux, qui plus est)."
Si une telle nouvelle arrive, elle n'arrive pas "toute seul", c'est juste qu'il y a un ensemble d'élément sociaux, économiques et politiques qui permettent cette recrudescence de la débilité humaine et de son attachement à ses bases ancestrales. C'est donc ce qui lie la société des Hommes : société = économie + homme.
Si on change un des paramètres, l'économie par l'apparition d'une désertion économique (suite à telle ou telle politique économique, comme le capitalisme mondialisé libérale dans notre cas) qui induit le chômage, le mal-être sociétal dans une société de "consommation de masse", d'une idéalisation totalement matérialiste par le biais du tel ou tel média, on se rend compte que dans cette position "X", on se cache, on recherche ses bases par le biais d'une haine injustifiée venant de tel ou tel objet convoité (religion, politique sont les plus "grands" exemples) et c'est sur ce mal-être sociétale, ce sentiment d'abandon de l’État que s'appuie des personnalités tel que le Front National ou la Religion Catholique pour renforcer ses rangs.
En revanche, si nous bouleversons la société, cet objet qui relie les hommes entre eux, par l'acceptation de tel ou tel sujet (sexe, sexualité, genre), on remarque aussi une augmentation (implicite) des préjugés ou d'une manière de pensée inconvenante à ce qui devrait l'être, cela fait débat mais je ne pense pas qu'il existe "une seule et unique" vraie vérité, et qu'on la détient "forcément", comme si cela découlait de source, tout dépend d'autres facteurs plus complexes (choc émotionnel, éducation, personnalité propre).
Et quand le deux, se modifient en même temps, nous rencontrons le problème actuel, une synchronisation qui se fait attendre, faute à l'économie plus préoccupante que la société, réflexe capitaliste ! - Les nouvelles générations s'en foutront de savoir si tu es gay, pansexuel, zoophile ou une femme, si tu as de l'argent, tu seras aimé.
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De Hinageshi
Lafcadio :
« Si l'homosexualité est devenue soudain beaucoup moins pénible à vivre […] C'est parce que ces pays ont fait leur révolution industrielle, que les familles ont été éclatées, et que la pression sociale s'est relâchée. Dans l'étape suivante, l'homosexualité devient un marché comme un autre. »
Vivement, donc, que l'Arabie, le Yemen, l'Iran, etc. — qui ont déjà pour partie pris le train de la marchandisation mondialisée — passent au plus vite à la phase d'éclatement des familles & de relâchement de la pression sociale.
Faute d'autre méthode, bien sûr…
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De Hinageshi
@ Lafcadio : reçu 5/5.
Toujours pertinent, avec en prime la citation qui tue (en plein dans le mille) !
(Je note soigneusement « l'exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques ».)
Cela dit je ne suis pas dupe ; disons que, entre un monde livré au capitalisme *avec* religion(s), et un monde livré au capitalisme *sans* religion(s), je choisis et défends le second.
Ayant le sentiment que, de toutes façons, je ne peux à peu près rien contre la force trop irrésistible de ce capitalisme, et qu'il faudra peut-être attendre 4 ou 5 siècles avant qu'on ne regarde les dommages qu'il produit comme nous regardons aujourd'hui le temps de l'esclavage.
☞ « le pouvoir est donné aux hommes par Dieu ».
Moi je lirais ça dans une copie, (mes yeux s'injecteraient de sang, la bave me viendrait aux lèvres et…) ce serait le 0/20 immédiat !
☞ (Rien à voir…) J'espère que tu as bien choisi ton camp :
Dokdo ou Takeshima ???
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De Hinageshi
Oui, j'avais bien l'impression de trahir un possible — et peut-être excessif — fatalisme (peut-être parce que, à en croire des astronomes comme André Brahic, de toutes façons d'ici 100 millions d'années au maximum toute vie aura disparu de notre planète pour cause de rayonnement solaire en expansion…).
Et pour les conseils de lecture, je pense que je vais préférer Anselm Jappe à Lolo Ferrari (sorry, ouf59…).