Italie: L'annonce d'un «outing» de masse divise les militants homos
Dénonçant l'hypocrisie des parlementaires italiens, un activiste menace de révéler l'homosexualité de dizaines de députés qui ont voté contre la loi anti-homophobie en juillet dernier. Une méthode qui fait polémique.

Le blog est apparu en ligne la semaine dernière. Un simple rendez-vous, sur fond arc-en-ciel: 23 septembre, 10h. L'auteur promet de procéder ce jour-là à l'outing d'une dizaine de personnalités importantes, c'est-à-dire, comme il l'explique lui-même, «déclarer publiquement la pratique homosexuelle, ou d'autres sexualités différentes, de personnes connues et influentes.»
Une centaine de noms
Derrière cette menace, on trouve Aurelio Mancuso (photo). Ce militant gay est président de l'association Equality Italia après avoir dirigé le principal groupe LGBT italien Arcigay. Il fut aussi longtemps engagé politiquement derrière les Démocrates de gauche. C'est d'ailleurs par le combat politique que Mancuso justifie son intention d'outer d'abord des parlementaires, quelques semaines après le rejet - pour la deuxième fois - d'une loi anti-homophobie par les députés (lire notre article). «Nous avons décidé cela pour faire comprendre clairement que les règles de l'hypocrisie et de la discrimination sont en vigueur dans le Parlement italien. Il y a beaucoup d'autres hommes politiques dont nous connaissons les vraies orientations sexuelles, présents dans tous les partis, mais pour le moment nous nous limitons à publier une liste de ceux appartenant aux partis qui ont voté contre la loi sur l'homophobie.»
Mais le militant prévient: plusieurs listes pourront suivre, composées d'autres hommes politiques, mais aussi d'ecclésiastiques haut-placés, ou de stars du spectacle et de la télévision. En tout, une centaine de noms prêts à être dégainés en cas d'attaques homophobes de leur part.
«Agressif et violent»
Personne ne sait si Aurelio Mancuso mettra sa menace à exécution, mais son initiative provoque d'ores et déjà de nombreux débats chez les militants italiens. L'actuel président d'Arcigay, Paolo Patanè, s'est rapidement dissocié de l'opération et a fermement condamné le principe de l'outing, rappelant que tout le monde avait droit à une vie privée et que cette pratique allait à l'encontre de la dignité de la personne. D'autres associations, citées par le quotidien italien La Repubblica, ont des réactions similaires: «Nous n'approuvons pas l'outing, ni d'un point de vue humain, ni d'un point de vue politique», explique par exemple la présidente de Digayproject. «Et comment déterminer qui est homophobe? Celui qui vote contre la loi sur l'homophobie est homophobe? Je ne suis pas d'accord. L'outing est un geste agressif et violent, qui empiète dans la vie des gens, et déplace l'attention de ce qui est au départ une question politique.»
Certains appuis politiques du militantisme LGBT ont aussi affiché leur désapprobation. «La publication de ces noms est incorrecte, vulgaire et violente», réagit ainsi le président du parti Démocrate Ivan Scalfarotto, qui a démissionné du comité honorifique d'Equality Italia en guise de protestation.
«Remède extrême»
De son côté, la parlementaire ouvertement lesbienne Paola Concia s'est montrée moins véhémente, décrivant l'outing comme «un remède extrême, qui naît d'un état de fait, celui des homosexuels italiens, des citoyens sans droits». La députée du Parti démocrate rappelle en outre que cette pratique est assez habituelle aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Et certains militants LGBT se reconnaissent dans cette position plus modérée, considérant que dire la vérité n'est pas forcément faire preuve de violence.
En fin de compte, l'initiative d'Aurelio Mancuso fait peut-être trembler certains députés bons pères de famille, mais elle provoque aussi des crispations parmi les militants. Qui en sortira le plus affaibli? La réponse est attendue vendredi.











LES CHAÃŽNES 














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De Phil86
mais l'orientation sexuelle ***ne fait pas partie de la vie privée*** nom d'un pétard !!! les hétéros cachent ils leur orientation sexuelle sous prétexte qu'elle relèverait de leur "vie privée" ? bien sûr que non !!! tout ça c'est de la foutaise, pour maintenir les LGBT dans l'ombre... à partir de là , je suis tout à fait d'accord avec le fait d'outer des politiques (ou des ecclésiastiques) quand ils mènent des actions et tiennent des propos *homophobes*... la position ramollo de Patané ne tient pas la route une seconde : l'orientation sexuelle est bien évidemment du domaine du politique et donc du domaine public... voter *contre une loi protectrice des LGBT* est bien un *acte homophobe*, encore plus quand le politicien qui le commet est lui-même homo (politiquement c'est une trahison envers l'émancipation des LGBT)...
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De Kech
+ 100 000 !!!
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De Pascal Vanves
d'accord avec toi, point de retenue vis à vis de "honteuses" qui votent contre nos droits ou nous dénoncent comme pervers.
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De loloDamdam
Je ne suis pas pour l'outing en général, mais là , il s'avère que se serait juste. Raz le bol de ces pères et mères la morale qui font le contraire de ce qu'ils (elles) disent!
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De Le Gluon Rose
je plussoie, l'outing de personnes votant contre une loi anti-homophobie ne peut être que sanitaire, cela va remettre les pendules à l'heure dans une italie où l'hypocrisie, sur ce sujet, est reine.
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De vpi79
« déclarer publiquement la pratique homosexuelle, ou d'autres sexualités différentes, de personnes ».
Il n'est pas question ici de « l'orientation sexuelle », mais bien des « pratiques » sexuelles, qui sont totalement du domaine privé.
Bref qu'on dénonce la drague, le voyeurisme, voire aussi les activités directes ou indirectes de défense de la vie sociale des homos, c'est une chose, (cela ne veut pas dire pour autant que cela aboutit à une relation sexuelle, ce peut être un jeu social), mais dénoncer qui couche avec qui, c'est tout de même autre chose, non ?
Là je parle bien du premier commentaire: ce que font chacuns et chacunes dans leurs chambres et qui ils y invitent et ce qu'ils y font c'est du privé. Mais il faut dénoncer les contradictions dans les comportements sociaux, car ce sont justement eux qui dans le cas présent nous dérangent puisqu'ils influent directement sur les lois (ou l'absence de lois).
En revanche, s'ils font cela dans la sphère publique et non dans des lieux privés, et décident même de s'exposer dans leurs activités et leurs parties intimes sur Internet, de sorte qu'ils n'ont même pas pris soin de préserver leur vie privée mais se sont exposés volontairement (même en croyant que cette exposition serait limitée, par exemple sur des sites Internet), alors oui il n'y a pas de raison de le taire: qu'ils assument leurs actes publics tous ces élus qui nous fustigent.
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De Phil86
un politicien *homophobe* qui a des *pratiques homosexuelles* dans sa sexualité est un gros hypocrite et un outing de cette personne est selon moi tout à fait justifié...
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De Terminalose
L'outing de masse pour les personnes publiques : oui. Mais cette angélisme à vouloir outer "les méchants" c'est n'importe quoi.
Qui décide qui sont les méchants, sur quel critères ?
Il faut outer tout le monde ( à partir d'un certain niveau de notoriété) sans distinction, je ne vois pas en quoi dire "je suis homosexuel" est préjudiciable en occident en 2011.
Sinon Christophe Willem sort un nouveau single, assez mauvais d'ailleurs. Faites le lien.
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De vpi79
Dernière note: on a un droit aussi à l'oubli. Il ne faudrait pas non plus exposer les « vieilles casserolles » et les actes autrefois asuumés sans crainte et aujourd'hui plus voulus du tout parce qu'on a changé de vie, réduit ses pratiques hasardeuses, trouvé une voie après les errements de jeunesse: il faut alors une période de prescription des actes passés, pour ne pas dénoncer ce qui est du passé et ne correspond plus à la réalité présente: je suis donc aussi opposé à ce qu'on colle des étiquettes à vie aux gens, pour des actes qui ne relevaient pas de l'interdiction par la loi ou du crime, pratiqués alors de bonne foi par des personnes consentantes, que ces actes aient été mûrement réfléchi ou non, alors qu'ils relevaient de l'émotion instantanée.
Et là je ne dis pas que ces personnes ont commis des « erreurs ». Mais on apprends tous à commencer par nos erreurs et hésitations (d'ailleurs il n'y a que comme ça qu'on apprend, et c'est pour ça aussi que la loi protège les enfants des conséquences les plus graves de leurs actes, et admet des circonstances atténuantes: un principe qu'il ne faut pas vouloir renoncer, car on est tous passés par là ).
La sexualité humaine reste évolutive, et c'est pour ça que la loi doit aussi se montrer tolérante et ne pas entraver ces évolutions normales (dans une direction ou une autre) qui font partie de la vie.
Mais quand on a l'âge de devenir député et de se faire élire en gagnant la confiance des autres, on a tout de même la responsabilité de ses actes publics (je ne parle pas des « choix » ou même préférences, car ça c'est de l'ordre de l'orientation sexuelle, qu'on ne maitrise pas vraiment et qu'on ne choisit pas de façon raisonnée): il n'y a pas à faire de dichotomie entre deux vies publiques ou sociales d'un élu.
Si le matin il vote contre une loi destinée à égaliser les droits des homos, et le soir il va à l'encontre de son vote et partage une vie sociale hors de son domicile privé, par exemple en s'exposant sur Internet, ou en allant fréquenter les bosquets ou les lieux de consommation sexuelle ouverts au public, en acceptant des relations même avec des « inconnus », il n'y a pas de raison de ne pas relever cette contradiction chez ces élus qui ont une attitude publique hypocrite et contradictoire.
Leur vie publique s'arrête à la porte de leur domicile (même temporaire, tel qu'une chambre d'hôtel) et on n'a pas à priori à se demander ce qu'ils font avec ceux qui y sont invités, tant qu'il n'y a pas eu maltraitance ou relations forcées.
Mais on doit pouvoir en revanche révéler leurs écrits publics, leurs profils sur Internet, les photos d'eux-mêmes qu'ils y ont publié, les photos prises d'eux dans des soirées « chaudes » et dans certaines discothèques prises par les participants (tant que le règlement du lieu ne prévoyait pas une exception de préservation de la vie privée qui ne doit pas sortir des portes de l'établissement en question, par exemple l'interdiction explicite des photos prises par des tiers sans autorisation préalable)... etc.
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De Phil86
concernant les politiciens, les critères sont assez faciles à trouver : leurs votes en tant que parlementaires, leurs propos, leurs actes politiques... voter contre la loi anti-homophobie est bel et bien un acte politique homophobe ; ou voter contre l'ouverture du mariage aux homos (= refuse de voir les homos accéder à l'égalité en matière matrimoniale)
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De phenix
Je suis bien d'accord sur cette argument...
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De Korial : je vis avec Robocop
+10000 sur tout ce qui a été dit rien à ajouter...SIIK