Indonésie: Le festival de cinéma LGBT de Jakarta sous la menace des intégristes
Il fête ses dix ans, mais ne le dîtes à personne. Sous la pression des fondamentalistes musulmans, le festival indonésien de cinéma gay et lesbien fait profil bas pour éviter un regain de violences contre la communauté homosexuelle.

Soirée d'ouverture du festival de cinéma gay et lesbien de Jakarta, le 3 octobre.
Des menaces, il y en a eu dès le début, en 2001. Un paquet de lettres d'insultes, quelques coups de fil haineux, plusieurs e-mails rageurs. Désagréable, bien sûr, mais pas de quoi s'inquiéter outre-mesure. En montant un festival de cinéma gay et lesbien en Indonésie, le plus grand pays musulman au monde, les organisateurs de Q! (comme «queer») s'attendaient à faire grincer des dents. Jusque là, les salles obscures de Jakarta voyaient plutôt passer des blockbusters américains où l'amitié virile se consomme avec modération.
150 films, 9.000 spectateurs
Autant dire qu'avec ses 150 films venus du monde entier projetés en une semaine autour des thématiques LGBT et droits de l'homme, la manifestation s'est vite taillée une réputation dans l'archipel indonésien: jusqu'à 9.000 spectateurs par édition, un succès inespéré dans ce pays aux mœurs conservatrices.
La gifle n'en a été que plus violente. L'an dernier, 200 membres du Front des défenseurs de l'islam (FPI), un groupuscule radical, se regroupent devant l'un des cinémas partenaires et hurlent à l'immoralité. Les plus remontés s'introduisent en pleine séance et obligent les participants à décliner leur orientation sexuelle. Le public, traumatisé, n'a rien d'autre à faire que fuir. «Il n'y avait pas de plan de sécurité, on aurait jamais pensé qu'ils s'en prendraient vraiment à nous, c'est notre plus grande erreur», regrette la directrice de Q!, Putri Wismurti, qui, ce jour-là, a été suivie, obligée de dormir chez des amis puis de changer d'abri chaque nuit pour semer les intégristes.
«Il s'agit seulement de droits humains»
La cuvée 2011 du festival, qui se termine ce soir, en a tiré les leçons. Inscription préalable des membres, contrôles d'identité, plan média intraitable... En deux mots profil bas, pour éviter de nouveaux débordements et protéger les bénévoles. «Ces gens ont l'air de penser que Q!, c'est une fête queer avec sexe et alcool à gogo, alors qu'il s'agit seulement de droits humains», témoigne Jeffrey, un habitué.
Comme lui, beaucoup s'alarment d'une montée de l'intolérance religieuse, confortée par le silence du gouvernement, qui n'a jamais condamné les agissements du FPI. De quoi faire enrager Putri Wismurti. «Les extrémistes sont lâchés dans la nature et se prennent pour une police morale. Mais l'Indonésie, c'est une République! Les autorités devraient agir, mais elles ont besoin de ces groupes pour faire diversion et passer sous silence les scandales de corruption généralisée qui touchent le pays». Sentiment partagé par la cinéaste indonésienne Ria Irawan, auteur de l'un des 85 courts et moyens métrages diffusés cette semaine : «En tant qu'être humain, je me bats pour que les gens qui choisissent leur orientation sexuelle puissent s'afficher librement. En tant qu'artiste, cette instabilité a du bon, elle m'oblige à être toujours plus créative pour dénoncer les abus causés à la communauté LGBT».
Photo: V.S. pour TÊTU.











LES CHAÃŽNES 














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De Alex Simons
Toujours ces intégristes soi-disant défenseurs d'une morale qui n'existe que dans leur "livre sacré", affligeant!
Je reviens juste sur les paroles de la cinéaste Ria Irawan:
"En tant qu'être humain, je me bats pour que les gens qui choisissent leur orientation sexuelle puissent s'afficher librement": C'est tout à son honneur, sauf qu'ils NE LA CHOISISSENT PAS, cette orientation!
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De Alex Simons
zut, il fallait lire: "défenseurs d'une soi-disant morale..."
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De Tilit. La memoria de Daniel Zamudio ha sido honrada.
Et non, on ne la choisi pas, raison pour laquelle si dieu nous créa à son image (pour les créacionistes bien sûr) , dieu est aussi gay.......