Inde: un site de rencontre pour transgenres
C'est un projet unique au monde. Kalki Subramaniam, transsexuelle indienne à l'origine de cet site «matrimonial» pour transgenres M to F, raconte les dessous du projet à TÊTU.

C'est le dernier avatar des sites de rencontres communautaires, mais c'est aussi le premier au monde dans sa catégorie: cette semaine a été lancé Thirunangai, un site indien dédié aux trans «M to F» (male to female) à la recherche de l'homme idéal. «Thirunangai» signifie «femmes respectables» en tamoul.
Kalki Subramaniam (photo), l'activiste de Chennai (côte sud-est de l'Inde) à l'origine du projet, dévoile ses intentions pour TÊTU: «Avec ce site, je cherche d'abord à aider les femmes transsexuelles à trouver le compagnon parfait. Mais je veux aussi soulever la question de leur droit au mariage et à l'adoption.» Six profils, tous rédigés en tamoul, sont déjà en ligne. Kalki attend les premiers retours pour poster de nouvelles annonces.
200.000 transgenres en Inde
En Inde, le nombre de personnes transgenres, appelées hijras dans le Nord et aravanis dans le Sud, est estimé à 200.000. Autrefois influents dans les cours des maharadjahs, les hijras furent marginalisés par les Britanniques. Groupe hétéroclite composé d'eunuques, d'hermaphrodites, de travestis, de transsexuelles pré- et post-opératoires, ils sont aujourd'hui pour la plupart voués à la mendicité et souvent à la prostitution.
Kalki Subramaniam est une exception. Agée d'une trentaine d'années, cette jolie transsexuelle est diplômée en journalisme et en communication et s'exprime, comme sur son blog, dans un anglais soigné. Elle dirige la Sahodari Foundation, un mouvement de défense des droits des personnes transgenres à Chennai. «Nous sommes exploitées, sexuellement, financièrement, socialement. Ma question tient en un mot: pourquoi?»
Elles n'osent plus rêver
Rejetées par leur famille en raison de leur identité de genre, sans papiers d'identité, sans droit au mariage, les hijras ne bénéficient d'aucune sécurité. «Pourtant nous plaisons aux hommes. Beaucoup de transsexuelles vivent déjà avec leur compagnon. Mais dès qu'il s'agit d'engagement, il s'enfuit», s'indigne Kalki. Selon elle, les trans indiennes, habituées à la discrimination et au harcèlement, n'osent même plus rêver d'amour.
Le profil de Kalki ne se trouve pas (encore ?) sur le site. Mais elle imagine son mari comme «un gentleman qui me traitera comme son égale. Mon identité de genre ne lui posera pas de problème, et il m'aimera pleinement. Et s'il parle tamoul, c'est encore mieux!».
Photo: DR.
Voir le reportage de NDTV, l'une des principales chaînes de télé anglophones d'Inde.





















De GouineMum
Unique au monde très certainement pas : de telLEs sites et "agences" existent dans un tas de pays.
Ensuite, pourquoi exclure les FtM ? Ils n'ont pas le droit de se marier ? Ou n'y aurait-il pas de FtM en Inde, sur un bon milliard d'habitantEs ? N'importe quoi.
Et aussi : Pourquoi uniquement pour les MtF hétérotes ? N'y aurait-il donc pas de lesbiennes parmi les hijras ? (comme partout ailleurs de par la planète) Re-n'importe quoi.
Bref, ça m'a (une fois de plus) l'air d'une entreprise commerciale bien normative, qui exploite une discrimination au lieu d'aider à la combattre.
De Synh
Attention toutefois : si des sites comme celui ci existent bel et bien, ils n'ont pas toujours la vocation de vouloir aider les gens à se trouver quelqu'un. Il y a des réseaux de prostitution sous-jacents. Et personne sur ce site ne pourra dire si oui ou non ce nouveau site n'aura pas les mêmes dérives.