Etats-Unis: une cadette fait son coming out et quitte l’armée
Parce qu'elle est lesbienne, Katherine Miller a choisi de claquer la porte de l'école militaire West Point. Le «Don't ask, Don't tell» empêche toujours les personnes LGBT de servir dans l'armée. Une politique que Barack Obama avait pourtant promis de réviser.

Que fait-on quand on est lesbienne et que l’on travaille dans l’armée américaine? La réponse est simple: on démissionne. C’est ce que vient de faire Katherine Miller, une cadette de l’école militaire de West Point. La raison? Il lui était devenu impossible de supporter la chape de plomb sous laquelle l’armée américaine enferme les militaires homos. L’affaire a fait grand bruit outre-atlantique, au moment où la politique du «Don’t ask, Don’t tell» n’a jamais été autant critiquée.
Arrivée neuvième de sa promotion (sur 1.100), l'étudiante est décrite par ses professeurs comme brillante. Elle aurait dû commencer en septembre sa troisième année de sociologie, mais pour ça elle aurait dû continuer à se taire. La cadette a fait le choix du coming out. Et donc de prendre la porte. «Je ne voulais plus mentir sur ma sexualité, explique-t-elle, pour moi, l’attitude de l’armée est incompréhensible.»
Dissimuler
«Don’t ask, Don’t tell», littéralement «Ne rien demander, ne rien dire», désigne la politique de l’armée américaine vis-à-vis de l’homosexualité. D’un côté les supérieurs ne doivent poser aucune question relative à la sexualité d’un soldat, et de l’autre aucune personne ouvertement lesbienne ou gay n’est autorisée à devenir militaire. Résultat: des centaines de soldats sont contraints de dissimuler leur sexualité de peur de perdre leur travail.
Porter un masque, c’est ce qu’a fait Katherine Miller pendant deux ans. Dans la lettre de démission envoyée aux responsables de West Point, elle explique qu’elle ne voulait plus «s’inventer constamment une fausse vie hétérosexuelle» et qu’elle voulait faire de son cas «un exemple des conséquences des politiques injustes en place». L’occasion de rappeler Barack Obama à l’une de ses promesses de campagne (lire notre article).
«Citoyenne de seconde classe»
Les médias américains ont découvert au cours du week-end que la cadette possédait un blog. Elle s’y livrait anonymement sous le pseudonyme de «citoyenne de seconde classe», partageant son quotidien sur le campus et les stratégies qu’elle mettait en place pour cacher son homosexualité à ses condisciples. Elle y explique que sa petite amie Kristine devenait Kris quand elle passait les portes de l’école.
La décision de la direction de West Point devrait être rendue la semaine prochaine. Pas d’inquiétude à avoir pour autant, Katherine Miller est d’ores et déjà admise à l'Université de Yale pour la rentrée. Elle a déclaré avoir obtenu une bourse pour les étudiants LGBT avec laquelle elle se battra pour mettre fin au «Don’t ask, Don't tell». Et puisque celui-ci devrait être tombé à la fin de l'année (lire notre article), elle espère pouvoir réintégrer West Point à la rentrée 2011. En tant que lesbienne cette fois.
Photo: DR.












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De Caroline.T
Ils savent ce qu'ils perdent comme ça, vivement l'abrogation de cette ignoble discrimination.