Entre marketing et authenticité, la prospérité des quartiers gays en débat à Berlin
L'offre commerciale dans les quartiers gays était au programme des questions abordées par les quelque 150 participants à la conférence internationale organisée en cette fin de semaine à Berlin par Maneo, l'association de lutte contre l'homophobie en Allemagne.
A Berlin, de notre reporter
«Les touristes LGBT aiment bien dépenser», affirme Ian McMahon, entrepreneur très actif dans le quartier rose De Waterkant, au Cap, en Afrique du Sud. «Il est donc important de connaître les préférences de ces touristes afin de répondre au mieux à leurs besoins lorsqu'ils visitent notre quartier.» Et d'ajouter avec le sourire: «Cela permet de leur proposer une "offre tout compris" et pas seulement une simple fête LGBT.» Le militant gay sud-africain fait le bilan des informations échangées en cette fin de semaine à Berlin, lors de la conférence internationale de MANEO consacrée aux quartiers LGBT: «Nous avons identifié ce qui attire en général les touristes LGBT: la restauration, la plage, l'offre culturelle et la vie nocturne.»

Chaque année, le Mardi Gras gay fait converger des dizaines de milliers de touristes sur Oxford street, à Sydney. Au risque de dénaturer le quartier gay de la ville?
Magasins mainstream
Une préoccupation majeure ressort toutefois des discussions entre les différents acteurs impliqués dans l'épanouissement des populations LGBT du monde entier: il est indispensable de trouver un équilibre entre encouragement du «tourisme rose» et protection des populations LGBT résidentes. «Prenez Oxford Street à Sydney, c'est un paradis perdu», regrette Ian Johnson, fondateur de l'agence de marketing LGBT Out Now. «Ce quartier LGBT a perdu son identité à la fin des années 90 en devenant très attractif avec le tourisme. Oxford Street a attiré les investisseurs et aujourd'hui, beaucoup de magasins mainstream remplacent des établissements gays autrefois légendaires. Cela montre la fragilité d'un quartier LGBT et la nécessité d'une protection politique.» A ce titre, l'agence Out Now mène en ce moment une enquête LGBT2020 en plusieurs langues afin d'informer les décideurs politiques comme les entrepreneurs sur les besoins des populations LGBT.
«Nous avons pu définir de nombreux besoins communs aux populations de nos quartiers LGBT respectifs», renchérit Ian McMahon, du Cap, au terme des quatre jours d'échanges intensifs de la conférence internationale. «Les demandes de campagnes de prévention contre le sida et les demandes d'encadrement des jeunes comme des seniors LGBT sont les revendications qui reviennent le plus fréquemment.» Jeff McGuire, chef de police adjoint de Toronto longtemps en service dans le quartier LGBT de la ville canadienne se dit quant à lui impressionné des souhaits répétés de coopération avec les services de police: «L'existence de policiers gay-friendly sachant également reconnaître des actes de violence homophobe semble indispensable pour assurer un climat de sécurité pour tous.»
Prospérité
Plusieurs questions relatives au marketing LGBT résonnent dans l'enceinte de la mairie de Schöneberg-Berlin qui, en 1994, affirmait sa volonté de lutter contre l'homophobie en hissant un drapeau arc-en-ciel: faut-il réserver le marketing LGBT aux quartiers LGBT ou est-ce risquer une certaine ghettoïsation? Faut-il élargir les populations cibles ou est-ce risquer la perte d'une identité LGBT?
Un point s'avère fédérer les différents acteurs qu'ils appartiennent à la mairie d'une ville, à un bureau de police, à une association ou une entreprise LGBT: plus la visibilité des populations et des activités LGBT est grande, plus l'acceptance sociale va de soi. «Tolérance, diversité et ouverture d'esprit contribuent à rendre une ville attractive», rappelle Kieran Rose. Selon le responsable des relations internationales à la mairie de Dublin, le développement du tourisme rose influencerait donc positivement toute l'économie d'une ville. Enfin, l'Irlandais fait référence à «l'index gay» de l'économiste américain Richard Florida: «Plus les populations LGBT d'une ville sont importantes, plus la ville est prospère!»











LES CHAÃŽNES 














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De jlth
La "vraie" intégration dans la vie de la cité n'est-elle pas justement la fin des quartiers purement LGBT, un peu comme on peut le constater à San Francisco ?
Castro, après avoir été le phare de la communauté pendant des décennies, est plutôt aujourd'hui un quartier de mélanges, de créations et d'exemple de tolérance, la communauté LGBT demeure naturellement majoritaire, mais est également présente dans d'autres quartiers de la ville.
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De Alex Simons
Je suis plutôt de ton avis: comment peut-on faire évoluer les mentalités de la majorité si on se renferme sur nous en vivant dans des quartiers exclusivement lgbt? Je crois que cette forme de ghettoisation ne peut que renforcer les préjugés et conduire certains hétéros à nous considérer encore comme des personnes différentes.
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De Youkounkoun
Je suis en accord et en désaccord avec ce que dit jlth, mais c'est le désaccord qui m'inspire les lignes qui suivent.
Nous avons une fâcheuse tendance à l'auto-flagellation et à critiquer le repli sur la communauté pour donner des gages de bonne volonté pour nous intégrer. En bref à ressortir les arguments de nos pires détracteurs. Et à nous priver ainsi de nos faibles moyens de réaction.
Bon sang, c'est le monde à l'envers ! C'est parce que la communauté de tous nous est encore parfois hostile, voire interdite, que nous avons inventé la nôtre ! C'est au mieux une communauté de repli, pour certains un refuge, elle vaut ce qu'elle vaut mais elle a le mérite de ne nuire à personne, de servir souvent de réconfort aux plus isolés des nôtres, et surtout de servir de moteur principal à l'amélioration de notre quotidien.
Il y a au sujet des mots communauté et communautarisme une confusion dont tout le monde semble s'accommoder comme d'autres le font entre orientation sexuelle et pratiques sexuelles. Et ça aussi ce sont les premiers effets d'un bourrage de crânes réussi sur les fléaux d'un prétendu communautarisme. Aujourd'hui, on tape par terre et il sort cent pédés qui se disent hors-ghetto. Et ensuite ? Le fait de ne plus nous saouler dans les bars nous rend-il la vie plus belle dans la République de 2011 ?
Il faut être très vigilants, nous obtiendrons l'égalité des droits et une homophobie contenue avant de nous fâcher avec notre tissu associatif qui est encore le seul à relayer les informations qui nous concernent. C'est dans ce sens que les choses doivent se faire.
Ici même, sur Tetu.com, nous sommes au coeur de la communauté, le débat qui nous anime est communautaire, initié par un support d'informations communautaires. Et si c'est ici et nulle part ailleurs ce n'est toujours pas un hasard, c'est parce que c'est ici qu'on s'adresse à nous, qu'on nous tient au courant de ce qui nous tient à coeur, de ce qui concerne nos semblables, ici et ailleurs dans le monde.
Le communautarisme hétéro est un fléau, lui oui, c'est incontestable !
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De jlth
A la lecture de ton post Youkounkoun, je pense que je me suis mal exprimé, ou pas assez clairement.
Ce que je voulais dire, c'est que Castro a été un repère et une affirmation indispensable de la communauté LGBT. Une fois que cette communauté a obtenu la visibilité et la reconnaissance qu'elle était en droit d'attendre, Castro a perdu une partie de son intérêt "politique" pour devenir une quartier branché comme un autre, les LGBT se dispersant sur l'ensemble de la cité.
En disant cela, je ne nie pas son rôle majeur, bien au contraire. J'aimerais plutôt qu'il ne soit plus nécessaire de se regrouper pour pouvoir exister.
Je te rejoints totalement sur l'indispensable nécessité d'être vigilant face à l’homophobie, que certains n'hésitent pas à banaliser :((
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De Youkounkoun
Je n'en doute pas jlth. Je réagissais surtout à la lecture biaisée qu'on peut en faire, j'espère moi non plus ne pas avoir été ambigu.
Et le jeune Alex M, aussi sympathique soit-il, a réagi dans le sens que je redoute, qui est celui du dénigrement de toute forme de vie communautaire sous prétexte d'une condamnation honorable mais inutile du communautarisme.
Car je défie quiconque de trouver une revendication communautariste émanant des mouvements LGBT contemporains !
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De jlth
T'inquiètes, Youkounkoun, rien d’ambigu dans ton post.
Tu as bien fait de faire une mise au point très claire, en des termes que je partage entièrement, notamment sur la différence entre "communautaire" et "communautariste".
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De alun
Encore une fois merci Youkou ca m'évite de la peine!