Eglise catholique: élection de François, un pape contre l'égalité
«Un nouveau pape, mais rien de nouveau pour les droits des personnes LGBT»: le Jorge Bergoglio avait déjà combattu très vivement la légalisation du mariage pour tous dans son pays, l'Argentine, et les droits des transgenres.

Premier pape venu du continent américain, l'Argentin Jorge Mario Bergoglio a été élu hier soir pour succéder à Benoît 16. L'archevêque de Buenos Aires a choisi le nom de François, qui sera porté, également pour la première fois, par un souverain pontife. Agé de 76 ans, il est le premier jésuite à monter sur le trône de saint Pierre.
Mais ceux qui avaient espéré une position plus tolérante de l'Eglise après la démission historique de Benoît 16 le 28 février (lire notre article) en seront pour leurs frais. Opposé à l'avortement, Bergoglio avait vivement combattu la légalisation du mariage des couples homosexuels en Argentine en 2010.
«Démon infiltré»
Dans une lettre aux monastères argentins, tandis que le projet de loi sur l'ouverture du mariage était dans les tuyaux, il avait en effet écrit: «Ne soyons pas naïfs, on ne parle pas ici d'une simple bataille politique. (Le mariage des couples homos est) un tentative de destruction de la volonté de Dieu. Nous ne parlons pas d'une simple loi mais d'une machination du père des mensonges qui vise à perturber et tromper les enfants de Dieu.» Quand la loi a été votée, il n'a pas hésité à parler de «pas en arrière au niveau anthropologique» et même de «démon infiltré dans les âmes»…
Sans surprise, il était également opposé à l'adoption par les couples homosexuels, parlant de «menace pour l'identité et la survie de la famille» et déclarant que c'est une «discrimination dès le départ» pour les enfants qui seront «privés des apprentissages humains apportés par un père, une mère, et voulus par Dieu».
Contre les transgenres
Et ce n'est pas que sur ce point que le cardinal Bergoglio s'était frontalement opposé à la présidente argentine Cristina Kirchner. Il s'était également opposé à la loi favorable aux transgenres leur permettant de choisir le genre inscrit sur leur état-civil.
Philippe Clanché, chargé des questions religieuses dans l'hebdomadaire progressiste Témoignage chrétien, analyse ainsi l'élection du pape: il «vient d'un pays qui est en forte sécularisation avec des débats importants, notamment autour du mariage homosexuel. Il a eu à s'affronter à ces questions là. Il a pleinement défendu la ligne catholique mais il sait ce que sont des sociétés laïques et en cours de sécularisation. Politiquement, il était proche des gouvernements péronistes. Il n'était pas dans les courants progressistes», explique-t-il.
Pas un allié des LGBT
«Un nouveau pape, mais rien de nouveau pour les droits des personnes LGBT», écrivent Gloria Careaga et Renato Sabbadini, co-secrétaires généraux de l'ILGA. «Le mouvement LGBT était bien sûr conscient depuis le début du conclave qu'aucun des papabili pouvant être considéré comme futur pape ne ferait un dirigeant progressiste de l'Eglise catholique romaine. Toutefois, si le nouveau pape est effectivement engagé dans la lutte contre l'injustice de la pauvreté, alors peut-être réalisera-t-il que les personnes marginalisées en raison de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre se retrouvent dans le même cercle de pauvreté et d'exclusion sociale que les autres.»
«Comme beaucoup d'autres catholiques dans le monde, j'espèrais que l'Eglise envoie le signal qu'elle cesserait d'attaquer nos familles», déclare aujourd'hui Joe Mirabella, le directeur des campagnes de All Out. «Hélas, l'élection de Jorge Bergoglio montre que les LGBT et leurs amis ne trouveront pas d'allié en la personne du pape François, qui est contre l'égalité. Il va nous falloir travailler encore plus dur pour la réforme et la modernisation de l'Eglise.»
Avec AFP. Photo: AFP.










LES CHAÃŽNES 











10
De jeano
on a eu un vieux non réaliste et en voilà un autre!!!!il n'y a pas de surprise pour nous!
3
De mrtoo
Je préfère la célèbre femme argentine (madame Krischener) au nouveau célèbre vieux argentin perso...
7
De GWENDAL34
Le changement dans la continuité...........Pauvre (contraire de riche) église!!!!!!!! A 76 ans et un poumon il va pas aller bien loin celui là ..........et en plus il aime les pauvres . Manquait plus que ça. Quel foutage de gueule.
6
De vpi79
On ne retiendra que son combat pour un traitement social et humain, et pour moisn de palabres et de dépenses somptuaires dans l'Eglise.
Cependant comme en Argentine, l'Eglise ne gardera son message que pour les croyants qui veulent la suivre, mais elle sera incapable de l'imposer. Ce n'est pas son rôle.
La loi passera avec ou sans son accord, seulement parce que c'est le consensus social et démocratique. Mais tôt ou tard, l'Eglise se rendra compte qu'il est plus important pour elle de vivre en harmonie avec le consensus social, qui apporte paix, sécurité et développement des individus, et ne nuit pas à la spiritualité individuelle.
La question du mariage civil n'est pas dans ses cordes, l'Eglise n'a rien à dire sur ce sujet, pas plus que sur la parentalité légale. Mais l'Eglise doit apprendre à respecter les familles légales telles qu'elles sont et à les aimer, même si elle ne promeut pas ce modèle pour tout le monde. Et laisser leur liberté de conscience aux individus (même parmi les LGBT il y a des croyants qui sont en accord avec leur foi et ressentent la présence de Dieu qui les aime comme ils sont et ce n'est pas au clergé de l'Eglise d'en douter et s'interposer dans la relation nique et personnelle entre le croyant et le Dieu auquel il croit). L'Eglise doit réaliser que son rôle n'est pas là : elle est là uniquement pour préserver le sens des textes sacrés, et les remettre dans leur contexte historique (où ces textes ont été écrits d'abord pour un consensus social plus favorable et plus humain que ce qui se pratiquait alors sans aucune réflexion ou par des pouvoirs imposés par des dictateurs, empereurs, ou divers souverains ayant pris pour eux le droit de vie et de mort contre leurs "sujets" d'alors).
L'Eglise a ensuite dérivé et s'est octroyée les croyants comme ses "sujets" (surtout à partir du moment où le clergé s'est érigé en puissance souveraine et imposé les lois civiles CONTRE la volonté sociale et démocratique). Le clergé n'est pas l'Eglise, c'est juste une entité administrative humaine qui n'a rien de sacré et qui n'émane pas de Dieu mais de la seule volonté de quelques humains.
Le haut-clergé ne peut donc pas humainement même interdire à ses prêtres de bénir des unions, fut-elles homosexuelles. Dès lors que les couples sont croyants et en font la demande, c'est leur foi qui ne doit pas être mise en doute. Bénir cette union n'a rien de choquant au plan spirituel, l'Eglise est là d'abord pour véhiculer un message d'amour et de paix et tout faire pour assurer l'harmonie entre les hommes.
(Noter aussi qu'il n'est plus tenable que l'Eglise interdise le mariage des prêtres. Sachant qu'elle a admis les pasteurs mariés à le rester même s'ils se convertissent au catholicisme et deviennent prêtres, et aussi à garder les liens familiaux et notamment parentaux). Vouloir absolument que les prêtres ne se marient pas ou n'aient pas d'enfants a causé trop de traumatismes sociaux (complètement opposés aux messages d'amour et de paix que l'Eglise devrait protéger).
Pour ces raisons, je reste croyant, mais je refuse maintenant toute sacralisation du clergé (et notamment des papes). C'est un choix personnel et l'Eglise n'a rien à dire à ce sujet, et je ne la crois pas du tout quand elle prétend que Dieu commande que ma vie homosexuelle est un "péché" (envers qui ? pas envers Dieu, seulement contre les stupides "lois" cléricales qui ont oublié totalement que leur fondement initial était de fonder un ordre social pour la paix parmi les hommes, durant leur courte vie).
Quel est le rôle de l'Eglise ? Pas celui d'enseigner une "doctrine" mais pousser les hommes dans leurs choix d'action à réfléchir sur le sens de ce qu'ils sont et ce qu'ils font, et apprendre à se respecter entre eux. Pour éviter des décisions et actes irréfléchis ne tenant pas compte des autres au point de ne plus les respecter pour ce qu'ils sont.
L'Eglise n'a aucun pouvoir à changer les LGBT pour ce qu'ils sont profondément et qu'ils n'ont pas consciemment choisi de façon irréfléchie et arbitraire. Dès lors que les LGBT n'ont aucune problème de conscience et ont réfléchi au sens de leur vie, s'ils veulent croire à un créateur, c'est leur choix. L'Eglise ne peut créer aucun croyant.
4
De étoile2013
C'est un nouveau faux-gentil à l'allure sympathique et simple pour mieux berner les gens, beau parleur !!! Mais nous ne sommes pas dupes !
2
De Frozen
Et alors? il représente une institution qui n'assume pas l'homosexualité de toute manière. Tout ça c'est du blabla pour pas grand chose. Son point de vue ne fait pas la loi vu que la plupart de nos pays occidentaux font la césure entre l'état et la religion. Est-ce vraiment pertinent de se mortifier sur le conservatisme du nouveau pape? Non, ce n'est pas si important, il fera sa petite vie de pape et les mentalités/Les lois continueront à avancer pour plus d'égalité, pape progressiste ou non.
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De Youkounkoun UMPhobe décomplexé
Meuh non, Pope Fanfan aime les personnes homosexuelles : http://www.lavie.fr/religion/lamatinale/le-pape-francois-favorable-aux-unions-civiles-homosexuelles-18-03-2013-37857_400.php