Divers/Cité (5): Mylène Farmer, Madonna, Cher... Mado dégomme les divas gays
EN DIRECT DE DIVERS/CITÉ. Mado, la plus célèbre des drag queens de Montréal, «rend hommage, ou plutôt dommage, aux divas gays» au cours de son spectacle. Le récit comme si vous y étiez.
De notre reporter à Montréal
«Fuck you, stupid Harper !» Applaudissements nourris. «Oui, j'envoie chier le gouvernement conservateur de c'pays.» Le ton est donné. Comme à son habitude, Mado, la plus célèbre des drag queens de Montréal («et du monde», dit-elle), ne va pas mâcher ses mots. Mado, elle est comme ça, le verbe décapant, l'humour tranchant, la langue bien pendue. Sa cible dans ce show ? Les chanteuses que les gays vénèrent contre vents et marées. «Ce soir, c'est un gros karaoké fif [pédé] !», balance la diva aux jambes de star hollywoodienne. Avant d'ajouter : «On va chanter des tounes [chansons] gays que même les filles à tapette connaissent». Apparemment, Mado a raison : toutes les filles du cabaret hurlent de plaisir.
De Dalida aux Spice Girls
«La Guerre des bitches», le nom du spectacle qu'elle a préparé pour le festival Divers/Cité, peut commencer. Meringue sur la tête, tenue kitsch, micro en diamants, Mado entonne le queerissime «Strong enough» de Cher, «pour les moumounes [pédé] de 50 ans». Aïe ! Puis elle entame une série de chansons dont elle a revisité les paroles. Des chansons de la plus célèbre des Québécoises qui à ses débuts était déjà «young and ugly, et avait deux ostie de canines de vampire». Vous avez deviné ? Oui, Céline Dion est un de ses souffre-douleur préférés. Et elle enchaîne : les Spice Girls («J'vais fucker les paroles, c'est sûr!»), Kylie Minogue («la plus drag queen des chanteuses, mon idole»), Madonna («J'aime pas Madonna»), Britney («Quand les paroles sont niaiseuses, j'arrive pas à les apprendre»), Mylène Farmer («la Madonna de France»), Dalida, France Gall, Desireless et son «Voyage, voyage», «ma chanson quétaine [ringarde] préférée des années 80»...
Bon, soyons honnête : Mado n'est pas une grande chanteuse. Elle le dit elle-même, d'ailleurs. Son public vient plutôt chercher une pique assassine, une vacherie bien balancée, des allusions graveleuses («Je suis une vrai salope qui aime se faire fourrer» ou «Machez bien avant d'avaler, ça élimine les grumeaux»). Alors, au diable le son baloche et les fausses notes ! Tout le monde chante, tout le monde s'égosille. On est là pour rire.
«Maudits Français!»
Et ça marche : le cabaret Mado ne désemplit pas. Car dans le Village, Mado est une véritable institution. Elle trône depuis sept ans sur Sainte-Catherine Est, le cœur du quartier LGBT de Montréal. Entre Le Campus, une boîte de strip-tease homo, et Le Centre du rasoir, impossible de la rater. Les hétéros viennent s'encanailler, les touristes anglophones accourent, les Français aussi, même s'ils ne comprennent pas toujours les jeux de mots ou la chute d'histoires qui font pisser de rire le public. D'ailleurs, les («maudits !») Français en prennent largement pour leur grade entre deux tubes de divas. Qui aime bien, châtie bien.
Au menu, le vendredi 31 juillet:
Arrivée du rallye à bicyclette «Friends for life» au parc Emilie-Gamelin, à 16h30. Les fonds recueillis par cette randonnée de 600 km entre Toronto et Montréal viennent en aide aux hommes, femmes et enfants qui vivent avec le VIH.
New Society, avec Infected Mushroom, DJ Insomnia et DJ Wizz, sur la scène Loto-Québec, parc Emilie-Gamelin. A 17h30 ; entrée libre.
Nuit trance, avec Infected Mushroom, DJ Clown et Nick Pilon, au théâtre Telus, 1280, rue Saint-Denis. A minuit ; 45 dollars canadiens (30 euros).











