Divers/Cité (4): Standing ovation pour la diva drag gay Joey Arias
EN DIRECT DE DIVERS/CITÉ. «Cabaret de minuit, The New York Series» propose, dans le cadre du festival, de jouer avec le féminin-masculin. Joey Arias, légende de la nuit new-yorkaise, faisait partie de la programmation. Elle a offert mardi soir au Koko Bar un spectacle piano-voix époustouflant.

Photo: Aydin Matlabi
De notre reporter à Montréal
Lounge d'un hôtel design, chic et branché, sur Sherbrooke. Quelques happy few sirotent un verre en l'attendant. Minuit dix, elle apparaît. Longue queue de cheval et frange courte noires comme l'ébène, peau diaphane et eye-liner sans fin, talons hauts et silhouette fine. Elle prend le micro. Deux notes suffisent. Joey Arias fait revivre Billie Holiday sous nos yeux ébahis. De la pure magie, de la grande illusion. Tout est là : la voix brisée, écorchée, accidentée, son phrasé si reconnaissable.
Les fans en redemandent
Mais, en plus de la performance vocale, Arias va plus loin. Il campe un personnage d'une élégance folle, bourré d'humour, cinglant d'auto-dérision. Pendant la première chanson, il lâche nonchalamment son chewing-gum sur la première table. Un groupe de nanas arrive ? «Sit down bitches !» Plus rien ne l'arrête. Il goûte les lèvres d'un Etienne encore tout retourné, balance des «Motherfuckers !» à la pelle, exhibe son soutien-gorge à dentelles et simule un orgasme avec dialogue à mourir de rire. En excellent improvisateur, il rebondit sur tout ce qui se passe dans la salle. Les fans, majoritairement homos, en redemandent. Celui qui fut l'ami intime d'Andy Warhol et de Klaus Nomi prolonge le plaisir. Standing ovation.
Ce magnifique spectacle était le premier de la série Cabaret de minuit-The New York Series, une nouveauté dans le festival Divers/Cité. L'idée : jouer avec le féminin-masculin, en invitant des artistes qui aiment brouiller les pistes. Le choix de Joey Arias, diva glam de l'underground new-yorkais des années 80 passé par le Cirque du Soleil, était comme une évidence.
Au menu, le jeudi 30 juillet :
Traffic, avec Angle Forresy, Jonas et Nanette Workman, sur la scène Loto-Québec, parc Emilie-Gamelin. A 20h ; entrée libre.
Mado présente La guerre des bitches, au cabaret Mado, 1115, Sainte-Catherine Est. A 22h ; 12 dollars canadiens (8 euros).
Cabaret de minuit, The New York Series. Justin Bond au Koko Bar, Hôtel Opus, 8 rue Sherbrooke Est. A minuit ; 12 dollars canadiens (8 euros).












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De Ptikeum
Quel veinard ce Stéphane ! Arias, c'est en effet un pur régal... et Mado, un pur bonheur !