«Depuis 20 ans, La Démence réunit des gays de tous âges, styles et nationalités»
Depuis 20 ans, La Démence fait le bonheur des clubbeurs européens une fois par mois au Fuse Club, à Bruxelles. Avant le coup d'envoi des festivités d'anniversaire, le 23 octobre, TÊTU a rencontré Thierry Coppens, son promoteur, encore motivé comme au premier jour.
TÊTU: Comment est née La Démence ?
Thierry Coppens: J'ai commencé comme barman dans un club hétéro à 100 km de Bruxelles. Ensuite, nous avons lancé les dimanches gays sous le nom «Le Délire». Après un an et demi de succès, en octobre 1989, j'ai décidé d'organiser tout seul La Démence dans un autre club. En deux ans, nous avons changé 3 fois de lieu. Mais le dernier déménagement au Fuse était le bon. Nous y sommes depuis plus de 17 ans maintenant.
Quel est le secret de sa longévité ?
Au démarrage, la soirée était hebdomadaire mais très vite, nous avons préféré un rythme mensuel pour que les gens ne se lassent pas. La Démence réunit des gays de tous les âges, de plusieurs nationalités et de tous les styles : cuirs, drags, musclés, fashion-victims. Il y a trois salles avec des styles musicaux différents et des backrooms pour consommer sur place. Ajouter à cela une ambiance conviviale et tout le monde trouve son compte dans ce grand Gayland !
Qu'est-ce qui fait venir des clubbers de toute l'Europe ?
Les Français sont venus dès le début. Le bouche à oreille a remplacé les campagnes publicitaires. Bruxelles est bien située géographiquement par rapport à Paris,
Cologne ou Amsterdam. Avec les vols bon marché, les clubbers viennent de toute l'Europe. Comme la soirée dure jusqu'au lendemain midi, elle en vaut le déplacement. Enfin, les prix sont beaucoup plus bas que dans les autres capitales européennes, l'entrée à 15 € et les boissons à partir de 4 €. Il est moins cher de se déplacer à Bruxelles que de sortir près de chez soi.
En 20 ans, vous devez avoir beaucoup de souvenirs et d'anecdotes ?
Oh, oui. Le plus beau souvenir reste Clémentine Célarié qui prend le micro et commence à chanter pendant que Charles Schillings est en train de mixer. Le plus mauvais est une rafle de 120 policiers dans le club au début de notre existence. J'ai en tête une autre anecdote: c'est arrivée un soir d'hiver vers 3h du matin lorsque nous avons eu une alerte à la bombe. Deux mille clubbers se sont trouvés dans la rue torse nu, en chaps ou en drag. Les voisins regardaient cette faune par les fenêtres et n'en croyaient pas leurs yeux. Nous avons eu beaucoup de mal à évacuer les backrooms ; les gars préféraient continuer...
Propos recueillis par Oscar Héliani.
Programme détaillé des festivités des 20 ans de La Démence, du 23 au 26 octobre sur www.lademence.com
























De Fastbear
Je suis allé une dizaine de fois a la Démence et c'est vrai qu'on y trouve de tout et que ça marche bien. De plus Bruxelles est une ville très agréable pour passer un Week-end.