DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Trois bonnes raisons d'aimer l'escrime... et Elena Dementieva
CHRONIQUE. Les championnats du monde d'escrime se déroulent actuellement au Grand Palais, à Paris. Laura Flessel-Colovic et Valentina Vezzali méritent toute notre attention. Tout comme, pour d'autres raisons, Elena Dementieva.
La verrière du Grand Palais comme toit du monde sportif, Paris en avait fait un rêve olympique. À cause de Londres et de, sans doute aussi, la relative méconnaissance française du lobbying, la réalité s'est vite rappelée à notre bon souvenir, bien différente. Mais Paris n'a pas tout perdu, et les escrimeurs se sont battus (c'est vrai, «escrimé» eût été un terme approprié ici, mais point trop n'en faut!) pour que des Championnats du monde de la spécialité puissent s'y dérouler. Et ça y est, nous y sommes. Les Mondiaux 2010 ont débuté dans la capitale française. Avec, côté bleu, encore et toujours comme attraction principale, comme chef de file, comme modèle absolu, Laura Flessel-Colovic.
Laura Flessel est «un boxeur»
À 39 ans, qu'elle fête précisément ce samedi 6 novembre, celle que les médias n'ont jamais cessé de surnommer la Guêpe, ci-devant double championne olympique, n'entend pas faire de la figuration pour ses... treizièmes Mondiaux! Oui, treize! D'ailleurs, «mamie» Laura a d'ores et déjà prévenu: elle ne s'arrêtera pas là. Si les blessures l'épargnent, si tout va bien, elle prolonge le bail jusqu'aux Jeux olympiques de Londres. «Ma fille a très envie de voir la Reine», a-t-elle donné en guise d'explication, sourire aux lèvres. Presque quarante ans. Un âge canonique dans le sport de haut niveau qui en cette fin de semaine fait titrer à nos collègues du Figaro: «Laura Flessel-Colovic, la "Jeannie Longo" de l'épée». On est libre de goûter -ou beaucoup moins- la comparaison... «Toujours dans les quatre meilleures mondiales, dit la championne aux 23 médailles, je me suis préparée comme s'il s'agissait de la première fois.»
Sa philosophie sur la piste? La même qu'en dehors. Et vice-versa. «J'ai appris, grandi en connaissant, en me confrontant à l'échec, confie ainsi Laura Flessel-Colovic au quotidien. J'ai appris à détester ce sentiment. Je n'aime pas perdre. J'en ai horreur. Je suis un boxeur. Toujours à la limite de l'échec. La vie, comme la compétition, c'est ça, on prend une claque et on cherche à se relever. Ainsi, on s'enrichit.» Et comme si sa botte secrète, la fameuse touche au pied labellisée Flessel, ne suffisait pas à nous la faire aimer, voilà que l'on apprend que dans le futur, elle aimerait s'impliquer dans des actions au sein du milieu carcéral féminin. Et aussi, même si ça n'a rien à voir, que, même si elle n'est pas une people, «des petites mamies [lui] offrent parfois un café.» La classe, cette Laura!
Valentina danse avec les étoiles
Si, à l'épée, nos préférences nous pousseront donc à encourager la Guadeloupéenne, au fleuret, nos cocoricos prendront parfois un accent transalpin. Juste pour Valentina Vezzali. La triple championne olympique (+ 5 titres mondiaux, 5 européens et 11 Coupes du monde!) -exploit inédit dans la discipline- est une méga star dans la Botte. Mais à côté de ça, elle est adepte de l'entraînement old school, celui qui sent bon la salle d'armes de sa petite ville et l'échauffement face à des amateurs ou des enfants. L'humilité, le geste précis répété encore et encore, la générosité. Mais aussi les paillettes, son côté Mrs Hyde. Qui l'a notamment amenée à se produire devant les caméras de l'ultra populaire Rai Uno pour Ballando con le Stelle, la version italienne, comme son nom l'indique, de Dancing With The Stars.
Rien que pour le plaisir de l'interview hagyographique de sa mamma, des tenues kitschissimes, de ses jambes divines, de son sourire et de Abba en version tango de baloche, voici la vidéo de ce grand moment de sport...
«Je suis blonde, je peux dire ce que je veux!»
La saison de tennis est, elle, finie. La semaine dernière, on avait beaucoup pleuré avec l'ensemble des joueuses qualifiées pour le Masters lorsqu'Elena Dementieva avait annoncé la fin de la carrière. Eh bien aujourd'hui, on remet ça avec le bel hommage en noir et blanc à la plus francophile des championnes concocté par les meilleures mondiales pour le site de la WTA. De Francesca Schiavone à Kim Clijsters ou Samantha Stosur, en passant par Vera Zvonareva et Victoria Azarenka tellement émues qu'elles ont opté pour un message en russe, toutes célèbrent la classe et la personnalité de l'ancienne n°3 mondiale.
À TÊTUE, on se souviendra de cette rencontre pour un portrait dans le magazine où Elena nous avait gratifié, en conclusion d'un entretien des plus détendus et dans un sourire espiègle, d'un savoureux: «De toute façon, je suis blonde, alors je peux dire ce que je veux, vous allez aimer!» De fait.











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