DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Navratilova va mieux; Kournikova c'est moins sûr...
CHRONIQUE. A Wimbledon, Martina Navratilova et Anna Kournikova se sont croisées. La première, pleine de projets, nous rassure sur sa santé. La deuxième reforme les Spice Girls avec Martina Hingis et aime toujours autant le show.
La voir ainsi apprêtée dans cette maison de Maryatt Road, à deux pas du All England Lawn Tennis and Croquet Club, faisait réellement plaisir à voir. Ce soir-là -c'était il y a quelques jours à peine à Wimbledon-, Martina Navratilova dînait tranquillement dans l'ambiance feutrée typiquement anglaise d'un début de soirée très chaude dans un jardin bordé de roses. Elle était là, égale à elle-même. Beaucoup de prestance, une aura qui ne peut être ignorée par quiconque s'approche à moins de 50 m d'elle, et l'air très en forme. En un mot comme en cent: elle n'avait pas changé. Impression renforcée dès le lendemain par sa prestation sur le Centre Court dans le cadre du tournoi des légendes. Et c'est bien là que l'on voulait en venir. Martina Navratilova va bien, et elle le dit. La femme aux neuf Wimbledon en a enfin fini avec ses séances de radiothérapie.
Martina, toujours battante
«Si vous entrez sur le court en pensant que vous allez perdre, alors bien sûr que vous allez perdre, a-t-elle déclaré au Guardian pour tenter d'expliquer la façon dont elle avait envisagé son combat contre le cancer du sein. Moi, je suis toujours entrée sur le court en me disant que j'allais bien jouer et que j'allais donner le meilleur de moi. C'est ce qu'il y a à faire dans ce cas-là également. Même si c'est quelque chose qui est à l'intérieur de vous et que vous ne pouvez combattre de façon visible, votre attitude a un effet.» De cette bataille hors du court qu'elle espère avoir laissé derrière elle, Martina Navratilova gardera plusieurs souvenirs. Celui du réseau de femmes qui s'est formé autour d'elle, d'abord.
«Nous les femmes, nous sommes plutôt stoïques, confie-t-elle au quotidien britannique. Et ce qui est ressorti de la salle d'attente, où nous étions toutes préparées pour la radiothérapie, c'était la force de toutes ces femmes dont la moitié n'avait plus de cheveux, si positives, si souriantes. L'esprit de camaraderie était très étonnant. L'énérgie collective que l'on ressent dans ces moments-là est énorme.» Celui également de l'impact que sa décision de, finalement, parler publiquement de sa maladie a eu. «J'ai conscience de pouvoir faire beaucoup plus en étant une sorte de porte-parole qu'en restant silencieuse, dit-elle. J'ai saisi cette opportunité de pouvoir parler à des millions de femmes pour les encourager à ne pas laisser de côté les check-ups.»
Non, vraiment, Martina Navratilova n'a pas changé. En décembre prochain, elle partira à l'ascension du Kilimandjaro («quel nom romantique!») dans le but de lever des fonds pour la Fondation Laureus Sport for Good. La retraitée a des ressources et du cœur. Keep on going, girl!
Douche au talc pour Anna et Martina
Une qui n'a pas tellement changé non plus, c'est Anna Kournikova. L'ancienne poupée russe des courts, celle qui a -rendons-lui hommage pour cela- ouvert la voie du glamour récompensé en monnaie sonnante et trébuchante sans avoir besoin de l'excuse d'un trophée, est de retour. Elle a elle aussi fait le déplacement à Wimbledon pour reformer les Spice Girls. Autrement dit le duo de la grande époque: Kournikova-Hingis. Compte-tenu du passif de la Suissesse (Steffi, Amélie...), vous ne nous en voudrez pas de passer rapidement sur ce son cas et de nous concentrer sur la peut-être-fiancée-peut-être-pas d'Enrique Iglesias.
À Wimby, Anna K a sorti le grand jeu. Les mimiques, l'appel au soigneur pour une ampoule, la vilaine, placée juste sur la main à l'endroit où le manche de la raquette vient frotter la peau, la douche au talc infligée à cette pauvre «Martie» sur le court. Et la conférence de presse! Ah, la conférence de presse! Un grand Moment. D'abord, il y a sa voix, très basse, ses «you know» définitivement floridiens, ses œillades à sa collègue et amie, les «Tu parles de mon influence à moi, là?» faussement modestes à la même coturne. Les «Ah bon, Venus a perdu sèchement?» lancés sur le ton badin-mais-concernée, les fausses confidences lancées à sa camarade de jeu devant les journalistes, ravis. Qui ne lui posent en revanche aucune question sur sa constitution pour le moins... frêle. De quoi, en principe, relancer le débat sur sa santé dans la presse tabloïd.
Mais mis à part quelques (gros) kilos en moins, Anna K nous rassure relativement en restant toujours Anna K. Quarante-cinq minutes avant le début de chacun de ses matches dans le Ladies'Invitation Doubles, la Russe était dans le vestiaire. Elle se préparait activement. En se maquillant.











LES CHAÎNES 













