DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Marion Jones revient mais la rédemption, connaît pas!
CHRONIQUE. L'ancienne reine déchue du sprint Marion Jones revient aux affaires. En basket, puisqu'elle vient de signer avec une franchise de WNBA. Passée par la case prison pour usage de stéroïdes, elle explique que la rédemption ne fait pas partie de son vocabulaire.

Les hasards du calendrier font parfois bien les choses. Non, vraiment, timing parfait pour créer du buzz. Alors que les championnats du monde d'athlétisme en salle se déroulent à Doha, Marion Jones annonce qu'elle revient à la compétition. Vous ne rêvez pas: l'ancienne star déchue du sprint, passée par la case prison après des aveux de prise de stéroïdes, a officialisé, à 34 ans, le début de sa deuxième carrière de sportive de haut niveau. Mais sur les parquets, pas sur les pistes.
Après le sprint et la prison, le basket-ball pour Marion Jones
Car Marion Jones a signé en WNBA, le championnat nord-américain féminin de basketball. La NBA pour les filles, quoi. La Californienne d'1,78 m s'est engagée avec le Tulsa Shock, une franchise tout juste déplacée de Detroit pour cause de comptes dans le rouge, mais qui n'est pas là pour faire de la figuration, comme le prouvent ses trois titres de championne WNBA (2003, 2006, 2008). Une annonce surprenante. Et en même temps pas vraiment. Car avant de briller en athlé -très fortement aidée par quelques éléments, disons... extérieurs, c'est maintenant de notoriété publique- la grande Marion avait touché du ballon orange et blanc, et pas qu'un peu. Avec l'Université de North Carolina, dont elle était meneuse, elle avait conquis le très convoité titre NCAA en 1994. Au point d'être draftée... mais elle n'avait pas poursuivi dans cette direction. C'est que, pensait-elle, elle avait mieux -et plus grand- à faire du côté de Sydney...
«Les secondes chances existent»
Jones version basketteuse pro, c'est dix mois de travail dans l'ombre, puis un entraînement effectué sous l'œil attentif du coach du Shock, Nolan Richardson, et hop, quatre jours après, un contrat «d'un an au moins» officialisé. Une conférence de presse en grandes pompes dans la foulée, où une Marion Jones très détendue et souriante a dès le début donné le ton. «Le mot rédemption ne fait pas partie de mon vocabulaire, a-t-elle indiqué en préambule. J'ai l'occasion de réaliser un rêve, de partager mon message d'espoir et de dire que les secondes chances existent. Mais la rédemption n'entre pas dans cette équation. Il s'agit d'une nouvelle étape dans mon voyage de vie.»

D'accord, no redemption for Marion. Mais les dirigeants de la WNBA, eux, y pensent fortement. Parce qu'un peu de publicité, c'est toujours bon à prendre pour faire vivre leur ligue. «Il s'agit de l'histoire incroyable mais vraie d'une personne qui a fait un choix qui n'était pas sage mais qui dit: "je vais être un modèle, je vais vous montrer ce que je compte faire du reste de ma vie", a ainsi commenté la présidente de la WNBA Donna Orender. Et moi, je rejoins l'Amérique tout entière dans son désir de voir cette histoire dévoilée.»
La seule équipe professionnelle du conté
Pour cela, il faudra attendre le 9 mai et le match de pré-saison qui opposera Tulsa à Seattle, puis le coup d'envoi de la saison officielle, le 15 mai. D'ici là, Marion Jones aura un peu de temps pour découvrir Tulsa, «bourgade» de l'Oklahoma aux 592 000 âmes. Ce qui fait de cette agglomération la deuxième plus petite franchise de WNBA. Avec une salle de 18 000 places. Oui, 18 000... Tout ça pour la seule équipe sportive professionnelle du conté; féminine qui plus est! À l'heure, où, en France, la commission grandes salles vient de livrer un constat sans appel, ça fait rêver. Ah oui, vraiment Marion: timing parfait.











