DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Les Gay Games version filles, ça donne quoi?
CHRONIQUE. La 8e édition des Gay Games s'est achevée ce week-end à Cologne. Mais pourquoi «gay» d'abord, alors qu'il y a tellement de filles qui aiment le sport? TÊTUE a pu une nouvelle fois s'en rendre compte.
Bien sûr, on pourrait s'étonner ou s'énerver à l'infini que la manifestation sportive et festive LGBT mondiale qui s'achève ce week-end à Cologne, en Allemagne, s'intitule «Gay Games»... Et les «L» et les «B» et les «T», alors? Le fait est là: lorsque l'Américain Tom Waddell a créé la manifestation en 1980, on ne parlait pas encore de communauté LGBT, et, l'appellation de Jeux «gays», bien plus facile à «vendre» et à retenir également il ne faut pas se le cacher, est restée. Donc, oui, les filles, c'est vrai, on pourrait décider de se focaliser là-dessus. Mais ce serait bien réducteur. D'abord parce la Fédération des Gay Games cherche elle-même la parité: à sa tête deux co-présidents, une femme et un homme. Même chose pour ce qui est du comité d'organisation de Cologne 2010. Quant à l'équipe de France présente en Allemagne, elle était fédérée par une femme, qui en est sa présidente, Christelle Foucault, par ailleurs vice-présidente de la FSGL et elle-même médaillée en triathlon et en golf lors de cette 8e édition.
Les basketteuses aux couleurs de TÊTUE
Et puis surtout, parce qu'aux Gay Games, il y en a aussi tout plein pour les filles! Amatrices de piste, de parquet, de stabilisé, de terre battue, d'eau chlorée ou de dojo: tous les goûts sont contentés. Et il y a de la fierté à plonger, du plaisir à transpirer, de la bonne humeur à assumer ce goût pour le sport, les filles, et les filles qui font du sport. Sans pour autant se sentir exclues ou mises à l'écart. «Au cours de ces Gay Games, on a ressenti que le sport réunissait les gays et les lesbiennes, constatent Sylvie et Isabelle de Golf Friendly. On s'est vachement mélangé, on s'est encouragé les uns les autres, garçons et filles, on est allé se voir sur les différentes épreuves. Et ça nous a changé parce que d'habitude, on ne se voit pas: on n'a pas les mêmes clubs, pas les mêmes lieux... Là, on était supporters les uns des autres et on l'a ressenti très fortement.»
Cologne, c'était rien de moins que trente-cinq disciplines au total, parmi lesquelles, bien sûr, du hand, du foot, du tennis, du volley, du badminton et bien d'autres spécialités moins médiatiques chez nous mais très prisées des filles et qu'il faisait donc bon retrouver, comme le hockey sur gazon ou le softball. Et puis du basket bien sûr, et là, comment ne pas souligner la fierté que l'on a eu à voir évoluer les filles d'Entre2Basket portant haut et fort les couleurs de TÊTUE sur leurs maillots!
«C'est de l'intégration par le sport!»
Autant d'occasions de se surpasser, d'un point de vue purement sportif, mais également celle de se brasser, de rencontrer des participantes d'âges, d'horizons et de pays différents. En cela, les Chosen Few d'Afrique du Sud auront été l'une des formations les plus marquantes de ces huit jours colognais. Ces deux équipes de footballeuses ne sont ni les plus techniques ni les plus athlétiques du tournoi, mais celles qui appellent au plus de respect sans conteste. Lesbiennes clairement affichées dans un pays où le patriarcat et l'homophobie -comme leurs tee-shirts le proclamaient d'ailleurs- font la loi, même leur quotidien est un acte politique. De chaque instant.
«Pour moi, ce qui est important aux Gay Games, confirme Corinne, handballeuse au sein de l'association parisienne Décalage, c'est justement de rencontrer toutes ces filles qui viennent de pays où il est plus difficile que chez nous de vivre son homosexualité. C'est de l'intégration par le sport. C'est touchant de voir ces filles qui viennent d'Afrique du Sud et qui ont toutes des histoires horribles de viol, de lapidations... Cela fait vraiment relativiser.»
L'une des phrases-clé des Gay Games est que «le sport peut changer le monde». Pendant ces huit jours, il aura été impossible de ne pas y croire. Et c'est déjà un bon début.

Photo Mathias Casado Castro















LES CHAÎNES 














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De ZeFlatteuz
Très bien les photos... on se rend compte des équipes! Et alors? Les résultats des équipes de France filles?
En même temps faut pas non plus s'offusquer de tout. LGBT c'est bien mais encore faut-il savoir ce que c'est: les hétéros de base sont sûrement plus au courant du mot GAY que LGBT. Et puis c'est bien expliquer dans l'article! LGBT c'est quand même assez récent!