DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Les filles pourront-elles rêver d'Ana Ivanovic?
CHRONIQUE. De rumeurs entourant Justine Henin à la phrase de Virginie Razzano sur la beauté d'Ana Ivanovic, il s'en passe des choses étranges à l'US Open. Quant à Martina Navratilova, elle inspire juste du respect.

Ah! New York, l'US Open, la chaleur étouffante, les dos luisants, les bras fermes et les jambes galbées qui se détachent à contre-jour, les balles qui fusent sur les courts les plus rapides du monde, les découvertes annuelles -cette fois, une Américaine de 18 ans, Béatrice Capra, très prometteuse- les retrouvailles avec Maria Sharapova... et des moments un peu irréels. Comme ce samedi d'avant tournoi. Une joueuse belge, Kirsten Flipkens, des journalistes qui l'entourent et dissertent tranquillement au sujet de ses attentes pour cet ultime tournoi majeur de la saison. Rien que du très classique. Jusqu'au moment où une question surgie de nulle part est venue retenir notre attention. Elle disait en substance: «Kirsten, tu as entendu ces rumeurs qui disent que Justine (Henin) et toi vous êtes ensemble?» Hallucination auditive? Vestiges du décalage horaire? Même pas. Une rumeur de couple, et on ne nous avait rien dit! Mais depuis quand les rumeurs sont de l'info, demanderez-vous? Depuis qu'une radio flamande a décidé de les livrer comme une affirmation à l'antenne. Et depuis qu'elles sont évoquées frontalement devant l'une des personnes impliquées et que celle-ci y répond. «Oui, et ça me fait bien marrer», a ainsi dit Kirsten Flipkens dans un grand éclat de rire. À valeur de démenti, cela va sans dire. Mais: «marrer»? Nous, ce n'est pas si sûr... «Affliger» serait sans doute un mot plus juste.
Si Virginie était un garçon...
Quelques jours plus tard, un journaliste, français, cette fois, face à Virginie Razzano. La Nîmoise venait de se qualifier pour le troisième tour où elle allait affronter Ana Ivanovic. Voulant sans doute ajouter un peu de piquant à la traditionnelle question pré-match très «coup droit-revers», le collègue choisit de la lancer sur le physique de la Serbe. Avantageux, sexy, tout ce qu'on veut. Réponse de la joueuse française, dans un grand éclat de rire: «C'est vrai qu'elle est très, très jolie. Moi je la trouve très jolie aussi... Même si je ne suis pas un garçon. Mais bon, sur le terrain, je ne vais pas regarder sa beauté!» Ah? Comment dire que... si. Et ce, même sans être un garçon... «Mais si vous étiez un garçon, ce serait votre type de fille?», insista le confrère. En vain, cela va de soi. «On ne va pas rentrer dans les détails, hein, mais bon...» conclut donc Virginie Razzano, toujours avec le sourire. Ce genre de questions posées à une fille est d'une certaine manière un petit vent de fraîcheur. Jusqu'au moment où les garçons ne peuvent s'empêcher de s'inviter dans la discussion. Et là, on se prend à rêver du jour où la réponse pourra être donnée, y compris par une hétéro, sans l'obligation de se justifier d'un «même si je ne suis pas un garçon» derrière...
Navratilova, une «survivor» honorée
Il y a longtemps que Martina Navratilova, elle, ne se justifie plus de rien. Et c'est entre autres pour cela que la femme aux dix-huit titres du Grand Chelem a été honorée lors de cet US Open. Elle a d'abord reçu un trophée nommé «Inspiring Stories» et décerné par l'USTA, la fédération américaine de tennis: autrement dit, la récompense d'une joueuse «dont la vie inspire non seulement le monde du tennis, mais également tout un chacun.» Puis un second award rendant hommage à une personnalité qui «communique en toute honnêteté et avec un esprit critique sur le jeu, et qui a en outre eu un impact significatif dans le monde du tennis.»
Célébrée comme il se doit lors de la cérémonie d'ouverture du Chelem new-yorkais, la «survivor» au cancer a commenté: «Le fait de positiver est ce qui permet d'avancer dans la vie, et c'est un choix. J'ai toujours été presque "trop" optimiste, c'est-à-dire que j'ignore les choses négatives jusqu'à ce qu'elles se présentent effectivement à moi. Je me dis que rien ne va mal se passer, et si jamais cela arrive, eh bien c'est à ce moment-là seulement que je m'en préoccupe. C'est de cette façon-là que je m'en suis sortie dans la vie. Et je pense que c'est ce qui m'a façonnée, et plutôt bien.» De fait, le contraire serait bien difficile à argumenter...
Photo: Anaivanovic.com.












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De Adomazo
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