DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Le best of de l’année 2011
Parce que l’année TÊTUE fut également sportive, le Vestiaire met le nez dans le rétro pour mieux se projeter sur 2012. La saison dernière, il y a celles qui se sont illustrées, pour le meilleur ou pour le pire, celles qui nous ont donné à réfléchir ou bien encore celles qui nous ont fait rougir. Elles sont toutes à redécouvrir ici.
Trop souvent, le même constat. Au moment de se plonger dans le Vestiaire Des Filles tout au long de l’année, que de fois aurions-nous préféré pouvoir nous délecter de quelques jolis clichés qui ne mangent pas de pain plutôt que de sentir l’énervement poindre. Oui, mais voilà: «on» ne nous a pas aidé. «On est un con» avait pour habitude de répéter un vieux professeur de français de notre connaissance. Vous en penserez ce que vous voudrez, mais...
Mais à plus d’une reprise, force a été de constater que le Moyen-Âge a semblé de retour. Et un passage d’un article du vénéré mais pas si vénérable Antoine Blondin consacré – cela ne nous rajeunit pas – à Colette Besson en 1966, tombé incidemment sous nos yeux cette année, nous est très souvent revenu à l’esprit. Dans L’Equipe, l’écrivain-journaliste troussait ainsi ces quelques lignes comme il aurait troussé des jupons: «À quelques exceptions près, je suis loin de m’enthousiasmer pour les athlètes féminines (...) L’exceptionnel (de Colette Besson, ndlr) tenait d’une part dans cette explosion de féminité, extrêmement appréciable à une époque où l’on traque le travesti sous le survêtement, et où de nombreuses championnes sont contraintes à se dérober devant le contrôle médical en pleurant dans leurs moustaches, d’autre part, dans l’éclosion brutale d’un talent qu’on aurait dû avoir à cœur de ne pas décourager sous aucun prétexte. Les jolies demoiselles, les ''vraies jeunes filles'' qui s’astreignent aux disciplines assez accablantes de la compétition sont-elles monnaie si courante, quand flottent les accents du jerk et se profilent les mini-jupes?»
And the winner is... Marc Lièvremont!
Eh bien, figurez-vous que cette année, ses successeurs se sont bousculés au portillon. La palme du meilleur d’entre ces «on» ne fut pas longue à décerner. Le grand gagnant est... Marc Lièvremont, sélectionneur de l’équipe de France (masculine) de rugby au moment de la Coupe du monde. Qui nous a asséné, comme ça sans vergogne, que le rugby, non, ce n’était décidément fait que pour les messieurs, les vrais. «Il y a des sports plus féminins», a-t-il affirmé entre autres subtilités. Tout en soulignant combien il avait détesté que sa propre sœur tâte du ballon ovale, tout ça juste pour imiter ses frères en plus!
Un tel discours en plein XXIe siècle? Parfaitement. Mais non, Marco, t’es pas tout seul: tu as eu plein de petits copains prompts à rafler,eux, le Grand Prix du jury, à égalité de nos voix. Les dirigeants des fédérations internationales de badminton et de boxe, par exemple, qui n’ont rien trouvé de mieux que d’obliger les compétitrices à porter des jupettes.
Et que dire du club de golf d’Augusta, cadre du prestigieux Masters, où les femmes n’ont toujours pas le droit de pénétrer dans les vestiaires?
Ou des commentaires très sexistes sur l’apparence physique de Hope Solo (photo ci-dessus), la gardienne de foot américaine, dont la musculature aurait dû, à entendre certains, l’empêcher de s’illustrer dans Dancing With The Stars?

Heureusement, il y a eu le foot!
Mais de ce côté-ci de l’Atlantique, youpi, si des sportives ont eu la cote et l’heur de nous faire retrouver le sourire, ce sont bien les footballeuses. Car les Bleues (photo ci-dessus), après un parcours quasi-parfait en qualifs, ont brillé en Allemagne lors de la Coupe du monde. Sexy et efficaces, est-ce possible, nous sommes-nous demandé? La réponse coule de source: oui!!!! Enfin, de source, hum hum, là encore, pas pour tout le monde puisque des journalistes hommes n’ont rien trouvé de mieux que de se mesurer à elles sur les terrains. Pour tester leur virilité?
Ils ont d’ailleurs trouvé à qui parler en la personne de Gaëtane Thiney, l’attaquante-vedette de l’équipe de France. Qui nous a montré qu’elle en avait autant dans les crampons que dans le cerveau. Et a même parlé homosexualité dans L’Equipe.
On s’est bien consolées avec...
Merci les Bleues pour ce brin de tendresse dans cet univers parfois bien trop brut. Comme celui où évolue l’ex-n°1 mondiale de tennis Margaret Court, aujourd’hui pasteur évangélique ouvertement homophobe.
Alors pour oublier un instant cette violence, souvenons-nous avec délices que cette année nous avons eu beaucoup de chance, dans le désordre, de: pouvoir faire la causette avec la toujours très en jambes Steffi Graf (photo) à Las Vegas et de l’écouter nous dire plein de bien de notre crush de l’année Andrea Petkovic. Courir le long des plages du Prado à Marseille avec les filles de Plus Belle La Vie. Goûter aux joies d’un rallye 100% féminin en compagnie d’un équipage lesbien. Parler fractionné et foot-canapé avec la comédienne Rachida Brakni. Se rincer l’œil avec la surfeuse Alana Blanchard dans les Landes.
Et pour cette nouvelle et belle année olympique, on émet un vœu. Celui de mettre à jour d’autres personnalités aussi attachantes que celle de la reine out and proud du poker Vanessa Selbst ou de la longboardeuse, elle aussi lesbienne, Cori Schumacher. Qu’on se le dise, 2011 s’éloigne, 2012 promet!
Photos: DR.











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