DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. L'annonce choc de Navratilova et la bombe de Sania Mirza
CHRONIQUE. Martina Navratilova a révélé qu'elle souffrait d'un cancer du sein. Maintenant qu'elle dit aller bien, elle entend faire campagne pour la mammographie annuelle. Quant à l'indienne Sania Mirza, c'est un peu «scandale dans la famille»...
C'était étrange de ne pas l'avoir croisée dans les allées de Crandon Park. Bien sûr, son absence n'a ni empêché le bon déroulement du tournoi de Miami, ni amoindri la puissance du vent sur l'île de Key Biscayne, ni privé Kim Clijsters d'un nouveau triomphe moins d'un an après avoir repris du service. N'empêche que ne pas voir Martina Navratilova promener sa silhouette et son sac de raquettes durant ces dix jours relevait de l'expérience suffisamment unique pour que plusieurs suiveurs en viennent à se demander: mais où est-elle passée? Parce que même retraitée des courts, la femme aux 18 titres du Grand Chelem hante toujours le circuit, tantôt en tant que compétitrice des tournois de légendes organisés en même temps que ceux des championnes et des champions encore en activité, tantôt en tant que commentatrice pour Tennis Channel. Et parfois avec les deux casquettes.
Pas de Martina à Miami donc. Et pour cause. Trois jours après la fin du tournoi, l'ancienne n°1 mondiale a dévoilé elle-même la raison de cette absence. À 53 ans, elle souffre d'un cancer du sein (lire notre article). Diagnostiquée en février dernier à l'occasion d'une mammographie de routine, la tumeur a aussitôt été opérée. «Les médecins ont constaté que le cancer ne s'était pas développé, a expliqué l'ex-championne. Il y a très peu de risque que ça revienne. Je vais bien et je vais récupérer.» Dans son malheur, Martina Navratilova a eu la «chance» que son cancer (un DCIS, pour être précise) soit diagnostiqué à temps. Et c'est pour cela, assure-t-elle, qu'elle a tenu à révéler sa maladie et à faire la tournée des médias, de Good Morning America à Larry King Live en passant par People. Pour encourager les femmes à ne pas faire comme elle, qui avait laissé passer quatre ans depuis sa précédente mammographie.
Le sourire retrouvé de Martina
À l'image de Serena Williams («Elle est dans mes pensées. Nous lui souhaitons de recouvrer rapidement la santé») ou de son ancienne protégée Svetlana Kuznetsova via leur comptes twitter («C'est une mauvaise nouvelle! Mais je sait qu'elle est très forte et qu'elle va s'en sortir! Apportons-lui notre soutien!»), beaucoup de personnes, connues et moins connues, ont tenu à manifester leur sympathie à Martina Navratilova. Laquelle a, dès le lendemain de cette annonce-choc, au réveil, remercié ses amis Facebook: «Je veux tous vous remercier de votre soutien, a-t-elle écrit. J'ai reçu beaucoup, beaucoup de messages. Sachez que je les apprécie tous, ainsi que vos pensées, vos prières et toutes ces bonnes choses!!! Ça va aller. Et maintenant, aller faire votre mammographie annuelle.» Le tout assorti d'un smiley. Après les larmes («J'ai pleuré», a-t-elle dit du moment où le médecin lui a appris l'existence de son cancer), le sourire retrouvé. Mais il ne faudrait pas se méprendre: cette nouvelle cause, cette femme engagée la prend très au sérieux.
Elle non plus n'était pas à Miami. Mais pas pour les mêmes raisons. Sania Mirza, la star indienne du tennis, prépare en effet son mariage à Hyderabad. Avec l'ancien capitaine de l'équipe pakistanaise de cricket Shoaib Malik. Bon, cool pour elle, mais quoi? Sauf que pas cool du tout car en Inde, cette histoire prend des proportions insensées. Pas parce que les futurs mariés ont cinq ans d'écart (23 ans pour elle, 28 ans pour lui). Non, mais parce que le futur époux est déjà marié. Et qu'il ne s'en était pas vanté. Mis devant le fait accompli par celle qu'il avait rencontré sur internet et épousé par téléphone en 2002, Shoaib Malik vient, à une semaine de la cérémonie, de reconnaître publiquement les faits. Une procédure de divorce express (et visiblement assortie de deniers sonnants et trébuchants) a été engagée.
«La nouvelle affaire Lewinsky»
Mais la presse indienne s'est saisie de cette histoire et en a fait «la nouvelle affaire Lewinsky» du pays, en référence à la robe tâchée de l'ancienne stagiaire de la Maison Blanche. Sauf que cette fois, ce sont les draps de la nuit de noce qui ont été exhibés par la première épouse. Si l'on ajoute à cela les motifs qui auraient poussé la vedette du cricket à délaisser sa femme (notamment sa prise de poids), tous les ingrédients pour un scandale sont réunis, et celui-ci est, il faut bien le dire, très difficile à dissiper pour la jeune Sania dont on ne mesure pas bien ici le degré d'idolâtrie qui l'entoure en Inde. «Si vous étiez Sania, épouseriez-vous Shoaib?» a même titré le Bombay Time.
Même les médias les plus sérieux se sont emparés de cette histoire. Pourquoi diable? Parce qu'eux y voient plus que du trash. Ils y voient une nouvelle illustration des tensions entre Inde et Pakistan. Car les mariages entre citoyens de ces deux pays sont «rares» soulignent les reportages télévisés en Inde. Et dans la rue, certains commentaires acerbes fusent: «Elle joue pour l'Inde, alors elle reste en Inde!»
Où l'on voit que la condition de la femme n'est pas gagnée partout. Que les scandales passionnent toujours autant. Et que parfois, le sport est à lui tout seul une leçon de géopolitique.












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De Sopphie
Épousée... par téléphone ? Oo