DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. L'affaire Semenya en finira-t-elle un jour?
CHRONIQUE. La championne du monde du 800 m Caster Semenya occupe toujours le devant de la scène internationale. Contre son gré. Cette semaine, plusieurs nouveaux éléments sont intervenus dans «l'affaire». Du coup, TÊTUE.COM vous offre quand même un peu de fraîcheur en bonus.
Caster Semenya n'a pas encore gagné le droit à sa tranquillité. La championne du monde du 800 m est toujours dans l'attente des résultats des tests médicaux qu'elle a subis pour permettre que son genre soit établi. Des tests réalisés une première fois -et dans le plus grand secret- par la fédération sud-africaine qui avait caché même à l'athlète la nature réelle des examens menés sur sa personne. Et une seconde fois par l'IAAF, la fédération internationale. Les résultats, on l'a déjà évoqué ici, ne devraient être officiellement communiqués qu'à la fin du mois de novembre, à l'occasion de l'assemblée générale de l'instance dirigeante de l'athlétisme mondial. Mais le mal est fait depuis longtemps, la très forte probabilité de l'intersexualité de Caster Semenya ayant déjà très largement été relayée par la presse du monde entier.
Semenya n'ira pas à l'école
Et si l'on pensait que «l'affaire» se calmerait, au fur et à mesure que les souvenirs des Championnats du monde de Berlin s'éloigneraient dans le temps, cette semaine serait venue nous prouver le contraire. À chaque jour ou presque, sa nouvelle pierre à l'édifice de démolition de cette jeune Sud-Africaine qui n'est âgée, rappelons-le, que de dix-huit ans. Et qui n'est coupable d'aucune faute. Si ce n'est d'être elle-même dans un environnement souvent prompt à jeter en pâture la différence.
Caster Semenya est tellement touchée qu'elle n'a pas la tête à la fac. Elle est inscrite à l'université de Pretoria mais ne sera pas en mesure de valider son année car elle ne se déplacera pas pour passer ses examens. «Heureusement, a indiqué son entraîneur Michael Seme, l'école comprend ses problèmes. Et ils ont clairement dit que ces examens universitaires étaient bien la dernière chose dont elle avait besoin de se préoccuper.»
Commission médicale et visite présidentielle
Par ailleurs, ce vendredi, la commission médicale de l'IAAF a évoqué le cas Semenya. Le but? Etablir l'avantage retiré par Caster Semenya de sa «situation». Tout cela alors que, selon plusieurs sources, la Fédération sud-africaine n'aurait toujours pas communiqué les résultats des tests qu'elle a effectués il y a plus de deux mois.
Le président de l'IAAF, Lamine Diack, a en outre annoncé il y a quelques jours son intention de rendre visite à Caster Semenya en Afrique du Sud, pour lui expliquer les résultats des tests. Quand? Avant la fin octobre espère-t-on. Le temps semble décidément le prendre, son temps, dans toute cette histoire…
Delobel, l'or après le bébé?
Allez, après tout ça, un peu de fraîcheur ne fera pas de mal. Le trophée Eric Bompard a donné en France la sensation que, ça y est, la route vers Vancouver est officiellement ouverte. Les Jeux olympiques d'hiver s'ouvriront le 12 février prochain et une patineuse bleue tentera d'y créer l'exploit. La danseuse sur glace Isabelle Delobel. A trente ans, elle vient de donner naissance à un petit garçon. Et à peine sortie de la maternité, la championne du monde 2008 affiche clairement la couleur: elle vise l'or olympique à Vancouver. Rien que ça. Maman championne? Pas besoin de chercher trop loin pour trouver des exemples probants.
Et comme Vancouver, c'est déjà demain, on vous en reparlera très prochainement ici. D'autant que, et c'est une première dans l'histoire, ces Jeux olympiques d'hiver seront dotés d'une Maison de la Fierté. Oui oui, pour les athlètes LGBT. Mais ça, c'est une autre histoire...
Photo: DR.

















