DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. La coach fait son coming-out et Serena du féminisme
CHRONIQUE. Pia Sundhage est celle qui a mené l'équipe de soccer US à la médaille d'or lors des derniers JO. Elle vient de faire sans le faire son coming-out. Et c'est bien. À Melbourne, Serena Williams fait, elle, du féminisme sans le savoir. À moins que...
Une fois n'est pas coutume, réjouissons-nous d'un non-événement dans le monde du sport. Pia Sundhage la coach de l'équipe nationale américaine de football a, à la faveur d'une interview accordée à une chaîne de télévision de son pays d'origine, la Suède, déclaré que son homosexualité ne posait aucun souci dans son travail. «Je n'ai rencontré aucun problème en étant entraîneur nationale aux Etats-Unis et ouvertement gay», a-t-elle en effet confié lors de l'émission de Lasse Bengtsson.
En quoi est-ce un non-événement alors même qu'il s'agit là d'un coming-out en bonne et due forme? Qui plus est le premier pour une femme occupant ce poste? Eh bien c'est un non-événement car l'orientation sexuelle de celle qui a emmené les Américaines au titre olympique à Pékin l'été dernier n'était pas un secret. Elle le dit elle-même: elle est «openly gay». En lançant cette petite phrase au détour d'un entretien télévisé, elle montre effectivement qu'il n'y a «aucun problème» à être «ouvertement gay» et coach à très haut niveau. Car aux States, où le soccer féminin est populaire, elle est une personnalité qui compte. Et en matière de visibilité, un non-événement comme celui-là a au moins autant d'impact que bien des longs discours.
Quand Serena fâchée...
Pendant que Pia Sundhage faisait avancer le schmilblick, à des milliers de kilomètres de là, à Melbourne, Serena Williams s'attaquait, elle, à la montagne du machisme et de l'inégalité des sexes. Bien ou mal, à chacune de juger. Toujours est-il que, priée de s'expliquer une énième fois sur ses déboires avec les instances dirigeantes du tennis suite aux insultes qu'elle avait proférées à l'encontre d'une juge de ligne lors du dernier US Open, la numéro un mondiale a laissé entendre que si elle avait été un homme dans la même situation, elle n'aurait pas été si durement sanctionnée.
Rappelons que lors de sa demi-finale contre Kim Clijsters, Serena Williams avait écopé d'une faute de pied (douteuse) qui avait alors donné le match à son adversaire. Elle s'était tournée vers la juge de ligne et lui avait hurlé quelque chose comme: «je vais t'enfoncer cette p... de balle dans ta p... de gorge!» Bilan des courses: 92 000 dollars d'amende et deux ans de probation sous peine d'être exclue des tournois du Grand Chelem.
It's a man's world...
«Je ne sais pas qui a déjà été écopé d'une amende aussi élevée, a poursuivi la championne en titre de l'Open d'Australie. Il y a des tas de gens qui disent des choses bien pires et qui font des choses bien pires (sur un court). Mais nous vivons dans un monde d'hommes. Les hommes dirigent beaucoup de choses, même si dans le tennis, nous avons fait bien avancer les choses en nous battant très durement pour l'égalité du prize money (les gains lors d'un tournoi, ndlr)... Mais d'une certaine manière, oui, nous vivons toujours dans un monde d'hommes. Je suis la première à dire que j'aime les hommes qui sont forts, qui sont des leaders. Mais d'un autre côté, je pense que certains incidents vous rappellent à la réalité.»
Aider à l'éducation des femmes
«Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort» dit un fameux slogan de l'équipementier de Serena Williams. «Je crois que cet incident a finalement été une expérience enrichissante, a expliqué en écho la championne. Et c'est bien que j'aie été punie parce que du coup, j'ai décidé de lever des fonds pour aider les autres.» Sur son site internet, Serena a en effet lancé l'opération «92 jours pour 92 000 dollars».
«J'ai toujours reconnu que ce que j'avais fait n'était pas bien, a-t-elle reconnu. Mais j'ai décidé de positiver et j'ai décidé de lever 92 000 dollars pour l'éducation des femmes et pour l'école que j'ai ouverte en Afrique. Et je vais aussi donner de l'argent pour les victimes du tremblement de terre en Haïti.»
Le feuilleton Semenya continue
Des nouvelles du feuilleton Semenya pour finir. À chaque semaine son rebondissement, on commence à en avoir l'habitude. En fait, il semblerait que la championne du monde du 800 m ne soit pas autorisée à courir en compétition. Et ce, contrairement aux récentes déclarations de son entraîneur selon lesquelles l'athlète participerait prochainement à un meeting en Afrique du Sud.
«Soyons très clairs, a déclaré le président du comité olypique sud-africain, en l'état actuel des choses, Caster Semenya ne peut disputer aucune course ou aucun meeting officiel. La question des résultats des tests de genre effectués sur elle est toujours en discussion avec la Fédération internationale.» Et pour être plus clair encore, il a conclu : «Tant que le dossier ne sera pas clos, il serait irresponsable de notre part d'autoriser notre championne du monde à reprendre la compétition.»
Les meilleures choses ayant une fin, les créateurs du feuilleton seraient bien inspirés de ne pas le faire durer la saison de trop...











LES CHAÎNES 













