DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Isinbaeva s’est pris une claque
CHRONIQUE. Coup de tonnerre à Berlin, Yelena Isinbaeva a fait un zéro en finale de la perche. La Tsarine a chuté du toit du monde. Du côté de l'heptathlon des Championnats du monde, des confirmations et des révélations. Jessica Ennis, vous connaissez? Non? Vous devriez...
La Tsarine est d'une tristesse infinie. Sa casquette bien vissée sur la tête, Yelena Isinbaeva répond machinalement aux journalistes présents dans le Stade olympique de Berlin. Le flot lacrymal est discontinu, mais quand elle repense un peu trop à ce qu'il vient de se produire en finale de la perche féminine des Championnats du monde d'athlétisme, la Russe ne peut empêcher ni ses grands yeux clairs de s'embuer ni ses lèvres de répéter : «Je n'arrive pas à y croire, ce n'est pas vrai...» Oui, Yelena Isinbaeva est triste. Et pour la première fois depuis très longtemps, on la redécouvre humaine et pas seulement championne insubmersible. Froide comme la glace et hautaine disent ses rivales. Sûre d'elle, assurément. Trop.
Péché d'orgueil pour la Bubka au féminin
C'est bien par orgueil et rien d'autre que Yelena Isinbaeva a péché à Berlin. Zéro en finale de la perche! Pas la moindre barre franchie. La première femme à cinq mètres a flanché et a laissé une autre qu'elle s'imposer dans un grand championnat pour la première fois depuis 2003. Cette année-là, à Paris-Saint-Denis, elle avait pris le bronze. Mais depuis, elle était l'héritière au féminin déclarée de Sergueï Bubka. Et la déconvenue n'en est que plus forte.
Bien sûr, cette saison la star n'avait pas fait mieux que 4,85 m. Mais elle n'avait pas eu besoin pour écraser la concurrence. D'elle, on dit souvent qu'elle débute son concours là où ses adversaires le finissent. Et c'est bien ce qu'elle a voulu faire en finale de ces Mondiaux. Choisir d'entrer directement dans le concours à 4,75m? Visiblement pas la bonne tactique. Yelena Insibaeva est passée sous la barre. Derrière, piquée au vif et certaine d'effacer sans sourciller la barre supérieure, la Tsarine a pourtant raté ses deux tentatives à 4,80m. Une claque. «Cette expérience va me servir pour la suite, j'en suis sûre, est-elle parvenue à articuler entre deux sanglots. Mais là, je n'arrive pas à croire que c'est arrivé...»
Break longue distance pour la Tsarine?
Effacer l'affront, pas sûr que cela soit possible. Mais du coup, elle qui se posait sérieusement la question d'un break longue distance va peut-être revoir son planning. Yelena Isinbaeva mérite une autre sortie, à l'image de sa carrière: en grand. «Cet échec va me pousser à continuer jusqu'aux JO de Londres», a-t-elle prévenu. Ouf. C'est que même déchue, on l'aime, notre Tsarine.

Jessica Ennis
Jessica Ennis: au service très gracieux de sa Majesté!
On l'aimera aussi sans doute beaucoup, la nouvelle femme forte de l'heptathlon. Caroline Klüft partie se tester en longueur et au triple saut, les combinardes se cherchaient une patronne. C'est peut-être chose faite en la (très gracieuse) personne de Jessica Ennis. La Britannique a pris la tête de la compétition à l'issue de la première épreuve et n'a plus quitté son dossard de leader jusqu'au podium, établissant au passage la meilleure performance mondiale de l'année.
Que savoir d'elle? Qu'elle est née d'un papa Jamaïquain et que le javelot n'est pas son fort. En dire plus ne servirait à rien: on ne parle pas de Jessica Ennis, on la regarde.
Antoinette Nana Djimou Ida
Super Nana et Marisa
Mention très très spéciale aux deux heptathloniennes françaises qui étaient parvenues à se qualifier pour ces Championnats du monde. Antoinette Nana Djimou Ida et Marisa De Aniceto nous ont fait vibrer jusqu'à la ligne d'arrivée du 800 m. Septième et douzième. Antoinette «Super Nana» a pour l'occasion amélioré son record personnel de plus de cent points. Finaliste des «Monde» : chapeau. Quant à Marisa, elle qui avait validé son ticket pour Berlin in extremis lors des championnats de France d'Angers, s'est donc retrouvée dans la partie haute du tableau. Sur 29 filles au départ et 26 rescapées au final.
Les deux jeunes femmes, partenaires d'entraînement à l'INSEP, étaient en panne de mots pour décrire ce qu'elles ressentaient. Finalement, elles sont parvenues à lâcher des «très contentes, très heureuses!» Et avec elles, nous aussi.
PHOTO DR




















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De yaki
YELENA ISINBAYEVA a été trop présomptueuse en commençant à une telle hauteur, mais elle n'est pas le seule russe à s'être loupé: pas de beaucoup de médaille pour ce grand pays de l'athlétisme.