DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Federica, Laure ou encore Vanessa: le plaisir des yeux aussi, c'est important!
CHRONIQUE. Laure Manaudou quasi-retraitée, la voie est libre pour Federica Pellegrini. La nageuse italienne en a profité aux Championnats du monde, à Rome. Grâce à son piercing au téton? Où l'on verra aussi qu'en athlé, la plastique, ça peut être fantastique.
Ça se confirme. Maintenant que «la» Manaudou -comme on dit «la» Callas ou «la» Adjani- a pris goût à l'anonymat, qu'elle vit déjà une vie de retraitée anticipée à Auburn, dans l'Alabama, aux côtés de Fred Bousquet, la voie est libre pour «la» Pellegrini. Federica de son prénom.
L'Italienne, ex-grande rivale de l'ex-meilleure nageuse du monde française, est désormais seule au monde. Ou en tout cas aux «Monde». Les Championnats du monde de natation, disputés à Rome, au Foro Italico, presque chez elle donc, l'ont sacrée sur 400 m et 200 m. La consacrant définitivement star. Déjà qu'elle avait réussi à lui piquer son chéri Lucas Marin, voilà que «la» Pellegrini lui a aussi piqué sa distance fétiche, le 400 m, et sa propension à abattre les records du monde les uns après les autres. En même temps, les records du monde, on ne va pas s'y attarder plus que de raison. Remember les combinaisons en tout polyuréthane, qui seront finalement bannies par la Fédération internationale dès l'année prochaine? Celles-là même qui donne à la piscine des airs de bassin olympique de canoë-kayak. Et qui, à Rome, permettent de battre sept ou huit records du monde par jour... Pour l'histoire, l'Italienne est devenue, quand même, la première femme sous la barre des 1'53'' sur 200 m.
«Ma dernière folie? Un piercing au téton!»
Elle est énervante, «la» Pellegrini. Depuis toujours. Depuis qu'elle s'est mal comportée avec notre Laure nationale. Mais il faut bien reconnaître que moins elle fait d'efforts pour se rendre sympathique, plus elle titille notre attention. «Je m'entraîne comme un homme pour me rapprocher le plus possible des temps des hommes», a proclamé à Rome l'insolente. Avant de balancer : «j'ai démontré cette semaine que j'étais la plus grande sportive italienne de l'histoire.» Être modeste? E perché? Pour quoi faire après tout? Qu'on le sache, la modestie n'a jamais fait gagner. Mais elle est l'apanage des grandes une fois la compétition achevée. Dans ce domaine-là, Federica Pellegrini a encore du boulot. Pas dans les bassins; elle nage déjà dix-huit kilomètres par jour.
Tellement sûre d'elle. Capable de pleurer devant une énième rediffusion de Ghost ou en écoutant une chanson de Tiziano Ferro. Tout en déclarant la minute d'après et les yeux dans les yeux à un journaliste qui lui demande quelle est sa dernière folie: «un piercing sur un téton!» Il paraît que la personne la plus connue de son répertoire téléphonique est Giorgio Armani. Pour sa reconversion, aucun souci à se faire donc. Mais ce n'est pas pour tout de suite. Car en plus d'être tout ça, «la» Pellegrini est toute jeune. Elle fêtera ses 21 ans le 5 août.
La combinarde, c'est souvent la meilleure combine...
Et Laure Manaudou, au fait? Elle aussi avait fait le voyage à Rome. Mais juste pour soutenir depuis les gradins son compagnon Fred Bousquet. A part ça, elle vit désormais une vie tranquille à une heure d'Atlanta, dans une maison avec jardin. La piscine, elle l'évite au maximum. Elle passe ses journées sur Facebook et prend des cours d'anglais et de dessin. Officiellement, le break qu'elle s'octroie depuis la mi-janvier est prévu pour durer huit mois. Officieusement, il se pourrait bien qu'il soit définitif.
Mais dans la vie, il n'est jamais trop tard pour changer de voie. Ou de spécialité. Vanessa Gladone en sait quelque chose. A 27 ans, la sociétaire de l'AC Val-de-Reuil a éclaboussé de ses performances les championnats de France. En athlétisme, cette fois. Elle a été doublement sacrée, à la longueur (6,40 m) et au triple saut (14,13 m). Elle vient de l'heptathlon et confirme ainsi la règle qui veut que chez les combinardes se trouvent la plupart des athlètes les mieux faites de leur personne. Parce qu'il n'y a pas de mal à agrémenter le plaisir de la performance à celui des yeux. Jamais.
Photo AFP/ Christophe Simon (29 juillet 2009)

















