DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Dis, c'est quoi l'Euro?
Cette semaine, y'avait foot. Et pas que du côté de chez Raymond Domenech : la finale de l'Euro féminin a vu la victoire de l'Allemagne sur l'Angleterre. Notamment grâce à Birgit Prinz. Mais la plus belle histoire sportive de ces derniers jours est belge. Grâce à Kim et Yanina.
Pendant que le débat entre pro et anti Domenech faisait rage du Stade de France au Marakana, on ne nous l'a peut-être pas beaucoup dit, mais la planète football continuait malgré tout d'exister. Du côté d'Helsinki, à l'occasion de l'Euro de football féminin. Le tournoi continental s'est conclu sur une finale «prolifique», pour reprendre la formule consacrée en bon vieux carpaccio journalistique sportif. Pensez donc, l'Allemagne y a battu l'Angleterre 6-2! Maîtresses incontestées de la discipline -en tout cas sur le Vieux Continent- les Allemandes ont ainsi conquis leur cinquième trophée européen consécutif; le septième en dix éditions de ce Championnat d'Europe féminin qui a vu le jour en 1984.
Birgit Prinz
Prinz, future ex-star du championnat masculin
La star de la soirée aura sans conteste été la capitaine de cette Mannschaft. Parenthèse, ici, d'ailleurs. Il ne s'agit pas d'une faute de frappe: on dit bien «Mannschaft» pour les filles aussi. En fait, et c'est même encore plus drôle, le terme exact est : «deutsche Fußballnationalmannschaft der Frauen». Quant on sait que «Mann» et «Frau» sont les exacts opposés dans le dictionnaire...
Sowieso. La star de cette soirée, donc, ce fut Birgit Prinz, sociétaire du FFC Francfort et capitaine de l'équipe nationale. Comme un symbole, c'est elle qui a inscrit le premier et le dernier but de la finale. Quatre Euros et deux Mondiaux à son actif, celle qui avait également été la meilleure réalisatrice des Jeux Olympiques d'Athènes, en est désormais à 125 buts internationaux. Le record de Mia Hamm (158) paraît à sa portée. Pour la petite histoire, il y a quelques années, en 2003 exactement, Birgit Prinz était l'une des deux joueuses qui s'étaient vues proposer par Luciano Gaucci, le médiatique président du Perugia Calcio, d'évoluer dans son club et donc dans le championnat masculin italien. La seconde s'appelait Hanna Ljungberg. Evidemment, cela ne s'était pas fait.
La belle (double) histoire belge
Autre sport, autres contrées, autre nationalité. La meilleure histoire belge depuis longtemps s'est déroulée à New York. Il y a encore un mois et demi, rares étaient les confrères belges à pouvoir espérer couvrir l'US Open. Grâce au retour de Kim Clijsters, ils sont finalement venus en nombre. Grand bien leur a pris : ce n'est pas seulement une joueuse «à eux» qui s'est illustrée, mais deux. Kim Clijsters tout d'abord, dont on n'ignore plus rien ou presque du come-back spectaculaire après deux ans d'arrêt, un mariage et la naissance d'une petite Jada. Et puis Yanina Wickmayer. Dix-neuf ans et pour la première fois à ce stade de la compétition dans un tournoi majeur, quelques mois à peine après avoir ouvert son palmarès.
Yanina. Il y a son grand rire de gorge, son goût de la plaisanterie, et il y a ses grands yeux bleus et sa tristesse profonde, lorsqu'elle oublie qu'elle est observée. Car l'histoire de Yanina est à elle seule une «good story» comme on dit à New York. Elle ne veut en tirer rien d'autre qu'un peu plus de force encore, dans la vie et sur le court. A neuf ans, Yanina a commencé le tennis pour oublier qu'à la maison sa maman était gravement malade. Deux mois après, cette dernière décédait, et Marc, le père de Yanina, décidait de laisser derrière lui «son travail, ses amis, sa famille, sa maison», dit la jeune championne afin d' «apporter du bonheur» à sa fille. Alors, direction Saddlebrook, près de Tampa en Floride, là où se trouve une célèbre académie de tennis. Après deux ans et demi, Yanina est rentrée en Belgique avec dans son sac du tennis solide, un anglais parfait et une force mentale incroyable. Depuis, elle a également perdu un frère dans un accident de voiture. Autant dire que les liens avec son papa sont fusionnels.
«Tout ce que j'ai aujourd'hui, dit Yanina Wickmayer, je le dois à mon père, parce qu'il m'a fait confiance. Il a voulu me rendre heureuse. Il a toujours cru en moi, m'a toujours encouragée, même quand j'ai connu des périodes difficiles. Sans lui, je n'en serais pas là où j'en suis maintenant.»
Une volonté aussi forte que son vécu est lourd. Comme Justine Henin.
Yanina Wickmayer
Yanina, Kim et... Justine
Justine Henin (photo) qui, hasard du calendrier, avait convoqué en fin de semaine, en Belgique, une conférence de presse. Officiellement pour parler de son action auprès de l'UNICEF. Mais comme la presse belge laisse entendre depuis plusieurs jours que le retour de sa grande rivale Kim Clijsters lui a donné des idées de sortie de retraite, tout le monde s'attendait à ce que l'ancienne n°1 mondiale annonce son éventuel retour pour l'année prochaine. Elle n'en a rien fait, préférant répéter qu'elle était là pour parler de son expérience au Cambodge aux côtés de l'ONG. Mais puisque Justine a visiblement repris très sérieusement l'entraînement, puisqu'elle a programmé plusieurs exhibitions et puisqu'elle a annulé sans autre explication sa participation à la
pièce Arrête de pleurer, Pénélope, qui devait marquer ses grands débuts sur les planches, même cette conférence de presse n'a pas mis fin aux spéculations.
Photo DR











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