DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Billie Jean et Martina «font peur» à la chanteuse de country
CHRONIQUE. La golfeuse Christina Kim nous fait sourire, tandis que le coming out de la chanteuse de country Chely Wright nous laisse un drôle d'arrière-goût. La faute à Billie Jean King et Martina Navratilova?
Au golf, il n'y a pas de demi-mesure. D'un côté, les pratiquantes, intarissables sur les mérites comparés de leur putt et de leur drive, limite monomaniaques dans leurs conversations passionnées. De l'autre, les hermétiques, qui ne comprennent toujours pas en quoi cette activité consistant à taper dans une petite balle blanche et à marcher à côté relève du sport. Puisse-t-on ici les réconcilier. Parce qu'à l'heure de la retraite de l'une des plus grandes dames du golf, Lorena Ochoa, il est pire moment pour parler golf. Et golfeuses.
Chez nous, Christina Kim (photo) ne défraie pas la chronique et pourtant ses bons mots, ses cris, son swing flamboyant, ses tenues flashy et sa casquette Kangol méritent le détour. La Californienne d'origine coréenne est à 26 ans l'une des stars de la LPGA, le circuit professionnel américain. Et pour ce qui se révèle être notre plus grand plaisir, elle vient de sortir un livre intitulé Swinging from my heels (soit, grosso modo: Swinguer en talons hauts) dans lequel elle dit ce qu'elle pense du sexe sur le circuit et des lesbiennes qui sont supposées le hanter. Florilège des pensées de la funny girl.
«Hey, tu as entendu qu'une telle aimait les filles?»
«Ce n'est pas facile de s'envoyer en l'air sur le LPGA Tour», écrit-elle. À cause de la déperdition d'énergie interdite aux athlètes de haut niveau pendant les compétitions? En raison de la promiscuité et des qu'en-dira-t-on sur le circuit? Que nenni! La vérité selon Christina est toute autre. «Notre horizon est relativement restreint, écrit-elle. Des ados en chaleur agrippés à leurs calendriers Natalie Gulbis, des pères et leurs filles ou des retraités en chaussettes noires dans leurs sandales.» Les amatrices de golf apprécieront la galerie de fans ainsi dépeinte... Pour les autres, on précisera juste que Natalie Gulbis a beau être actuellement classée 70e mondiale, elle attire toujours autant les foules et les annonceurs. Et pour comprendre, on vous gratifie même d'une petite photo, tiens! (ci-après)

Christina Kim évoque également la question de l'homosexualité féminine dans un sport à la réputation d'aimant à lesbiennes. Or, nous dit-elle, c'est un peu exagéré tout ça. Et de se demander si certains mâles n'auraient finalement pas pris leurs désirs pour la réalité... «Comme il n'y a jamais eu de discussion honnête et ouverte sur la question du lesbianisme sur le circuit, écrit la championne, c'est devenu une source de fascination pour de nombreux fans et en particulier chez les reporters hommes. Or, chez nous, il n'y a ni homophobes super terrifiantes ni militantes de la haine des hommes.» La preuve, pour elle, la question ne serait tellement pas un problème entre collègues que «au mieux, la sexualité d'une joueuse peut faire partie d'une conversation au practice sur le mode "Hey, tu as entendu qu'une telle aimait les filles?" "Ah? Et sinon, tu as pris un fer 8 ou un fer 9?"»
Shut up and drive!
Ce bouquin rafraîchissant dans le monde du sport, on le conseillerait bien à une chanteuse de country qui a elle-même pondu un opus. Quel rapport? Très simple: Chely Wright (photo). Encore une fois, pas sûr que chez nous l'on goûte l'importance de ce fait, mais elle est une vedette de la country et elle vient de faire son coming-out. Bon, à la limite, peu importe direz-vous, et tant mieux pour elle. Certes, sauf qu'une fois la stupeur passée d'avoir découvert qu'elle aussi chantait Shut up and drive (mais ouf, rien à voir avec le titre de RiRi), se pencher dans le chapitre «Stereotypes» (la traduction est limpide...) de son autobiographie Like me sortie en même temps que l'annonce de son homosexualité plonge dans des abîmes de perplexité.
Ok, Chely, l'enfermement et le mensonge quant à son vrai moi dans ce monde, hum, disons «particulier» de la country ont dû être très difficiles à vivre. Mais de là à se la jouer: pauvre de moi qui ne me reconnaissais pas non plus dans l'imagerie lesbienne transmise par la télé car je rêvais d'être Miss America... Bon, voilà, en gros la jeune Chely découvrant ses émois «flippait» quand elle voyait Billie Jean King ou Martina Navratilova. D'ailleurs, de la première, elle se souvient qu'elle «a mis une seconde à déterminer son sexe» la première fois qu'elle l'a aperçue à l'écran.
Les chemises à col de Billie Jean King et Martina Navratilova
«Je ne m'habillais pas comme elles en tailleur-pantalon et chemise à col, écrit encore la vedette country, et mes cheveux n'étaient pas aussi courts que les leurs, mais je me suis demandé si éventuellement je leur ressemblerais en grandissant. J'avais peur que leur apparence ne soit celle que j'étais destinée à prendre. Cela m'effrayait car je ne pouvais pas imaginer comment une femme avec cette apparence-là pourrait un jour chanter sur la scène du Grand Ole Opry (le plus vieux show radiophonique hebdomadaire des Etats-Unis et diffusé depuis Nashville au Tennessee, ndlr). Toutes les chanteuses de country que je voyais à la télévision ou en photo portaient des robes avec des frous-frous et des paillettes et avaient les cheveux qui leur tombaient dans le dos. À un si jeune âge, tout cela me décourageait beaucoup.»
Comme disait Pascal: vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. Car pendant ce temps-là, d'autres jeunes filles trouvaient, elles, beaucoup de réconfort à la vue de ces deux immenses championnes. Et ce, qu'elles aiment indifféremment porter des jupettes ou des shorts.











LES CHAÎNES 














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De Mily
J'ai du mal à comprendre pourquoi vous stigmatisez tant les propos de cette chanteuse, qui relate ce qu'elle pensait quand elle était ado.
Certes, elle a pas l'air d'y être allée dans la nuance, ce qu'elle aurait pu faire, car comme vous le faites remarquer à juste titre, d'autres à l'époque ont vu ces femmes comme une bouffée d'oxygène.
Mais n'a-t-on pas le droit de dire qu'on ne se reconnaissait pas dans tel ou tel "modèle" érigé à l'époque où on commençait à peine à se découvrir homo ? Qu'on n'avait pas forcément envie, 10 ou 15 ans plus tard, d'être à l'image que "la communauté" semblait nous renvoyer ?
Car oui, au début, pour beaucoup, on n'a pas une vision très diversifiée du monde LGBT, on voit ce que les medias nous laissent voir, parfois quelques vagues connaissances... Il peut y avoir des "modèles" qui plaisent, qui font du bien, d'autres qui posent question, sur sa propre identité.
Après tout, se questionner, sans tout gober aveuglément jusqte parce que "c'est LGBT, donc c'est bien", c'est aussi comme ça qu'on avance et qu'on se construit, individuellement et collectivement ;)
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De Virginie1991
je suis tout à fait d'accord avec toi...sincèrement d'aussi loin que je me souvienne, quand j'étais petite et que je me posais des questions sur ma sexualité, il est vrai que puisque je n'avais pas du tout la même apparence que les lesbiennes "médiatisées", moi aussi ça me "faisait peur" dans un sens...les médias ont trop souvent tendance à afficher des stéréoypes...genre la lesbienne butch aux cheveux courts, masculine avec pleins de tatouages...et même si aujourd'hui je sais bien que le monde lesbien est fait de pleins de diversités, je peux comprendre qu'une jeune fille en pleine adolescence avec des cheveux longs et l'allure féminine se posent des questions..