DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. 2010? Non, retour vers le futur.
CHRONIQUE. Une nouvelle année, et pourtant un petit goût de déjà-vu. Une affaire Caster Semenya qui n'en finit toujours pas et deux anciennes retraitées archi-favorites de l'Open d'Australie. Quand est-ce qu'on se réveille?

Le 19 février prochain, Caster Semenya disputera sa première course officielle depuis son titre mondial sur 800 m. C'était en août 2009 à Berlin, et la Sud-Africaine de dix-neuf ans avait pulvérisé la concurrence, repoussant sa dauphine à 2''45 pour s'offrir la médaille d'or. Et le premier rôle dans l'une des plus grosses controverses qu'ait jamais connu l'athlétisme mondial. De fuites de vestiaires en investigations plus ou moins secrètes, de tests de genre en menaces de destitution, la question de l'hermaphrodisme présumé de la demoiselle a été propulsée sur le devant de la scène médiatique, sans jamais être soulevée frontalement par les instances internationales. Celles-ci préférant faire la sourde oreille ou brandir une obligation de réserve et un secret professionnel de circonstance.
Semenya n'a «jamais songé à abandonner»
Dégoûtée, meurtrie, abasourdie, Caster Semenya s'était retranchée dans son village, avait refusé de parler à la presse, avait même zappé ses examens universitaires mais s'était remise à l'entraînement. Son entraîneur vient de le confirmer en annonçant sa participation à une course nationale, Yellow Pages, dans un mois. «Elle n'a jamais songé à abandonner l'athlétisme, a ainsi affirmé Michael Seme. Elle a constamment envie de courir, pas de tout quitter. » Déclarations effectuées en présence de l'athlète, mais sans que celle-ci ne prononce un mot.
Selon le coach, cette rentrée sera l'occasion pour Caster Semenya de se tester avant de retourner à la compétition à un niveau international. «Il faut qu'elle coure bien et qu'elle batte d'autres Sud-Africaines, a-t-il expliqué, avant que nous soyons sûrs qu'elle reprendra la compétition internationale.»
Courra, courra pas? Mystère...
Là où cela se complique, c'est que, comme depuis le début de l'affaire, les propos de Michael Seme ne sont pas confirmés par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF). «À l'heure actuelle, il n'y a rien de neuf du côté de l'IAAF, a déclaré au Star le porte-parole de la fédération Nick Davies, et ce en dépit de ce que le coach de Madame Semenya peut dire. Nous sommes toujours en négociation et nous espérons prochainement arriver à un consensus.»
Ce qui, concrètement, veut dire que pour savoir si Caster Semenya aura ou pas le droit de participer à des compétitions internationales, il faudra encore attendre.
Kim vs. Justine, le combat reprend
Attendre, elles ne l'ont pas fait. On se souvient que l'année dernière, quelques semaines seulement après son retour à la compétition après deux ans d'absence, un mariage et un bébé, Kim Clijsters avait gagné l'US Open. Depuis, il ne fait aucun doute que la Flamande a retrouvé son rang de top player et qu'une future place de n°1 mondiale est tout à fait de l'ordre du possible.
Dans la foulée de sa folle aventure new-yorkaise, voilà-t-y pas que sa meilleure ennemie, la Wallonne Justine Henin, nous avait annoncé qu'elle aussi revenait après dix-huit mois d'arrêt… De quoi se demander si on s'ennuie tant que ça à la retraite. Du flan tout ça?
Qu'ont-elles fait pendant ce temps-là?
Brisbane, premier tournoi pour Juju, première épreuve commune pour les deux Belges et première finale entre les deux jeunes femmes. Drôle de façon de débuter la saison. Le pire? Eh bien c'est que cette finale a été somptueuse. Au point qu'on a du mal à ne pas s'interroger sur ce que les autres «top» – Serena Williams mise à part – ont fichu pendant ce temps-là.
À Melbourne, assistera-t-on à un nouvel épisode de Retour vers le Futur? En tout cas, pour le moment, la route tracée y ressemble fortement.
Photos: DR.

















