Cuba: un documentaire sur la première transexuelle du pays
Vingt-deux ans après avoir suscité une vive polémique à Cuba en y subissant la première opération de changement de sexe, Mavi rompt le silence dans le premier documentaire cubain consacré à la transsexualité.

Marilyn Solaya, la réalisatrice, et Mavi Susela, son «héroïne», lors de la première du film à La Havane, le 18 août.
Le Corps qui s'est trompé (En el cuerpo equivocado) a été présenté cette semaine a La Havane, en présence de sa réalisatrice Marilyn Solaya et de sa protagoniste, Mavi, une femme rondelette de 49 ans qui n'avait jamais auparavant évoqué publiquement son changement de sexe.
Mavi Susela a expliqué à l'AFP qu'elle a décidé de raconter sa vie pour que les gens «apprennent à nous aimer et nous comprendre» et qu’elle souhaitait «sensibiliser les gens pour qu'ils comprennent que les transsexuels sont des êtres humains qui ont un cœur et qu'il faut les respecter». Signe des temps, le film doit être présenté à travers le pays et sera diffusé à la télévision cubaine.
Préjugés
Il s'agit de la première œuvre cinématographique à aborder de front le thème de l'homosexualité et de ses préjugés sur l'île communiste où, dans les années 1960, homosexuels et autres «déviants» idéologiques étaient parfois envoyés dans des camps de rééducation.
Si les Cubains ont été parmi les premiers au monde à légaliser l'avortement et font preuve d'une grande ouverture en matière de sexualité entre les hommes et les femmes, la question de l'homosexualité et de la transsexualité reste très controversée.
Polémique nationale
On est ainsi loin du tollé qu'avait provoqué en 1988 l'annonce de la chirurgie subie par Mavi. La polémique à l'époque avait été telle que les opérations de changement de sexe, effectuées gratuitement comme tout traitement médical à Cuba, n'ont pu reprendre que vingt ans plus tard. Depuis, une dizaine de transsexuels ont pu bénéficier de ce type d’opération.
«Mon mari m’a dit: j'ai rencontré une femme, tu es une femme. Cela a été un soulagement.» La vie de Mavi n’a rien eu du conte de fée. Petit garçon, elle dit avoir été abusé sexuellement et avoir souffert de mauvais traitements à l'école, ainsi que du mépris de son père qui voulait le chasser de la maison familiale. Elle explique avoir fait plusieurs tentatives de suicides avant, de «pouvoir être ce que je suis».
«Tu es une femme»
Elle explique en outre qu'il lui a fallu beaucoup de courage pour avouer son histoire à son époux. «Il m'a répondu: “j'ai rencontré une femme, tu es une femme”, et cela a été un soulagement.»
«Si les gens pouvaient mieux connaître ce qu'est la transsexualité, qu'on naît comme ça, ils ne seraient pas aussi insensibles et ils ne diraient pas des absurdités», explique-t-elle. Mavi espère que ce film aidera d'autres transsexuels, encore «cachés dans le placard».
Par Rigoberto Diaz/AFP. Photo: AFP.











LES CHAÃŽNES 














0
De Delphine2612
Plutôt que "transsexuelle", pourquoi Têtu(e) n'utilise-t-il pas un terme qui ne date pas du temps des dinosaures (c'est à dire du XXème siècle)?
Il eut été nettement plus pédagogue d'utiliser: "Transgenre opérée"
0
De Scars
J'irais plus loin que toi Delphine, transgenre, transsexuelLE etc... opéréE ou non, ces termes sont souvent menés à rude épreuve car les définitions ne sont jamais les mêmes en fonction des personnes etc...
Pour ma part je préfère le terme de personnes transidentitaires qui est beaucoup plus générique et beaucoup polémique que transgenre ou transsexuelLE.