Cori Schumacher: surfeuse et lesbienne en son âme et conscience
DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. Parce que les vacances ne sont pas tout à fait terminées, pour son retour, désormais un samedi sur deux, le Vestiaire a décidé de rester encore un peu au pays des surfeuses. Rien que pour le tempérament de cette fille, Cori Schumacher. Une lesbienne de plus, une!

Il n'aura pas échappé à celles d'entre vous (nous!) qui suivent au moins de loin le surf que le titre de championne du monde a été attribué au cœur de l'été à la toute jeune Carissa Moore from Hawai. Sans que cela n'enlève rien au recto sublime d'Alana Blanchard (lire notre article)... Quant à celui de longboard, il est toujours en jeu, mais la victoire à Biarritz de l'Américaine Lindsay Steinriede lui a permis de prendre la tête du classement. «Quoi?! Comment?!», vous entend-on déjà demander, «et Cori Schumacher alors?!». Eh bien, non, point de Cori Schumacher. La championne du monde en titre, ouvertement lesbienne, a décidé de boycotter le circuit cette année, en raison de la tenue de l'étape décisive sur l'île d'Hainan, en Chine. La Chine, c'est bien là le problème.
Serveuse au «Naked Cafe»
Dans une lettre envoyée à l'ASP, l'instance dirigeante du surf mondial, la Californienne de 33 ans, a expliqué: «J'ai de profondes réserves politiques et personnelles à apporter un quelconque bénéfice à un pays qui s'adonne activement à la violation des droits de l'homme, et tout spécialement à l'encontre des femmes.» Un courrier qui a causé pas mal de remous dans les hautes sphères et sur lequel la championne est revenue dans le Del Mar Times: «J'ai eu l'impression d'avoir deux options: faire le déplacement avec toutes les réserves que j'avais et porter un tee-shirt «Tibet libre» ou un truc tout aussi banal, ou alors défendre ce en quoi je crois et attirer davantage l'attention sur ces questions au travers d'un boycott.»

Là où d'autres auraient sans doute hésité face au manque à gagner indéniable en se privant de possibles victoires sur le tour, Cori Schumacher a foncé. Et ce n'est pas surprenant. Car cette fille est une atypique dans le milieu. Depuis 2001, époque bénie où elle bénéficiait d'un contrat royal (!) de 2000 dollars par an, elle a toujours refusé, malgré le succès, toutes les propositions des équipementiers. Une façon comme une autre de protester contre le peu de cas fait du surf féminin, vu la différence de traitement côté picaillons entre hommes et femmes. «Je me suis dit: "je ne peux plus, c'est ridicule!", se souvient-elle. Alors, j'ai claqué la porte.» Ce qui fait qu'aujourd'hui, si vous vous baladez du côté de Solana Beach, dans sa Californie natale, songez à aller prendre un café ou un soy latte au Naked Cafe, c'est là que Cori gagne sa vie, en tant que serveuse.
Mariée avec Maria depuis 2008
Et il n'y a pas que cela. Cori est également ouvertement lesbienne dans un milieu qu'elle qualifie de pas si open que cela malgré les apparences. «Le surf a été voué aux gémonies par certains et porté aux nues par d'autres, dit-elle, comme un style de vie anti-establishment, anti-valeur travail, un monde de contre-culture, de losers, d'arnaqueurs, de rejetés de la société. Bizarrement, malgré ça, au sein même de cette culture de déviants, ceux qui dévient de la norme du surf, on les évite ou les ignore.»
Bien avant son mariage, en 2008, avec sa compagne de longue date Maria Cerda, elle avait embrassé la cause LGBT. Parce que pour elle, finalement, la vie est politique. Au sens premier du terme. «J'ai passé les dix dernières années à établir une vie au-delà du surf, au-delà du fait de me vendre pour de l'argent et bien, bien au-delà de faire ce que la majorité qualifie de "correct".»
De ces vacances du surf professionnel, Cori Schumacher aura profité. Pour montrer qu'elle sait faire plein d'autres choses. Ecrire notamment. Pour The Guardian, par exemple, où elle a notamment livré fin juillet un point de vue éclairant sur le coming out des sportifs et son absence dans le monde du surf. Mais aussi sur son site internet. Une mine de petites infos et de réflexions. Comme ce post consacré à la recherche d'une nouvelle combinaison qui tourne vite à une explication du féminisme dans le texte. Pas besoin de préciser qu'on adore.
Regardez Cori Schumacher en action lors du Roxy Jam de 2010:
Photos: Cori Schumacher lors du Roxy Jam de 2010 - DR.











LES CHAÃŽNES 














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De mart64
Le surf est un milieu très viril macho basic, dans lequel l'homosexualité n'a pas vraiment droit de cité, et ou les femmes ont mis du temps avant de commencer a se faire reconnaître...