Changer de sexe en Thaïlande va devenir moins facile
REPORTAGE. La Thaïlande est longtemps apparue comme le paradis pour les trans désirant se faire opérer. Mais un durcissement de la loi va compliquer le processus.
L'opération ne va durer que deux heures, sous anesthésie locale et va permettre à cet homme de 27 ans de réaliser le rêve de sa vie: devenir une femme. Simple en apparence, le changement de sexe va cependant devenir plus compliqué en Thaïlande avec un durcissement des lois.
Pour 2.000 dollars et après une intervention très rapide, Punlop Tongchai, danseur de cabaret, a donc perdu ses attributs masculins. Comme lui, dans un pays où les pratiques sexuelles sont libérées de la plupart des barrières morales qui pèsent en Occident, ils sont nombreux à avoir recours à la chirurgie, pour mettre leur corps en harmonie avec leur apparence.
Deux accords de psys nécessaires
Mais à compter de la semaine prochaine, les candidats transsexuels devront respecter plusieurs obligations avant de pouvoir subir l'opération, afin de montrer qu'ils y sont psychologiquement prêts. Ils devront ainsi prouver qu'ils ont vécu comme une femme depuis au moins un an, recevoir un traitement hormonal et obtenir l'approbation de deux psychiatres.
«Ce n'est vraiment pas nécessaire. Je ne voulais pas devoir subir tout cela, j'ai donc décidé de me faire opérer... avant que la loi ne s'applique», témoigne Tunlop.
Un militant favorable au changement
Le changement de sexe est interdit en Thaïlande avant l'âge de 18 ans, et pour les 18-20 ans, un accord parental est nécessaire. La nouvelle législation, selon Nathee Teerarojanapong, défenseur des droits des homosexuels, était nécessaire afin d'éviter des changements de trop hâtifs. «Je reçois tellement d'appels de gens qui regrettent d'avoir changé de sexe. Ils estiment avoir commis une énorme erreur et veulent revenir en arrière, mais c'est impossible», explique-t-il.
En plus des conséquences psychologiques et de la récupération en phase post-opératoire, le changement de sexe s'accompagne souvent d'effets secondaires liés à la prise d'hormones, tels que des bouffées de chaleur, une prise de poids et une perte musculaire et de la libido.
Obstacles inutiles
Pour l'opération, Punlop a consulté Thep Vedusit, un chirurgien qui considère lui que la nouvelle législation ne fait que créer d'inutiles obstacles.
M. Thep, qui propose une opération rapide et sous anesthésie locale, affirme avoir pratiqué 500 opérations et reçoit deux ou trois patients par semaine, la moitié d'entre eux étant des étrangers. «Je pense qu'un chirurgien peut se faire une idée de qui est un transsexuel… Chacun d'eux souhaite depuis longtemps avoir recours à la chirurgie et je ne pense pas qu'un psychiatre puisse leur apporter un plus», estime le chirurgien.
«Je suis heureuse»
Il aura fallu moins de deux heures au spécialiste pour créer un vagin à Punlop, en utilisant les tissus de ses organes génitaux masculins. Le patient peut quitter l'établissement le jour même et devra effectuer des examens durant les quatre semaines suivantes.
«Cela n'est pas très douloureux, je supporte. Est-ce que je suis heureuse ? Oui», assure Punlop. «Toute ma vie j'ai souhaité ce changement. J'en rêve depuis que je suis enfant.»
Par Claire Truscott / AFP.











LES CHAÃŽNES 














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De NémoGizmo
comme quoi un "paradis" pour L, G, B ou T peut subitement reculer, sans crier gare.
d'où la nécessité d'être toujours attentifs, vigilants, et avec de la mémoire, car les acquis que nous avons obtenus ici ou là restent parfois fragiles...
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De clémence75
Cher NémoGizmo, il ne faut pas crier tout de suite à l'injustice, à l'homofobie, à la transphobie. L'article en question, ne nous permet pas de savoir si cette loi est legitime ou pas. En s'agisant d'une questions trans il est indispensable de connaitre tout le contexte de la publication de cette loi. Il est important de savoir si elle a été fait pour empecher les gens de faire la réasignation ou au contraire pour les aider à ne pas faire une opération irreversible. Cette loi, si elle s'applique aux étrangers pourrait nous poser des problemes. En France il y a un certain nombre de psy transphobes qui nient notre identité de genre, si cette loi s'applique aux français, il va falloir que je me trouve un autre psy "transfriendly". Autrement dit, pour certaines filles retourner au point de départ.