«C'est un privilège de vivre en Suède»
Pour la première fois au monde, la principale Église d'un pays a décidé de célébrer religieusement des mariages entre homos. TÊTU a recueilli le témoignage de Lars Gårdfeldt, prêtre gay de Göteborg.
C'est une première mondiale pour une Église majoritaire: l'Église luthérienne de Suède, à laquelle appartiennent 70% des Suédois, vient d'accepter de marier des couples d'homosexuels (lire notre article d'hier). Lars Gårdfeldt, prêtre à Göteborg, s'est battu pour cette cause durant près de trente ans. En 2006, il s'est marié avec son compagnon au Canada, las d'attendre de pouvoir en faire autant en Suède.
L'Église luthérienne de Suède est la première église majoritaire au monde à accepter de marier des couples d'homosexuels. Quel est votre sentiment aujourd'hui?
Je réalise à quel point c'est un privilège de vivre dans ce pays et dans cette Église. J'espère que ça en inspirera d'autres. Si l'Église est une mère, alors c'est une joie de voir qu'elle accorde enfin à son enfant le droit qu'elle reconnaît à tous les autres. Mais je n'oublie pas que certains, en son sein, ont tout fait pour essayer d'éviter cette reconnaissance.
Certains prêtres ont déjà dit qu'ils refuseraient de marier des couples homosexuels. Est-ce un problème?
C'est vrai qu'en Suède, il n'est toujours pas interdit pour un évêque de refuser d'ordonner un prêtre homosexuel. Ceux qui s'y opposent sont souvent les plus âgés, bien qu'il y en ait parmi les plus jeunes aussi. Mais avec chaque année qui passe, l'opposition se réduit.
Pensez-vous que ce soit plus facile d'être prêtre et homosexuel aujourd'hui, qu'il y a quinze ans, quand vous avez été ordonné?
Je pense que plus de prêtres qu'avant sont aujourd'hui ouverts sur la question de leur homosexualité, dans leur paroisse. Plus d'étudiants en théologie aussi. Mais une majorité d'entre eux continuent de garder le secret, de peur de ne pas être ordonnés. Dans l'évêché de Linköping par exemple, où l'évêque va bientôt prendre sa retraite, on ne sait pas qui va lui succéder. Or à chaque élection, il y a toujours des candidats qui font campagne en affirmant qu'ils refuseront d'ordonner les prêtres homosexuels.
Photo: DR.


















De bearamber
Mais vivre en France est aussi un privilège! Bon, ça va, je sors, mais pas taper!