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Brown Boi Project: une nouvelle communauté pour les butchs et les trans

Par Suzanne Wilson jeudi 01 décembre 2011, à 12h03 | 3550 vues
Plus de: Brown Boi Project, boi, butch, lesbienne

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En Californie est née une communauté originale qui rassemble, lors de «retraites», de jeunes femmes masculines et hommes, trans ou non, de couleur. Pour mieux prendre soin de soi et des autres.

Ils se définissent comme trans, hommes biologiques, «êtres aux deux esprits», ou «femmes lesbiennes ou queers qui tendent vers le côté masculin du spectre du genre». Ce qui comprend «un large éventail d'identités telles que butch, stud, aggressive/AG, tom, macha, boi, dom...» Tous, au-delà de leurs identités individuelles, qu'ils soient homos ou hétéros, se reconnaissent sous le concept de «brown boi». Brown, «marron», parce qu'ils ne sont pas blancs, et boi (se prononce comme «boy», «garçon») parce qu'ils et elles ont un look masculin, et qu'ils sont jeunes (moins de 35 ans). Tou(te)s ont encore un point commun: professionnellement, ce sont des leaders, des chefs.

Depuis 2010, les bois de couleur ont leur propre espace à Oakland, en Californie, grâce au Brown Boi Project. De quoi s'agit-il? D'une communauté organisée autour de «retraites» collectives, destinées à la réflexion, au bien-être, et surtout à la prise de conscience de ses propres privilèges. Car la masculinité et le statut de chef «confèrent certains privilèges qu'il faut transformer en des outils de justice de race et de genre», décrypte B. Cole (photo ci-contre), la consultante américaine à l'origine du projet.

Être une vraie famille pour les femmes
Après des études 
à la London School of Economics et «une dizaine d'années d'expérience comme consultante queer de couleur» -notamment à la Maison Blanche-, B. Cole a ressenti «le désir de créer un monde où les personnes masculines, qu'elles soient hommes ou femmes, hétéros ou queers, puissent être en bonne santé, mais aussi de vrais partenaires, de vrais amis, une vraie famille pour les femmes»

Comment fonctionne le Brown Boi Project? «Nous réunissons des jeunes leaders (directeurs d'entreprise, designers de mode...) qui désirent opérer des changements dans leur vie, leur famille ou leur communauté», raconte B. Cole. «On a même un boucher venant de la Caroline du Nord rurale!» Les participants sont recrutés par candidature, et les heureux élus «sont envoyés en Californie pour la retraite».

Des privilèges masculins
Durant ce repli de cinq jours, ils vivent ensemble, réfléchissent à la construction de l'autorité. «Ils participent aussi à des discussions sur l'identité, la famille, le pouvoir, l'oppression...» Les brown bois y acquièrent des compétences solides en matière d'organisation communautaire, de communication... Il s'agit, en somme, d'apprendre à prendre soin de soi et des autres.

Crystal (photo ci-contre), brown boi d'origine cubaine et fondatrice de la marque de vêtements marimacho, nous raconte sa retraite. «J'ai trouvé le projet par Facebook et j'ai tout de suite été attirée. On a surtout parlé des privilèges masculins. J'ai compris que, même si j'étais une femme et que j'avais un corps de femme, j'avais, en étant masculine, des privilèges masculins.»

«Ma façon de me comporter me confère un certain respect que les personnes féminines n'ont pas, et j'ai réalisé l'importance de leur faire une place, continue-t-elle. Le problème, c'est que notre seul modèle de masculinité, c'est souvent... les hommes!»

«Être entre personnes de couleur crée aussi un bon espace de réflexion, car le racisme est présent de manière discrète dans de nombreuses situations.»

Un concept «radical et brillant»
Mimi, autre brown boi, conclut:«le concept dans son ensemble est brillant, réel et radical, car il est entièrement centré sur l'amour. Quand on s'aime et qu'on travaille sur soi, on est incroyablement mieux équipé pour aider notre communauté.»

Le Brown Boi Project vient d'ailleurs de publier Freeing Ourselves, un guide de santé unique en son genre puisqu'il est destiné aux personnes masculines de couleur. Celui-ci couvre diverses problématiques comme la consultation gynécologique pour les personnes trans ou masculines, l'alimentation, la pratique physique ou le traumatisme sexuel, et devrait être traduit en français en 2012 grâce au soutien du Queer African Youth Networking Center et du People projet.

Regardez le reportage réalisé par le magazine américain Curve (en anglais):

Photos: Brown Bois 2010/Anthony Dimaano
Photos Crystal: Suzanne Wilson pour TÊTUE

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7 réactions de la communauté

 
spicefag

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De spicefag

Le 01 décembre à 19h44

J'adore, c'est le genre d'initiative qui du sens. Bien loin de l'inconsistance des mouvements lgbt à dominante "gay blanc et bourgeois" qui se préoccupent plus de leur pouvoir d'achat que de remettre en question les privilèges de genre et les privilèges de race dans la société... Au fait, vous avez voté pour "la voiture la plus gay-friendly" ? lol

 
Gâ-L

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De Gâ-L

Le 02 décembre à 13h31

C'est quand même vachement sectaire comme initiative. Uniquement "brown", uniquement des femmes ou ex-femmes à tendances masculines, avec des "heureux élus recrutés sur candidature" jouissant tout de même d'une bonne réussite sociale, mouais...

Je ne sais pas mais se retrouver entre "personnes de pouvoir viriles", je ne trouve pas ça plus sain que ce qui se fait habituellement dans le monde des businessmen blancs.

Quant à la notion de privilèges du masculin elle m'agace, s'il ne s'agissait que de ça, on serait tous des drags. Une transition/adaptation de genre même au plus petit niveau c'est pour être en accord avec soi-même, pas avec son porte-monnaie.

 
hector dumas

0

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De Marysett

Le 02 décembre à 15h03

+ 1 !

 
hector dumas

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De Marysett

Le 02 décembre à 15h03

+ 1 !

 
hector dumas

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De H.I.P

Le 02 décembre à 15h19

@Marysett : 1+1 = 2 .

 
H.I.P

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De H.I.P

Le 02 décembre à 15h35

Il s'agit donc d'un réseau de développement personnel,et d'influence communautaire à visée globale.Bon,c'est un programme intéressant,quoique trop "fermé" à mon gout .Tout dépend donc de ce qu'ils entendent par "outils".

Je trouve le "réservé aux non-blancs" too much.Ils sont dans une nation multi-ethnique,ce n'est pas comme si leur "race" était une nationalité en terre étrangère.Ce coté "exclusion assumée" me dérange.Les mots ont un sens,et un groupe équivalent avec un nom "White boi project" aurait fait couler beaucoup d'encre,malgré l'applicabilité du projet.

Après,en pratique,l'idée peut être utile si l'utilisation qui en est faite est dénuée de politisation/récupération raciale. S'il s'agit donc d'un pragmatisme spécifique aux "besoins" communautaires.
Dans ce cas ça un sens,puisque la masculinité,le pouvoir et toutes les questions liées aux "races" ne sont pas nécessairement abordées de la même manière par la majorité des groupes ethno-culturels.Parfois il faut être "de l’intérieur" pour mieux changer les choses,et les aborder sans décalage par rapport aux populations visées.
Mais là encore,ces choses s'apprennent par l’expérience,l'exclusion raciale n'est pas nécessaire selon moi.

 
hector dumas

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De Lafcadio

Le 04 décembre à 21h55

Il est vrai...
Enfin moi ça me fait quand même doucement rigoler. D'un côté on a les gender studies qui nous répètent que le genre c'est super compliqué, à la rigueur tellement compliqué que quoi qu'on dise on est en-dessous de la réalité ; et de l'autre on se raccroche à un référentiel aussi primaire que la couleur de peau, surtout dans une société aussi multiethnique que les USA.

 
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