Billets d'avion: la solidarité sur la base du volontariat
Philippe Douste-Blazy, chargé des financements innovants dans le cadre d'Unitaid, a annoncé à Oslo que la contribution de solidarité sur le coût des billets d'avion, pour un fonds dédié à la lutte contre sida, paludisme et tuberculose, serait basée sur la volonté des consommateurs.
Le président du système de financements innovants Unitaid, Philippe Douste-Blazy, a annoncé mercredi à Oslo le lancement dans le courant de l'année d'une contribution volontaire de solidarité payable lors de l'achat de billets d'avion.
Le principe consistera à proposer à tous les usagers du transport aérien à travers le monde à verser l'équivalent de deux dollars lorsqu'ils achètent leur billet sur internet au profit de la lutte contre les pandémies dans les pays pauvres.
«Nous allons lancer, d'ici la fin de l'année j'espère, la première microcontribution de solidarité citoyenne mondiale volontaire», a dit à l'AFP M. Douste-Blazy, ex-ministre français de la Santé puis des Affaires étrangères, en marge d'une conférence sur les effets de la crise économique sur la santé.
Des accords ont été passés avec les trois principaux systèmes de réservation en ligne -l'européen Amadeus, l'américain Sabre et l'anglo-américain Travelport- qui proposeront aux internautes de cliquer sur «un box» pour effectuer facilement leur donation.
L'initiative vient en complément de la taxe obligatoire de solidarité sur les billets d'avion lancée en 2006 à l'initiative de la France et aujourd'hui appliquée par une douzaine de pays.
Deux des 2,5 milliards de billets d'avion vendus chaque année sont achetés sur internet, a souligné M. Douste-Blazy.
Une étude réalisée par le cabinet McKinsey a montré que la contribution volontaire pourrait permettre de récolter «plusieurs centaines de millions de dollars complémentaires», a-t-il précisé.
«Après avoir constaté le cynisme du capitalisme financier, tout en gardant les bases de l'économie de marché, (...) il est temps de proposer des choses nouvelles» pour venir en aide aux pays les plus pauvres, a ajouté M.
Douste-Blazy.
Selon lui, la taxe de solidarité a permis de lever quelque 350 millions de dollars par an au profit de la lutte contre trois grandes pandémies dans les pays pauvres: le sida, le paludisme et la tuberculose.
Unitaid, qui dépend de l'ONU, est une centrale destinée à financer l'achat en gros de médicaments pour permettre une réduction des prix, de l'ordre de 50% dans les pays pauvres selon M. Douste-Blazy, et pour encourager les laboratoires à produire des versions à usage pédiatrique à coût réduit.
«Ces financements innovants sont aujourd'hui vraiment d'actualité puisque la crise financière va avoir des répercussions effroyables sur les pays en développement», a souligné M. Douste-Blazy.
La crise pourrait entraîner la mort de 200.000 à 400.000 enfants supplémentaires chaque année dans les pays pauvres, a-t-il dit en citant des chiffres de la Banque mondiale.
Unitaid finance déjà, via la fondation Clinton, le traitement de trois enfants atteints par le sida sur quatre, selon M. Douste-Blazy.
Le 17 avril, le Français devrait être de retour dans la capitale norvégienne pour dévoiler le «grand programme d'éradication du paludisme dans le monde» qu'Unitaid financera à hauteur de 130 millions de dollars.
Avec AFP. Illustration: DR.












0
De NémoGizmo
pourquoi ne pas, plutôt, cherche à convaincre les pays qui ne l'appliquent pas à tous les billets d'avion? C'est certain, c'est moins facile...
cela permettrait des recettes + sûres, + stables et moins aléatoires. Franchement je ne vois pas comment une "étude" sérieuse pourrait PREVOIR le volume de tels dons, c'est un peu du pipeau à la Douste-Blabla, comme souvent...
en période de crise, on peut redouter très fort que les dons volontaires soient nombreux!