Berlin, le paradis des gouines?
Elles sont graphistes, DJettes, serveuses, vidéastes... Elles s’appellent Marine, Vanessa, Aline, Camille ou Séverine. Leur point commun: avoir quitté la France pour Berlin. Coup de gueule, coup de cœur, coup de tête, elles nous racontent leur nouvelle vie. Rencontres.

On se prend une bière au Wirr Warr?
Kreuzberg est un village, et la galerie-salon Wirr Warr, sur Dieffenstrasse, le QG de toute la gouinerie queer féministe berlinoise. Avant d’arriver dans la capitale allemande, les deux Françaises qui ont ouvert ce bar-concept étaient respectivement fabricante de savon fait main et «glandeuse» à Montpellier. Aujourd'hui, Aline et Vanessa ont fait un revirement à 100%. Fini la France de Sarkozy, bienvenue Berlin et ses nuits de folie. Workshop du Queer Porn festival, expo-photo radicale et nouvelle soirée SOAP for Dirty Bitchez: le couple multiplie les événements alternatifs. «Ce qu’on aime à Berlin, c’est le côté hyperpolitique des filles et leur diversité. On ne voit jamais deux fois les mêmes nanas», s’émerveille Vanessa (la brune). Et pour cause! Selon ses propres estimations, au moins trois mille lesbiennes habiteraient le quartier de Kreuzberg. Originaire de Nantes, Marine, une graphiste free-lance qui travaille sur un projet de magazine electroni-queer intitulé Un-domesticated confirme. «Vu que tout se passe ici, on ne sort pas souvent de notre cher quartier. (…) Il y a des Allemandes, des Françaises, mais aussi pas mal de Suédoises et d’Italiennes » Miam, miam, miam!
Kreuzberg, le paradis en neuf lettres
Avec ses restaus bio, ses punks, son milieu alternatif en perpétuelle ébullition, ses friches et ses brocantes et des lesbiennes en-veux-tu-en-voilà, Kreuzberg est devenu depuis quelques années le nouvel eldorado pour une tripotée de gouines en mal d’esprit libertaire et de «queer attitude». Les appartements sont grands et faciles à partager. Installées là depuis octobre 2007, Aline et Vanessa ont ainsi déniché en deux jours, un 60m² pour 330 euros par mois. Imbattable!
Vie pas chère, esprit contestaire, Berlin a également séduit Camille, jeune Dijonnaise de 21 ans. Cheveux rasé et binder (cache-sein) de rigueur, la jeune femme nous raconte avec exaltation son Erasmus berlinois: un mix d’épanouissement identitaire sur fond de politisation queer/féministe et anticapitaliste. Ses occupations favorites: des cours de «gender studies» à la Humbold University, le Schwarzer Kanal, un squat de roulottes de femmes/trans et son club de boxe, le Seitenwechsel, le plus grand club de sport pour femmes/lesbiennes/trans d'Europe. Bien sûr, tout n’est pas rose sous le ciel berlinois. Le hic? Trouver du boulot. La concurrence est rude et les salaires incroyablement bas. Séverine, électricienne de formation, a galéré pendant un semestre avant de dénicher son mi-temps de livreuse. Sans parler du problème de la langue et des hivers qui n’en finissent pas! Alors, mesdemoiselles, avant de tout plaquer, mieux vaut tester l’expérience. À moins de 100 euros l’aller-retour en avion, vous auriez tort de vous en priver!




















