Belgrade: la gay pride annulée face aux menaces des extrémistes
Le ministère serbe de l'Intérieur voulait déplacer le parcours de la marche hors du centre-ville, pour éviter les débordements. Les organisateurs ont refusé.
Les médias serbe viennent d'annoncer la nouvelle: la Gay pride qui devait avoir lieu dimanche à Belgrade a été annulée, selon les organisateurs de cette manifestation.
Groupuscules ultra-nationnalistes
Motif de cette annulation: les organisateurs ont été informés par le ministère de l'Intérieur que le défilé ne pourrait se dérouler sans incidents. La police a proposé aux organisateurs de déplacer le lieu de la tenue du défilé homosexuel à Usce, un grand espace vert séparé du centre ville par la Sava, mais ceux-ci ont refusé et décidé d'annuler l'événement, selon les premiers éléments d'information recueillis par la presse.
Le rassemblement gay devait se faire dimanche matin devant la faculté de philosophie, en plein centre de la capitale serbe. Mais plusieurs groupuscules ultra-nationalistes ont exprimé récemment leur désir d'en découdre contre les manifestants, le secrétaire général du mouvement ultra-nationaliste «Obraz» (Honneur), Mladen Obradovic, affirmant que les organisateurs de l'événement seraient les «uniques responsables» de ce qui pourrait advenir.
Agression contre un supporteur français
Le ministère serbe de l'Intérieur avait d'abord annoncé jeudi que «plusieurs milliers de policiers» seraient mobilisés pour assurer la protection de la «Belgrade pride». Car le premier rassemblement homosexuel à Belgrade, en 2001, s'était soldé par des heurts et les policiers n'avaient pas été en mesure de contenir des
supporteurs de football, ultra-nationalistes et autres skinheads, bien résolus à s'en prendre aux manifestants.
Un supporteur français de l'équipe de football de Toulouse a été grièvement blessé jeudi soir par des supporteurs de Partizan Belgrade et son état restait «critique» samedi, selon les médias serbes. Cette agression avait incité les autorités serbes à mettre en garde vendredi les différents groupes "extrémistes" dans la capitale avant le défilé homosexuel.
Avec AFP. Photo: Fotolia.












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De vanka
La route est longue, longue... les partisans de "l'Honneur" se sont assis sur celui du pays! La Serbie s'enfonce ainsi dans le limbe de l'Union Européenne tant convoitée. Les gouvernants, Boris Tadić en tête, vont devoir faire plus que jamais les équilibristes avant de pouvoir montrer patte blanche.
Ils avaient pourtant garanti la sécurité. Mais le danger des voyous a été déterminant.
On n'a pas fini d'en reparler, de ce flop assourdissant.
D'un autre côté, les LGBT menacés ont bien fait de se mettre à l'abri dans une ambiance aussi violente. Elle le serait moins, violente, si la démocratie marchait mieux et la corruption et le j'm'en-foutisme étaient moins étendues - si l'Eglise orthodoxe, engluée dans de sordides histoires d'héritages et de rivalités matérielles, mettait en pratique ce qu'elle sait si bien prêcher: l'Amour du prochain.
C'est dramatique.