Bagdam, vingt ans consacrés aux lesbiennes: Mariel Macia
Pour fêter son 20ème anniversaire, Bagdam a choisi de se pencher sur «L'Arme du rire/Larmes du rire» pour son colloque international d'études lesbiennes qui réunit des chercheuses et militantes de tous les pays. Découvrez-les avec TÊTUE.COM.

Le succès de ses courts-métrages permet à Mariel Macia, jeune réalisatrice de 28 ans vivant à Madrid, de faire le tour des festivals dans le monde. Plus de deux cents au compteur, et un certain nombre de prix, en Espagne, aux Etats-Unis, en Allemagne, en France, en Argentine, au Brésil... Le célèbre magazine lesbien américain Curve a même primé en 2006 Flores en el parque (o los primeros besos) - l'histoire de deux filles qui se rencontrent sur internet - comme l'un des meilleurs courts métrage à thématique lesbienne du monde! L'année suivante, A domicilio (o incluso tambien el amor), obtient le prix du meilleur moyen métrage à Cineffable. Après des études à l'université de Buenos-Aires où elle réalise déjà plusieurs films, celle qui dirige également une troupe de théâtre, continue de faire des oeuvres autour du lesbianisme, «sur un mode réaliste et en essayant de démonter les stéréotypes». Pas de modèle particulier en tête, Mariel Macia s'affirme «politique, mais pas directement», et aime évoquer «des sujets un peu tabou derrière l'humour», comme l'histoire d'une mère de 45 ans qui se prostitue pour la première fois...
Bagdam, vingt ans consacrés aux lesbiennes
Six colloques depuis 2000, douze festivals du Printemps lesbien, Bagdam est devenu le symbole de la vie lesbienne à Toulouse... et bien au-delà. D'abord sous forme de Bagdam Café de 1989 à 1999 - premier et unique café entièrement non mixte dans l'hexagone - puis de Bagdam Espace Lesbien après sa fermeture. Plus de lieu donc, mais des publications (Espace Lesbien et Bagdam édition), et toujours de l'énergie à revendre ! Cent pour cent lesbien, tel est le credo des fondatrices de cette association qui entend être «un des lieux majeurs d'expression, d'initiative et d'échange des créations et de la pensée lesbienne»*, sans se soumettre aux «normes ambiantes». Avec «l'ambition non seulement de transformer la vie quotidienne des lesbiennes (politique intérieure), mais aussi d'imposer leur existence citoyenne (politique extérieure)».
A son origine, quelques lesbiennes féministes, issues de la Maison des Femmes de Toulouse (créée en 1976), Brigitte Boucheron, Jacqueline Julien, Sylviane Francesconi et Sonia Ruiz, qui ont voulu créer un espace qui leur soit plus spécifiquement dédié. Tout en revendiquant l'héritage du mouvement des femmes des années 70, dont la ville rose fut particulièrement partie prenante. Pour fêter son 20ème anniversaire, Bagdam a choisi de se pencher sur «L'Arme du rire/Larmes du rire» pour son colloque international d'études lesbiennes qui réunit des chercheuses et militantes de tous les pays. Quant au traditionnel Printemps, il propose de nombreuses manifestations (films, débats, concerts, expos...) en partenariat avec la cinémathèque, des librairies, l'université, etc Un festival en ville qui est l'occasion de se faire connaître dans toute l'agglomération. Avec désormais le soutien officiel de la municipalité et des institutions régionales. Une grande nouveauté à saluer.
Photo Anne Delabre

















