Annie Leibovitz ruinée par sa folie des grandeurs
À 59 ans, Annie Leibovitz, une des plus grandes photographes du moment est quasi ruinée. Ne pouvant pas rembourser une dette pharamineuse, elle risque d'être dépossédée de son œuvre et de ses trois résidences. Récit de la chute de la maison Leibovitz.

Comment cette star des photographes qui facture 100.000 $ le portrait et 250.000 $ la journée pour une commande publicitaire en est-elle arrivée, en décembre 2008, à contracter un emprunt de 24 millions de dollars à Art Capital Group, une société spécialisée dans les prêts à court terme? L'obligeant, en échange, à hypothéquer son portfolio ainsi que ses résidences dans des quartiers huppés de New York?
Un délai de remboursement expiré
C'est pourtant cette dette, arrivée à échéance, que lui réclame la société de crédit depuis juillet dernier. Mais l'artiste se trouve dans l'incapacité de payer. La Cour Suprême de l'Etat de New York avait fixé une date butoir de remboursement au 8 septembre à minuit. Le délai est donc arrivé à expiration et Annie Leibovitz risque maintenant de voir Art Capital Group vendre une partie ou la totalité de ses biens immobiliers et de ses œuvres photographiques (estimées à 50 millions de $) pour se rembourser. A moins que la justice lui accorde un nouveau délai, ou que la débiteuse se déclare en faillite, solution qui pourrait la mettre à l'abri de ses créanciers pour un moment
La photographe des célébrités internationales
Depuis une quarantaine d'années, les photos d'Annie Leibovitz pour Rolling Stone, Vanity Fair ou Vogue, mêlant hyperréalisme et une pointe d'humour, ont assis sa notoriété au plan international et en ont fait la coqueluche des magazines et des stars. John Lennon nu en position de fœtus aux côtés de Yoko Ono juste avant son assassinat, Demi Moore enceinte et nue en couverture de Vanity Fair, Whoopi Goldberg dans un bain de lait et Bette Midler sur un lit de roses rouges, c'est elle!
Tous les grands de ce monde sont passés devant son objectif: la reine Elizabeth, Barack Obama, Carla Bruni-Sarkozy, Tony Kushner, Baryshnikov, Matthew Barney, Uma Thurman, Nelson Mandela etc. En parallèle, Annie Leibovitz a photographié ses parents, sa famille, et surtout Susan Sontag, romancière, essayiste féministe et sa compagne de quinze ans, sans oublier ses trois petites filles Sarah, Susan et Samuelle. Elle a également immortalisé Ground Zero et le conflit à Sarajevo. A ce propos, en préface de son livre A photographer's life 1900 - 2005, Annie Leibovitz écrit: «Je n'ai pas deux vies. Il s'agit d'une seule et même vie qui comporte des photos personnelles et des commandes.»

Ses shootings sont hors de prix et sa gestion catastrophique
Née dans le Connecticut, Annie a suivi des cours du soir en photographie. En 1970, le magazine américain Rolling Stone l'engage pour des portraits d'artistes et des reportages sur des concerts ou des tournées. En 1983, elle rejoint le milieu de la mode en travaillant pour Vanity Fair puis Vogue en 1998. Ses mises en scène extravagantes, ses décors onéreux et les costumes luxueux qu'elle exige, plaisent aux lecteurs. Ne regardant jamais à la dépense, Leibovitz fait construire un bassin pour y plonger Kate Winslet et fait fermer le Parc de Versailles et le Trianon pour shooter Kirsten Dunst. Des notes de frais astronomiques, un nombre incalculable d'assistants et des commandes farfelues font parfois grincer les rédactions des magazines qui finissent par céder devant la qualité et l'originalité de l'image rendue.
Très mauvaise gestionnaire et grosse dépensière, Leibovitz achète des penthouses à New York et une maison à Paris sur un coup de tête pour sa compagne Susan Sontag, s'aventure dans des travaux herculéens dans ses multiples résidences, oublie de payer ses impôts et ses stylistes et emploie une armada de personnel. Sa rigueur au travail contrastait avec son mépris des contingences matérielles et sa folie des grandeurs. Elle risque de perdre le travail de tout une vie.
En bonus, le shooting de Kirsten Dunst en Marie Antoinette à Versailles pour le Vogue américain :
Celui de Catherine Deneuve sur un quai de gare pour un célèbre malletier français :
Et l'extrait d'un documentaire avec les shootings de Bette Midler, John Lennon et Yoko Ono, Julia Roberts et George Clooney.


















De Menoo
Oh nooooooooon, faites pas de mal à Annie ! Bon, quelqu'un a l'adresse où envoyer les dons ? :p C'est quand même triste d'assassiner un artiste pour des sous-sous. On le sait, que les artistes sont des irresponsables... Bon, qui signe ma pétition pour que la licence poétique ait une valeur juridique ? :p