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Afrique: Persécutés dans leur pays, des LGBT se réfugient au Kenya

Par Rédaction (avec agence) lundi 06 février 2012, à 12h36 | 3115 vues
Plus de: Kenya, Afrique, Somalie, République démocratique du Congo, David Kato, droits lgbt

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Au Kenya, une organisation s'est occupée de 67 cas de réfugiés LGBT en 2011. Ces derniers tentent d'échapper aux lois somalienne, congolaise, ougandaise...

KenyaAvant qu'un projet de loi contre l'homosexualité n'enflamme l'Ouganda, John et Paul (photo) pouvaient se tenir la main dans les rues de Kampala, s'embrasser dans les clubs. Puis le «cauchemar» a commencé, les insultes ont fusé, les coups se sont multipliés, et ils ont dû fuir au Kenya. Le couple vit depuis mai 2011 à Nairobi. Comme d'autres lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, ils sont arrivés dans cette «jungle urbaine» de près de 4 millions d'habitants en espérant y rester anonymes, explique le responsable d'un programme prenant en charge ces réfugiés particuliers.

Son organisation, qui s'est occupée de 67 cas de réfugiés LGBT au Kenya en 2011, ne souhaite pas être nommée de peur de mettre en péril ses protégés. Ils tentent d'échapper à une stricte application de la loi islamique en Somalie, à un climat de violences sexuelles généralisé en République démocratique du Congo ou à une hostilité croissante dans d'autres pays d'Afrique de l'Est.

«On nous a traités d'animaux»
Certains espèrent pouvoir se réfugier auprès de pays occidentaux leur portant une attention particulière, comme les Etats-Unis: le président Barack Obama a appelé en décembre à mettre la discrimination contre les homosexuels au coeur de la diplomatie américaine.

A Kampala, les gens «ne savaient rien des gays» avant qu'un député ne propose en 2009 de renforcer la loi contre l'homosexualité, passible de la prison à vie, mais pas appliquée. «Des manifestations ont été organisées, on nous a traités d'animaux», raconte John, 26 ans. Mais le pire est arrivé quand un tabloïd, qui appelait ses lecteurs à «pendre les homosexuels», a publié en octobre 2010 les noms, photos et adresses de plus d'une vingtaine d'entre eux, dont celles du couple. «Des gens ont commencé à disparaître», assure John, lui-même plusieurs fois tabassé. «Les commerçants ne voulaient plus nous servir.»

Attaqué et sauvé, puis emprisonné et battu
Puis Paul s'est fait attaquer. «Je regardais un film quand j'ai entendu beaucoup de bruit», raconte ce robuste jeune homme de 24 ans. «Des gens se sont introduits chez moi», armés de «pierres, de bâtons et de machettes». Son compagnon, qui s'approchait alors de la maison, s'est enfui. «Pour moi il était mort.»

Paul doit sa vie à l'intervention de la police. Qui l'a ensuite emprisonné. «J'ai été abusé physiquement, battu, je saignais de partout», raconte-t-il péniblement. Son ami David Kato, un militant gay, est intervenu pour le faire libérer. Son logement ravagé, dans l'incapacité de se rendre dans ses trois magasins d'électronique, Paul espérait toujours que la situation s'améliore quand David Kato a été sauvagement assassiné début 2011 (lire notre article), suscitant une large condamnation internationale. Il s'est alors décidé à rejoindre John, parti se cacher à Busia près de frontière kényane.

Un processus très lent
Leur compatriote Danie n'a, elle, pas été physiquement agressée avant son arrestation, car elle cachait sa singularité. Transgenre, elle était fonctionnaire dans l'un des principaux lieux de pouvoir du pays et servait, clandestinement, de contact pour des organisations américaine et canadienne de défense des droits LGBT. Quand ses activités secrètes ont été découvertes, elle a été emprisonnée pendant cinq semaines. «Ils voulaient savoir quel était notre objectif caché, j'ai été accusée d'être un ennemi du gouvernement», raconte-t-elle. Danie, 31 ans, a été libérée grâce à l'intervention d'un oncle bien placé et s'est enfui au Kenya fin juillet 2011. Selon ses contacts à Kampala, des agents du renseignement ougandais sont partis à sa recherche à Nairobi.

La situation des réfugiés LGBT est particulièrement douloureuse, estime le responsable du programme les protégeant. Pas de retour possible dans leur pays où leur vie reste en danger. Pas non plus d'installation possible au Kenya, qui n'accorde pas de permis de travail aux réfugiés et où l'homosexualité est aussi illégale. La seule solution est souvent le départ vers d'autres pays. Depuis quelques années, son ONG tente de sensibiliser les organisations humanitaires à leur sort. «C'est un processus très lent, les gens sont très réticents à traiter des cas de réfugiés LGBT en tant que tels», souligne-t-il. «Ils estiment que d'autres priorités sont plus importantes.»

Photo: AFP.

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27 réactions de la communauté

 
reas

2

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De reas

Le 06 février à 13h06

En France,on se plaint de ne pas encore avoir le mariage homo mais au moins on peut vivre correctement notre homosexualité. On est chanceux!!!

 
hector dumas

3

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De Korial : je vis avec Robocop

Le 06 février à 13h22

et en aux pays bas ils peuvent se marier.. Ils sont chanceux... SIIK

 
hector dumas

2

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De reas

Le 06 février à 20h51

je suis d'accord avec toi, mais ce que je voulais dire c'est que l'on se fait carrément moins persécuter qu'en Afrique. Je parle de cette chance là! Et concernant la France tout ce fera en mai!!!

 
hector dumas

2

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De jlth

Le 06 février à 21h59

Il n'est pas question de l'Europe de l'ouest ici, mais de la situation dramatique des lgbt dans certains (pour ne pas dire la plupart malheureusement) des Etats du continent africain.
Et qui se cachent derrière tout çà ? Encore des religieux de tous poils.
N'étant pas conservateur, je dois reconnaître que je suis tout à fait d'accord avec les propositions du 1er ministre britannique qui souhaite conditionner l'aide au respect des minorités.
reas, tu parles de la France, on attend que notre gouvernement s'aligne sur la position britannique, mais quand on entend les déclarations des politiques de la majorité actuelle, on en est loin ...

 
hector dumas

3

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De reas

Le 06 février à 22h20

Ca c'est sur, mais je crois que l'on s'est mal compris, la chance que je voulais parlé, est celle de vivre dans un pays où si tu tiens la main et/ou embrasse ton(ta) conjoint(e) dans la rue tu a plus de chance de te faire mal regardé que de te faire tabassé.
J'avoue que le gouvernement français laisse à désirer... Originaire d'un pays africain, j'ai eu la chance de découvrir mon pays avec sa richesse et culture et la malchance de découvrir que les homos n'ont pas de "bar" à eux, de quartier référentiel , ne sont pas représenté et que les agressions homophobes sont d'un nombre imaginale...

 
hector dumas

2

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De H.I.P

Le 07 février à 00h23

D'accord avec Reas , même si je n'emploierai pas le mot "chanceux". Je pense aussi que c'est par manque de points de comparaison " réels" que certains Tétunautes mettent systématiquement le mariage et l'adoption en parallèle avec les conditions plus qu' épouvantables dans lesquelles vivent d'autres lgbt persécutés ( d'ailleurs, très révélateur de choisir "Pays-Bas" au lieu "d' Afrique du Sud", preuve de plus que la sécurité du quotidien prime avant le mariage) .

Ce n'est pas le même registre, les gays iraniens ou les lesbiennes sud-africaines sont en bas, mais vraiment tout en bas de la pyramide de Maslow.
Après, avoir une vie plus descente ( ou être égaux à 80 % comme dirait Triskel) n’empêche pas aux homos français de poursuivre leur objectif égalitaire.

 
hector dumas

0

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De lope

Le 08 février à 20h46

tres tres drole,hi hi hi....
tu ne lis pas tetu
toutes ces agressions dans toute la france l annee derniere,ca fait tres peur non?anneci,st etienne,monpellier,nante,besancon,dijon,annemasse et j en oubli.evidement pour vous la france c est paris je pense,vivez dans les villages de france et petites villes vous verez que parfoix c est un peut l afrique

 
hector dumas

0

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De reas

Le 09 février à 01h30

hum...ta raison Lope c'est ma vision parisienne qui a prie le deçu

 
NémoGizmo

1

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De NémoGizmo

Le 06 février à 13h26

immonde :-(
respect pour leur courage!


à leur place, j'irais plutôt en Afrique du sud qu'au Kenya mais... bien sûr, faut pouvoir, c'est tout au bout du continent, loin donc cher et/ou dangereux.

 
hector dumas

0

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De Alex Simons

Le 06 février à 18h18

En Afrique du Sud? Tu es sérieux là? Parce que franchement, hormis les lois égalitaires, apparemment c'est pas si génial qu'il n'y parait. (cf les viols "correctifs" sur les lesbiennes, etc...)

 
hector dumas

0

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De NémoGizmo

Le 06 février à 18h27

oui, je suis sérieux Alex.

évidemment que ce n'est pas parfait (les viols de lesbiennes sont une horreur, of course, mais cet article parle de 2 gays), mais, sil s'agit d'aller dans un autre pays d'Afrique que le leur, c'est assurément le pays du continent où les droits des LGBT retent les + avancés (bien + que le Kenya!), y compris avec des assoces et lieux/commerces dédiés.

 
hector dumas

1

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De Alex Simons

Le 06 février à 18h34

Oui, c'est le pays où les droits des LGBT sont les plus avancés, cela ne veut pas forcément dire que c'est le moins homophobe, même si c'est probablement mieux que le pays d'où ils viennent.

 
hector dumas

0

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De NémoGizmo

Le 06 février à 18h45

oui, j'essaie d'être "concret" là. Et l'Afrique du sud c'est un pays démocratique, sans dictateur, aussi le pays le + développé du continent économiquement, et largement anglophone.

Tout cela leur offre sans doute + d'opportunités pour vivre dignement, trouver un boulot et. se marier..?

 
hector dumas

2

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De H.I.P

Le 06 février à 18h49

Sachant qu'ils ont tout perdu et partent de zéro, où pourront-ils vivre en Afrique du Sud si ce n'est dans des townships où l'homophobie est la plus violente ?
Il faudrait d'abord savoir de quelle manière ils seront pris en charge à leur arrivée par le milieu associatif, parce que la vie rêvée des homos du Cap est avant tout réservée à une certaine classe sociale(ou étrangère).

Ils ne seront pas autonomes de but en blanc. La loi ne fait pas tout. S'il était si évident que ça de sortir les lgbt des intolérances auxquels ils sont confrontés, je crois que la majorité des lesbiennes, qui sont quand mm les + visées , ne se ferait pas prier pour aller au Cap. Si on a aussi souvent des dépêches de ce type (à lire : dernier dossier Afp à l'origine de l'article de Têtu ), c'est que ce n'est pas aussi évident.L'exode est souvent la réponse immédiate aux persécutions ou au danger immédiat.

Quand ce n'est pas le cas, c'est que soit le découpage des frontières ne le permet pas (voire Ouganda, Congo et Somalie par rapport à l'Afrique du Sud), soit la situation sociétale du pays envisagé en premier lieu ne parait pas ajouter un surplus de sécurité.
Dans le cas dont on parle là, même pour les lgbt sud-africains , il est difficile de s'extraire de leur milieu originel, bien qu'il soit homophobe.

 
H.I.P

0

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De H.I.P

Le 06 février à 14h51

L'article est expéditif et prend des raccourcis. Cela dit , chacun est libre de l’espérance du pays de son exil et les motivations ne sont pas les mêmes.
Je suis et ai toujours été pour un accueil intrafricain des persécutés lgbt , au moins dans les pays pour lesquelles la question homosexuelle est plus facteur de libertés que d'oppression. J'avais même proposé l'année dernière une structure d’accueil au Gabon pour ça, mais comme on dit chez nous "un seul doigt ne lave pas une figure" . Bon courage à eux, en espérant que de telles initiatives voient plus vite le jour et soient plus fructueuses que la mienne.

 
Reporter

1

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De Reporter

Le 06 février à 16h14

Et puis, aller au Kenya, c'est un sacré pis-aller !
On est encore dans un Etat qui pénalise l'homosexualité et qui ne reconnait pas l'asile pour des discriminations liées à l'orientation sexuelle.
Bref, leur situation est plus que précaire.

Mais c'est l'immobilisme des Nations Unies qui est gerbant. Déjà que la Chine et la Russie bloquent les tentatives d'intervention en Syrie et par la même piétine les libertés inscrites dans les textes fondateurs qu'ils ont ratifiés, alors on est pas prêt de voir "plus" qu'un Ban-Ki Moon, appelant "à la prise de conscience des discriminations liée à l'orientation ou l'identité sexuelle".

On ne laisse que à ses gens que la peur et le désespoir de ne pouvoir vivre tels qu'ils sont. Il n'y a guère que quelques associations pour leur venir en aide.

Bref. Désespérant.

 
Pelle Svanslös

2

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De Pelle Svanslös

Le 06 février à 23h18

Et la patrie des droits de l'homme (quelle blague!) elle fait quoi pour accueillir les personnes persécutées à cause de leur orientation sexuelle?

 
مجنون قيس - Majnûn Qaïs

0

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De مجنون قيس - Majnûn Qaïs

Le 08 février à 19h41

Un bon article sur tetu serait d'expliquer et d'analyser les raisons de cette flambé de violence et la promulgation de loi allant jusqu'a la comdamnation a mort envers des homos dans les pays africain?

 
Tirésias

0

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De Tirésias

Le 08 février à 20h11

L'Afrique doit être mis au pas.

 
hector dumas

1

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De Alex Simons

Le 08 février à 20h13

(Oh putain!)
Euh... Qu'est-ce que tu entends par là?

 
Tirésias

1

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De Tirésias

Le 08 février à 20h25

L'Occident et les forces armées de l'OTAN doivent intervenir au plus tôt aux fins d'imposer la démocratie dans les pays africains où cette dernière n'est pas respectée. Il faut arrêter les terroristes et les dirigeants corrompus. De plus les droits de l'homme de 1948 seront imposés par la force militaire et ce tant que ces pays n'intégreront pas la DUDH.

 
Tirésias

1

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De Tirésias

Le 08 février à 20h26

On se lamente et on fait rien : il est impératif d'user du droit d'ingérence et d'agir !!!

 
lope

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De lope

Le 08 février à 21h27

tres triste,au lieux de les laisser souffrir dans leurs pays,pourquoi ne pas les accepter en france.si ont etait a leurs place ont seraient tres contents.alors humain la france ou raciste??

 
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