Work on Flesh Festival, à Paris: Quand les femmes vous travaillent au corps
La 3è édition du Work on Flesh Festival s'est déroulée du 23 au 24 juin dernier, à L'opus Café, au bord du Canal Saint-Martin. Un rendez-vous incontournable pour les tatouées d'Europe et leurs aficionadas… Reportage chez les camées du body art.
Il faisait chaud, très chaud à l'Opus café, le week-end dernier. Dans cet ancien club de jazz, converti le temps d'un week-end en temple de la culture tatoo. Plus d'une dizaine de tatoueuses, "pierceuses" et autres artistes du body art ont répondu à l'appel d'Andromak (de la boutique) et Nicole (l'ancienne gérante du Boobsbourg), les co-organisatrices du festival.
Là-haut, sur la Mezzanine, sous le ronron des machines à tatouer et la chaleur des spotlights, nous avons rencontré Doddy, une tatoueuse lyonnaise en plein travail sur une pièce florale dorsale. "C'est ma première WOF. Et franchement, cette convention exclusivement féminine, c'est une super idée. Comme, il n'y a pas trop de mecs, ça fait moins bataille de couilles. Du coup, je me sens plus libre, pour faire du travail de création pure." Justement, sous son aiguille, Laurence une jeune belge de 33 ans est venue spécialement de Bruxelles pour finir son tatouage. "C'est mon deuxième tatouage. On l'a commencé il y a un mois avec Doddy. J'attendais ça avec impatience. Mais, aujourd'hui, on y va mollo, car avec le biseau, c'est préférable." Courageuse, Laurence a passé plus de quatre heures sous les mains expertes de sa tatoueuse. A leur côté, Cassandra n'en revient pas. Cette charmante bisexuelle au look androgyne les regarde, incrédule. "Je trouve ça super trash de voir des filles se faire tatouer en direct. Parisienne, la jeune femme est venue en voisine, pour l'ambiance queer. J'aime bien les Mèches Anglaises, alors comme j'habite pas loin, ça m'a décidé à venir. Pour le reste franchement, je ne comprends pas que des nanas acceptent de se faire tatouer au milieu de tant de monde." Qu'elle se rassure, côté hygiène, les organisatrices veillent au grain: Gants, aiguilles à usage unique, matériel stérile, tous les stands sont certes enfumés mais 100% safe.
La culture lesbienne, queer, SM fétichiste à la fête
Pour cet troisième édition, les filles avaient sorti le grand jeu: Talons aiguilles, combinaisons en latex, décolletés vertigineux et exhibition de tatouages, sans oublier les dents taillées en vampire! La culture SM, fétichiste était décidemment au rendez-vous ce week-end à l'Opus café. La chaleur des corps et celle des machines à tatouer...Le sang, la sueur...Il ne manquait qu'un peu sexe en direct. Et bien, on a eu mieux… Cél, la chanteuse des Mèches à oser un lever de tea-shirt 100% Rock n roll. Ambiance têton à l'air sur fond de porno lesbien made by Maria Beatty (herself!). Un régal...Côté public: tout le monde semblait ravi. 35 % mecs, 65 % nanas, quelques peoples incognitos (un des frères Podalydès, Emilie Jouvet) et surtout beaucoup de lesbiennes, venues en curieuses, matées les frangines qui en ont dans le pantalon! Elles ont été servies.
Pour cette troisième édition, Andromak et Nicole avaient frappé fort. Au programme deux jours bien rythmés. Du soft en journée, avec défilés et musique bon enfant puis passé minuit, une ambiance nettement plus sex-addict. Au menu: performances érotiques, giclée de fausse hémoglobine, cunni de clito percé en direct live et projections de porno SM, hot, hot, hot! Le ton est donné ! Le strip-tease gore mais chorégraphié a laissé tout le monde médusé. Les plus malines ont immortalisé la scène en la filmant sur leur portable dernier cri. Pour ma part, je garde un souvenir ému de la rouquine et son fessier pommelé. Trois grands écarts, deux arabesques, quelques figures de danses et puis s'en vont…Zut, c'est déjà la fin! Quand les femmes se travaillent au corps, ça fait mal par où ça passe… mais après on est contentes! Rendez-vous l'année prochaine, encore plus nombreuses!
L'interview des coorganisatrices Nicole et Andromak

















