Trois policiers accusés d'avoir escroqué deux journalistes travaillant sur l'homosexualité
Les fonctionnaires de police auraient extorqué près de 1.500 euros aux pigistes françaises Céline Metzer et Christelle Cordeau.
Le président camerounais Paul Biya a révoqué en début de semaine trois commandants de police pour "indélicatesses graves compromettant la crédibilité de la police", annonce le quotidien camerounais Le Messager. Ils ont été reconnus coupables d'avoir extorqué un million de francs CFA (environ 1.500 euros) aux journalistes françaises Céline Metzer et Christelle Cordeau et, selon les condamnés, d'avoir saisi 29 bandes qu'elles avaient tournées pour leur documentaire sur l'homosexualité au Cameroun. Des bandes qui contiendraient les témoignages de hautes personnalités favorables à sa dépénalisation et des "scènes d'homosexualité" prises à la prison de Kondengui. Les policiers "ont demandé à voir les bandes, ils en ont vu et se sont attardés sur les scènes qui présentaient des homosexuels [présumés] détenus à la maison d'arrêt. Ils m'ont soumise à un interrogatoire musclé, me reprochant d'avoir tourné des films non seulement sur l'homosexualité, mais surtout en prison, alors que cela était interdit ", a raconté Céline Metzer, dans un article du Messager paru le 7 mars dernier. Selon un communiqué du délégué général à la sûreté nationale Edgar Alain Mebe Ngo'o, daté du 1er mars, les "fonctionnaires véreux" ont été interpellés le 28 février dernier pour "flagrant délit d'abus de fonction et d'escroquerie sur deux expatriées". Leur révocation, qui intervient dans le cadre de la chasse à la corruption dans la fonction publique, n'est pas irréversible: s'ils la contestent, les trois hommes peuvent saisir le juge administratif. L'argent et le matériel ont été restitués aux pigistes, que nous ne sommes pas parvenus à joindre.











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